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Œuvres complètes
Vinod Rughoonundun : Pour que dure le poète
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Œuvres complètes
Vinod Rughoonundun : Pour que dure le poète
Parution des «Œuvres complètes» et conversation avec Brigitte Masson, son éditrice et Ananda Devi, lectrice avisée. Dix ans après la disparition de Vinod Rughoonundun, le devoir de mémoire est en marche pour saluer l’héritage du poète et nouvelliste.
Si la voix du poète s’est tue à Paris, il y a dix ans, le 13 août 2015, elle chante toujours dans les mots qu’il avait choisi pour dire le monde, son monde. Quelles premières clés actionner pour rentrer dans l’univers de ce poète et nouvelliste mauricien méconnu ?
Les Œuvres complètes de Vinod Rughoonundun seront lancées lors d’une soirée littéraire à l’Institut Français de Maurice, le samedi 6 septembre. Elles s’articulent en trois volumes. «Il faut commencer par celui qui traite de l’homme et l’œuvre», invite Brigitte Masson. «On y explique qui est Vinod Rughoonundun et on lui donne la parole.» Cela, à travers une série d’interviews rassemblées dans ce volume, mais aussi des «chroniques qu’il a lui-même rédigées, sur son écriture». La préface est signée par Ananda Devi, «qui partage sa profonde admiration pour le riche univers de l’auteur qu’elle suit depuis son tout premier texte».
Les deux autres volumes sont consacrés, l’un à la poésie, l’autre aux nouvelles. «Véritable ouvrage de référence, les Œuvres complètes se présentent dans un coffret collector qui regroupe l’ensemble de ses écrits : les recueils publiés e n son nom personnel, les nombreux poèmes et nouvelles parus dans des anthologies à Maurice et à l’international, ainsi que nombre d’inédits retrouvés dans ses archives», précise la présentation.
Pour le lecteur qui souhaite aller à la rencontre de l’œuvre de Vinod Rughoonundun, «il faut lire au moins une de ses nouvelles». L’éditrice et amie du nouvelliste conseille Daïnes et autres chroniques de la mort (2004). Dont la nouvelle «comique», Kikolo le saint qui ne boit pas d’eau. En poésie, pour se repérer, pourquoi ne pas commencer par le début, par le premier recueil du poète, Mémoire d’étoile de mer (1993). Avant de s’orienter vers les inédits publiés dans ces Œuvres complètes, qui ont demandé environ deux ans de travail pour rassembler les «poèmes épars dans des anthologies», «des nouvelles parues dans des ouvrages collectifs» et plusieurs inédits, en poésie comme en nouvelles.
Avec la veuve du poète, Laurence, il y a eu le tri patient des écrits. Parmi, «certains textes que Vinod Rughoonundun considérait comme n’étant pas aboutis et qui ne sont pas dans les œuvres complètes». Pour se repérer dans l’œuvre, des notes manuscrites ont été consultées, «cela dépend aussi de la manière dont il a saisi le texte sur l’ordinateur. Pour la poésie, ce n’est pas toujours facile, il y a une telle puissance créatrice dans ce qu’il a écrit», explique Brigitte Masson.
Pourquoi est-ce essentiel de faire œuvre de mémoire pour Vinod Rughoonundun ? «J’assume : il est pour moi l’un des plus grands poètes contemporains, de Maurice», affirme Brigitte Masson. C’est aussi un artiste méconnu, souligne-t-elle. «À chacune de ses œuvres que j’ai éditée, c’était de petits tirages. Depuis plus de 25 ans, il n’y a plus de livres sur le marché. Il a une telle puissance d’écriture qu’il faut qu’il trouve sa place dans le patrimoine littéraire mauricien.» Le souhait de Brigitte Masson : que les Œuvres complètes intègrent les programmes d’études, «dans les universités ou au Higher School Certificate. On ne peut pas rater un auteur de cette qualité».
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