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Société

L’équilibre fragile du don de sang

27 août 2025, 13:30

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L’équilibre fragile du don de sang

Les réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés pour lancer des appels au don de sang.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la solidarité se multiplient : une fillette de trois ans ayant besoin d’une transfusion de plaquettes, un patient recherchant désespérément du sang du groupe B… Ces demandes, souvent urgentes et poignantes, rappellent la fragilité de la banque de sang. Et pour Dewanand Hossen, fraîchement réélu président de la Blood Donors Association pour les trois prochaines années, la mission reste la même : trouver des donneurs, assurer un approvisionnement constant et sensibiliser sans relâche.

«Avant, on parlait simplement d’une transfusion sanguine, sans distinction. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, chaque composant du sang est séparé : globules rouges, plaquettes, plasma. Cela permet d’aider les patients de manière ciblée», explique-t-il. Mais cette évolution, si bénéfique pour les malades, implique aussi une logistique plus complexe et une dépendance accrue aux donneurs réguliers.

Dimanche dernier, le club Phoenix Rovers, qui fête ses 50 ans, organisait une collecte de sang à Clairfonds No 1. Des initiatives de ce type se multiplient à travers le pays. Elles permettent de soulager temporairement la demande. «Ces gestes sont louables, mais ils ne suffisent pas à combler le besoin constant, surtout pour les plaquettes», précise Dewanand Hossen.

Car c’est bien là que le bât blesse : les plaquettes ne se conservent que cinq jours. «Si un patient atteint de cancer en a besoin, nous devons pouvoir répondre immédiatement. Mais il arrive que la banque de sang dispose des moyens techniques sans avoir, au même moment, suffisamment de donneurs», déplore-t-il.

Le don de plaquettes : Un processus contraignant

Deux méthodes existent pour obtenir des plaquettes. La première consiste à séparer le sang collecté lors d’un don classique. La seconde, plus efficace, se fait par aphérèse : un procédé qui permet d’extraire uniquement les plaquettes nécessaires. Mais cette méthode est exigeante. «Cela se pratique uniquement à la banque de sang à Candos, sur rendez-vous. L’opération peut durer une demi-journée, voire une journée entière. Peu de personnes acceptent de consacrer autant de temps, alors même que c’est la meilleure solution pour répondre aux besoins», regrette le président.

Au-delà du manque de donneurs, la gestion des appels lancés sur les réseaux sociaux pose aussi problème. Dewanand Hossen insiste : «Il faut être précis. Si un patient a besoin de plaquettes O-négatif, on ne peut pas demander à tout le monde de venir. Parfois, dix personnes se déplacent alors qu’une seule suffit. Cela crée du gaspillage et complique l’organisation.»

Il invite donc les proches des malades à mieux se renseigner avant de solliciter la population : «Avoir les détails du groupe sanguin, le nombre exact de poches nécessaires… Cela permet de canaliser les efforts et d’éviter des déplacements inutiles.»

Si la solidarité reste bien présente, un autre défi pointe : le vieillissement des donneurs. «Nous voyons beaucoup de personnes âgées continuer à donner, mais les jeunes sont plus difficiles à mobiliser. Pour un geste qui ne prend que 15 minutes, ils disent ne pas être libres», regrette Dewanand Hossen.

Pour inverser la tendance, une campagne nationale sera bientôt lancée. Objectif : créer un vivier de donneurs réguliers sur lesquels la banque de sang pourra compter en toutes circonstances. «Il faut que la population comprenne : donner son sang, c’est sauver des vies. Et cela peut concerner chacun d’entre nous, un jour ou l’autre.»

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