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Mahébourg : Le souffle retrouvé du «kano rafia»

2 septembre 2025, 16:15

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Mahébourg : Le souffle retrouvé du «kano rafia»

À Pointe-des-Régates, le vent léger du dimanche a suffi pour faire renaître une tradition que beaucoup croyaient perdue, il y avait quelques années. Plus d’une douzaine d’enfants, concentrés sur leurs petites embarcations, ont participé à une régate pas comme les autres. Pas de grands voiliers, pas de pirogues impressionnantes, mais des barques miniatures façonnées en raphia, lancées à l’eau sous les regards amusés des passants et l’émotion palpable des parents.

Parmi les spectateurs, Jean François Marday et Shoueb Mamoojee ne cachaient pas leur fierté. Ces deux Mahébourgeois portent depuis plusieurs années le projet de ressusciter le kano rafia.«Depuis la dernière fois, les choses ont bien progressé au niveau du kano rafia. Les enfants s’y intéressent de plus en plus», confie François Marday, observant les jeunes régatiers improvisés régler leurs voiles avec sérieux.

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Dans les années 80, il n’y avait pas un enfant de Mahébourg qui ne possédait son kano rafia, nous dit-on. Taillés à la main, ces petits bateaux de 24 pouces de long étaient le jouet préféré des gamins de la côte. Ils apprenaient à équilibrer la coque, à ajuster le gouvernail métallique, à utiliser le vent pour garder le cap. Et sans le savoir, ils se formaient déjà à ce qui allait devenir la grande passion du village : les régates de pirogues. «Si enn zanfan pa konn kano rafia, li pou difisil pou vinn enn vre barer regat», rappelle Shoueb Mamoojee, convaincu que ce jeu est une véritable école de patience et de précision.

Lorsque Jean François Marday et Shoueb Mamoojee ont relancé l’idée en 2018, ils se sont heurtés à une réalité : les enfants d’aujourd’hui ne savaient plus construire ces embarcations. Tout était à réapprendre. Alors, ils ont organisé des ateliers où l’on enseigne comment sculpter la coque, fixer le mât, tendre la voile. En une semaine, un enfant peut repartir avec son propre bateau et, surtout, avec la fierté de l’avoir fabriqué de ses mains.

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Peu à peu, l’initiative a pris de l’ampleur. Des bénévoles sont venus aider, des parents se sont impliqués et même des sponsors se sont intéressés à ce retour aux sources. L’hôtel Le Preskil, situé tout près, a choisi d’appuyer l’initiative. Pour les organisateurs, c’est un signe que le kano rafia dépasse désormais le cadre du simple jeu de village pour devenir une activité culturelle, porteuse d’avenir.

En ce dimanche 31 août, au bord de la mer, certains anciens du village avaient les yeux brillants. Ils revoyaient dans ces régates miniatures un morceau de leur enfance, quand les dimanches se passaient dehors, à courir après le vent et à lancer des canots improvisés. Pour eux, voir leurs petits-enfants renouer avec cette tradition, c’est une victoire contre l’oubli. Le rêve de Marday et Mamoojee ne s’arrête pas à Mahébourg. Ils espèrent voir le kano rafia se pratiquer dans d’autres villages côtiers, comme Grand-Baie où la tradition existe encore mais à moindre degré.

À Pointe-des-Régates, le souffle qui a gonflé les voiles de raphia ce dimanche a transporté bien plus que des barques miniatures. Il a redonné vie à une mémoire collective, à un patrimoine fragile qui retrouve aujourd’hui toute sa place.

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Le bois de raphia

Le bois de raphia se distingue par sa structure en sandwich : une coque externe dure et lisse enveloppant un cœur plus tendre. Grâce à cette configuration, il combine solidité et flexibilité tout en restant très léger. Sa densité limitée en fait un matériau idéal pour flotter, parfait pour les petits canots. Du point de vue mécanique, la valeur élevée de son module d’élasticité montre qu’il peut supporter les contraintes tout en amortissant les chocs. De plus, en tant que bois rapide à récolter et renouvelable localement, le raphia incarne une solution durable pour fabriquer ces désormais célèbres embarcations artisanales.

Voir aussi: En images, Mahébourg accueille sa traditionnelle régate

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