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Youth Parliament

Impartialité, courage et critique : un speaker de 22 ans se raconte

31 août 2025, 16:00

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Impartialité, courage et critique : un speaker de 22 ans se raconte

■ L’ancien Head Boy s’est bien préparé pour présider les travaux.

Assis sur le siège de speaker, Ahseek Mohammad Uzair a vécu une expérience marquante. À 22 ans, il a endossé l’une des fonctions les plus exigeantes du Youth Parliament. Guidé par la rigueur et l’équilibre, il a su éviter les phrases provocatrices comme «I order you out» ou «You are a shame for the Parliament» à l’encontre des députés de l’opposition.

Dès son plus jeune âge, Ahseek a montré un sens du leadership. Après avoir étudié à la Mohunlall Mohit Government School puis à la Jean Lebrun Government School, il poursuit ses études secondaires au Professor Hassan Raffa SSS, où il devient d’abord Vice Head Boy, puis Head Boy. Aujourd’hui, étudiant en BA (Hons) Law with Management à l’Université de Maurice, il est également représentant de sa classe, ce qui lui permet de développer ses compétences en gestion et en communication.

Être élu speaker a été une surprise pour lui. «Je m’attendais plutôt à devenir Deputy Speaker», se souvient-il, évoquant le moment où son nom a été prononcé. «J’ai eu les larmes aux yeux, partagé avec mon meilleur ami, Ouwéïs Beharry, lui-même député de l’opposition.»

Pour se préparer, Ahseek s’est plongé dans les Standing Orders et a bénéficié de l’appui des Clerks de l’Assemblée nationale ainsi que de mentors comme Mrynal Daby et Dickshay Mulloo. Ensemble, ils ont multiplié les mises en situation, analysé divers scénarios et répondu à toutes ses questions, ce qui lui a permis de renforcer sa posture et ses compétences de speaker.

La fonction exigeait une attention constante : il scrutait chaque mot des députés et évaluait chaque Point of Order, tout en restant impartial. «Avec plusieurs amis parmi les députés, il m’a fallu établir une frontière claire : une fois à la présidence, nous n’étions plus amis, mais speaker et députés», explique-t-il.

Cette responsabilité lui a également fait découvrir le poids des critiques. «Être assis sur cette ‘chaise brûlante’ m’a appris le courage, le discernement et la rigueur nécessaires pour présider les débats, souvent scrutés et contestés», confie Ahseek.

Au-delà de la fonction, il s’est penché sur la participation des jeunes et le climat politique. «Je ne suis pas à l’aise avec le climat politique à Maurice. Jusqu’ici, je n’ai pas trouvé de figures politiques avec lesquelles je puisse réellement entrer en résonance en tant que jeune citoyen. On attend de nous que nous soyons engagés et porteurs d’idées nouvelles, mais lorsqu’il s’agit de défendre nos convictions, on nous place trop souvent sur de beaux plateaux dorés, destinés à servir des propagandes déjà établies, parfois même à notre insu. Si c’est cela la vision de la participation des jeunes à la politique, alors oui, c’est profondément triste.»

Sur le plan personnel, cette expérience lui a permis de sortir de sa zone de confort, d’écouter les opinions divergentes et de renforcer ses compétences en leadership. Pour les futurs participants, son conseil est clair : ne pas attendre, se lancer et profiter de cette opportunité pour se confronter à la démocratie de l’intérieur.

Quant à l’avenir, Ahseek ne se projette pas encore en politique. Il souhaite se concentrer sur une carrière dans les Modes Alternatifs de Résolution des Différends (MARD), tout en restant ouvert aux opportunités futures. Ses aspirations demeurent personnelles : devenir l’homme que son père aurait voulu, honorer le soutien de sa mère et avancer avec gra- titude et humilité, guidé par sa foi.

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