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Naufrage et disparition en mer

«Sir Gaëtan» : cinq ans après, l’émotion reste vive à Poudre-d’Or

3 septembre 2025, 14:00

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«Sir Gaëtan» : cinq ans après, l’émotion reste vive à Poudre-d’Or

Cinq ans après, la douleur reste vive pour ces familles qui ont perdu les leurs au large de Poudre-d’Or sur le remorqueur «Sir Gaëtan».

La soirée du 31 août 2020 restera à jamais gravée dans la mémoire collective mauricienne car elle aura vu le naufrage du «Sir Gaëtan» et la disparition de quatre marins dont le capitaine de ce remorqueur. Cinq ans plus tard, à Poudre-d’Or, familles, syndicalistes et rescapés se sont retrouvés pour commémorer la disparition de ces quatre travailleurs de la Mauritius Ports Authority.

Lundi, 1er septembre, la cérémonie du souvenir organisée par la Maritime and Other Staff Union (MPA-MAOSU), affiliée à la General Workers Federation, a été empreinte d’une forte intensité émotionnelle. Les prières dédiées aux disparus ont fait couler des larmes, témoignant de la douleur encore vive. «Ce sont des professionnels qui ont perdu la vie en faisant leur travail», a rappelé un participant, sous les regards graves des quatre rescapés venus honorer la mémoire de leurs compagnons. Émus, ces derniers ont confié que leurs cœurs restent lourds, marqués par une nuit de cauchemar qu’ils n’oublieront jamais.

Après le dépôt de gerbes devant la plaque commémorative, l’assistance s’est dirigée vers la mer pour y jeter des fleurs, un geste symbolique, qui a ravivé des souvenirs douloureux.

Au-delà du recueillement, la commémoration a pris des allures de plaidoyer. Sharvin Sunassee, négociateur syndical de la MPA-MAOSU, a rappelé que l’ombre de l’injustice plane toujours. «Chaque année, nous ressentons la douleur. Mais au-delà de l’émotion, il y a une exigence : la vérité. Après cinq ans, le rapport d’enquête n’a toujours pas été publié. Nous demandons une commission d’enquête indépendante pour établir les responsabilités.»

Le syndicaliste souligne que cette tragédie s’est produite dans le contexte du drame écologique de l’échouement du vraquier MV Wakashio, et qu’on ne peut rester dans le flou. «C’est la vie d’hommes qui ont donné leur travail au pays. Les familles ont droit à la vérité.»

Le cri des familles

Parmi elles, Maryam Bheenick, veuve du capitaine Moswadeck Bheenick, qui n’a pas caché son désarroi. «Très dur… Nous n’avons eu aucun soutien, aucune compensation. J’espère que la justice fera enfin son travail.» Un sentiment partagé par de nombreuses familles, toujours en attente de reconnaissance et de réparation. nauf.png Maryam Bheenick, veuve du capitaine Moswadeck Bheenick, aux côtés de Sharvin Sunassee, négociateur de la MAOSU.

L’activiste Alain Malherbe, qui s’est penché sur le dossier depuis un an, a annoncé la publication prochaine d’un document contenant de nouvelles révélations. «Beaucoup d’éléments sont restés cachés pour empêcher la vérité d’éclater. Je déposerai ce document à l’Attorney General et au Premier ministre. Les marins disparus sont des héros nationaux. Leur sacrifice doit être reconnu, et les familles doivent être soutenues.»

Même son de cloche du côté d’Ashvin Gudday, autre négociateur syndical. «La justice ne doit pas être uniquement financière. Elle doit être morale et psychologique. Ces hommes doivent être reconnus comme des héros.»

Pour mémoire, cette tragédie est survenue dans la foulée de l’échouage du vraquier MV Wakashio, qui avait déjà bouleversé le pays. Le remorqueur Sir Gaëtan a alors été mobilisé pour tracter une barge remplie de résidus d’hydrocarbures. Mais cette mission a viré au drame : la corde de remorquage a cédé et la barge a percuté le remorqueur, provoquant une brèche dans sa coque. En quelques minutes, la salle des machines a été inondée. Les huit marins qui s’y trouvaient ont tenté de s’échapper à bord de canots mais la mer déchaînée, avec des vagues de cinq à six mètres, a en renversé plusieurs.

Quatre hommes ont disparu à jamais : Jimmy Sylvain Addison (60 ans), Lindsay Laval Plassan (60 ans), Sujit Kumar Seewoo (53 ans) et le capitaine Moswadeck Bheenick (55 ans). Leur souvenir, cinq ans plus tard, continue de hanter Maurice.

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