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Permis de travail en ligne
«Un Temu humain» selon la CTSP
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Permis de travail en ligne
«Un Temu humain» selon la CTSP
Le ministère du Travail et des relations industrielles franchit une nouvelle étape dans la digitalisation de ses services. Depuis hier, 1er septembre, les permis pour les travailleurs étrangers sont délivrés par voie électronique. Les employeurs recevront une notification par courriel les invitant à se connecter au National E-Licensing System (NELS) où ils devront télécharger les documents. Chaque permis de travail sera signé numériquement et comportera un code QR pour en garantir l’authenticité.
Toutefois, les autres autorisations émises par le ministère – comme le Certificate of Exemption, l’Employment Permit, le Work Permit pour les jockeys et le Special Permit – resteront en format papier jusqu’à nouvel ordre.
Si cette réforme se veut un pas vers la modernisation, elle suscite déjà des réactions mitigées. La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), qui regroupe le plus grand nombre de travailleurs étrangers à Maurice, y voit des avantages… mais aussi des dangers. Pour son président, Reeaz Chuttoo, l’innovation sera réellement bénéfique uniquement au moment des renouvellements. «Cela permettra d’accélérer les procédures et d’éviter que des travailleurs se retrouvent sans permis et donc en situation précaire.»
En revanche, il juge le système inadapté pour ceux qui arrivent pour la première fois à Maurice. «Nous avons recensé, rien qu’à la CTSP, plus d’un millier de cas où les droits des travailleurs et les droits humains ont été bafoués. Ces cas ont même été reconnus par le ministère du Travail. Pourtant, dans le même temps, certains employeurs mis en cause ont continué à obtenir des permis pour recruter de nouveaux travailleurs.»
Le syndicaliste dénonce une logique qui, selon lui, réduit les travailleurs étrangers à de simples marchandises. «Finalement, c’est comme si les employeurs pouvaient commander des travailleurs en ligne, comme on le ferait sur Temu. Un Temu humain.»
La CTSP réclame, avec l’appui du Bureau international du travail (BIT), un exercice de due diligence avant toute nouvelle autorisation de recrutement. «Il faut vérifier sur le terrain le respect des normes de travail et des droits humains. Cela ne peut pas se faire uniquement en ligne. Une rencontre physique est indispensable.»
La confédération ne rejette pas totalement la réforme. Elle admet que la dématérialisation pourrait rendre le processus plus rapide et plus efficace mais appelle à un encadrement rigoureux. «Oui pour le renouvellement en ligne mais pas pour les premières arrivées. Sinon, on ouvre la porte à des abus encore plus graves», conclut le syndicaliste.
Derrière la modernisation administrative, c’est donc la question du respect des droits fondamentaux des travailleurs étrangers qui reste au cœur du débat.
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