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Clive Govinden
Quand la basse devient mémoire
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Clive Govinden
Quand la basse devient mémoire
Le 7 septembre 2025, Clive Govinden aurait fêté ses 47 ans. Mais c’est un anniversaire qu’il n’aura jamais vu. Décédé brutalement à Los Angeles en août 2024, en pleine tournée, le prodigieux bassiste mauricien laisse derrière lui une empreinte musicale immense. Hier, pour ses parents, ses proches et toute une communauté de musiciens dispersés entre Maurice, Bruxelles et les scènes du monde, l’émotion était à son comble : la sortie de son album posthume, Origins, disponible désormais sur toutes les plateformes, de Spotify à Apple Music.
Un an de deuil, de travail collectif et de passion ont donné naissance à ce disque, pensé comme un cadeau d’anniversaire et un acte de mémoire. «Ce n’est pas seulement une compilation de chansons, mais un voyage vibrant qui révèle tout ce que Clive portait en lui : son groove, son métissage, sa générosité», confie sa sœur Janita Govinden, moteur discret du projet.
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Un album comme une constellation
Origins réunit des compositions inédites et des collaborations qui racontent les multiples facettes de Clive. La basse, son instrument-roi, y dialogue avec les percussions de Christophe Bertin ou de Jalil Auckbaraullee, les saxophones de Stahn Latcheemoonah et Axel Hon Fat, les flûtes d’Amélie Payen et Ludivine Issambourg, les trompettes de Philippe Thomas. Autour de lui gravitent des voix complices : Lion Kklash, Zanzak, Woz Kaly, Davidsen Kamanah. Un chœur métissé porté par Sruti et Anjalee Paratian, Ludmila Achee ou encore Jazz Govinden.
Enregistré entre l’île Maurice et Bruxelles, mixé par Shy Lutchmunsing et masterisé par Peter Soldan au Studio Dada, l’album résonne comme un pont entre deux continents, entre l’océan Indien et l’Europe, deux terres d’adoption pour Clive.
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Héritage et fidélité
Clive Govinden n’était pas seulement un bassiste virtuose. Formé au Jazz Studio d’Anvers puis au Conservatoire royal de Bruxelles, il avait assimilé l’enseignement de maîtres comme Michel Hatzigeorgiou ou Éric Legnini, avant de tracer sa route aux côtés de légendes. Manu Dibango, Oumou Sangaré, Touré Kunda, Dobet Gnahoré, Martha High, mais aussi Breakbot ou Carla Bruni… La liste est longue, éclectique, et dit beaucoup de sa capacité à se fondre dans tous les univers.
À Maurice, il retrouvait ses pairs Philippe Thomas, Jalil Auckbaraullee, Lindley Marthe. À Bruxelles, il partageait la scène avec Boris Tchango, Yannick Werther, Colin de Bruyne, Désiré Somé. Partout, il laissait cette même impression : un musicien humble, accessible, avec les pieds dans son île et la tête dans le monde.
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Un cadeau pour les vivants
À l’annonce de sa mort, à seulement 46 ans, l’île avait retenu son souffle. Comment un musicien si solaire pouvait-il s’éteindre si vite ? Un an plus tard, la sortie d’Origins agit comme une rédemption. «C’est un joyau qui nous ramène à lui», écrivait un fan hier sur Facebook. D’autres saluaient «un très beau cadeau », « un album qui fait vivre sa voix et son âme».
La pochette, conçue par Josephine Aujean, résume l’esprit du projet : lumière, transmission, mémoire. Le disque est dédié autant à l’artiste qu’à l’homme, fils de Geo et Mamoune Govinden, compagnon de route, frère et ami, taquin et généreux.
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Le live rêvé
Dans les commentaires, une phrase revient comme un refrain : «À quand le live ?». On devine ce que Clive aurait répondu, lui qui adorait les scènes mauriciennes, africaines, européennes. Cet album posthume est sans doute la scène qui lui manquait. Une scène infinie, numérique, où sa basse continue de battre le pouls.
Avec Origins, Clive Govinden reste parmi nous. Pas seulement comme un souvenir, mais comme une vibration. Une ligne de basse qui ne s’arrête jamais.
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