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Jean-José Bax

«Une nouvelle campagne avec Noemi Alphonse comme marraine»

26 août 2025, 17:00

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«Une nouvelle campagne avec Noemi Alphonse comme marraine»

Noemi Alphonse, marraine de cette campagne de levée de fonds, accueillie par les élèves le mardi 19 août.

Directeur de St Patrick’s Primary School et ardent défenseur de l’inclusion scolaire, Jean-José Bax, porte une campagne Small Step Matters avec Noemi Alphonse comme marraine, pour agrandir l’établissement. Objectif : ouvrir l’accès à cette éducation de qualité à 40 à 50 élèves supplémentaires, d’ici à mars 2026.

? L’inclusion scolaire vous tient particulièrement à cœur. Cela recouvre quoi, l’inclusion scolaire ?

Avant de parler de l’inclusion, permettez que je précise ce qu’est, au fait, cette école. À St Patrick’s Primary (Inclusive) School, nous sommes, comme l’indique son nom, une école primaire classique dans le mainstream de l’éducation (de Grade 1 à 6) avec un taux de réussite de 100 % aux examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC) depuis plus de 27 ans ! Ce qui fait notre particularité, c’est que nous accueillons également des élèves à besoins spéciaux, répartis actuellement au sein de sept classes spécialisées. Différents profils dans ces classes : des slow learners, des autistes, des enfants porteurs de trisomie 21, des élèves avec des déficits cognitifs de différents ordres…

Enfants autrement capables et ceux sans handicap vivent ensemble les temps de récréation et certaines activités extrascolaires : la musique, le chant, la danse… Ils préparent le Music Day, le Fun Day (journée sportive), participent au quiz, au spectacle de fin d’année, avec joie et excitation. Aucun, aucun enfant, n’est mis de côté. Tous participent ! Un moment fort en émotions pour les parents de voir leurs enfants vivre leurs différences, dans cette atmosphère joyeuse.

Plus qu’une cohabitation, une collaboration, une entraide, une vraie rencontre entre deux mondes. Idem pour la journée sportive. L’inclusion mène au respect des différences, à vivre les différences depuis tout petits, à les préparer à leur insertion sociale et à en faire des acteurs responsables dans la construction de l’île Maurice de demain. Nous avons également des élèves sans souci identifié clairement, sans diagnostic posé, mais qui évoluent académiquement avec un retard. Tous ces enfants progressent ensemble. Tout ce petit monde forme l’inclusion. L’inclusion sous différentes formes. Le fils de médecin côtoie l’enfant issu d’une poche de pauvreté. Dans la cour, un même uniforme, un respect, pas de différence. Ce vivre-ensemble, avec toutes ces différences, c’est magnifique.

? Vous présentez votre école comme unique à Maurice, pourtant les écoles inclusives existent ?

Oui et non. Tout dépend de la notion que nous avons de l’inclusion. Pour moi, l’inclusion, ce n’est pas de mettre dix enfants neuroatypiques dans une classe spécialisée, dans une école «normale», avec 500 élèves, et des récréations séparées. Cela ressemblerait plus à une exclusion déguisée en inclusion ; un «effet de pub» de mauvais goût. Une vraie inclusion, telle que nous la pratiquons, implique de garder un juste équilibre dans le nombre d’enfants se trouvant dans les deux catégories. Cette année, nous avons une parité parfaite, 65 élèves dans chaque catégorie. Cela concourt au développement de tous les enfants. St Patrick œuvre pour bâtir la société de demain. Si chaque école était comme nous, nous aurions une meilleure société, beaucoup moins de violence…

Combien d’écoles mauriciennes peuvent annoncer qu’elles ont zéro cas de bullying ? Ici, c’est le cas. Bien sûr, certains enfants arrivent de la maison repliés sur eux-mêmes avec leurs soucis, des relations parentales difficiles… Parfois, ils entrent ici avec un passé fait d’échecs scolaires à répétition, les maintenant dans un manque de confiance en eux affligeant… Mais ici, petit à petit, jour après jour, semaine après semaine, leur attitude change, le sourire revient. Avec mon équipe, j’aspire réellement à créer une île Maurice plus humaine, plus valorisante, où chacun a sa place. Un deviendra livreur, l’autre manager d’école ou d’entreprise, mais chacun aura un rôle à jouer, aussi important dans la société mauricienne.

? La prochaine étape, c’est donc construire pour intégrer davantage d’enfants ?

Oui, dépendant des fonds que nous recevrons, notamment à travers cette nouvelle campagne Small Step Matters, nous pourrons construire six ou sept classes supplémentaires et ouvrir nos portes à 40 à 50 élèves. J’invite tout un chacun, donateur individuel et entreprise, à participer à cet élan de solidarité en quelques clics à partir de la page d’accueil www.smallstepmatters.org. Nous avons réuni la moitié du budget déjà, donc la construction va démarrer. La rentrée pourra être différée jusqu’en mars, si la totalité des fonds n’est pas réunie assez rapidement.

? Pourquoi en mars ?

Je préfère rester réaliste. Nous avons franchi l’étape des plans et de la maquette. Dans le meilleur des cas, la construction pourra débuter fin septembre. Est-ce qu’on pourra ouvrir en janvier? La question se pose. Pour les enfants en situation de handicap, il n’y a pas un syllabus établi. Dans notre établissement, chaque élève bénéficie de son programme individualisé. Pas de plan commun à la classe. Cela nous permet une certaine flexibilité vis-à-vis de la date d’ouverture des nouvelles classes, dans le cas où les fonds et les donations tarderaient à arriver.

? Pour revenir aux chiffres justement, de combien l’école a-t-elle besoin pour s’agrandir ?

Le coût total des travaux est estimé à Rs 11 250 000. En espérant que nous n’aurons pas de dépassement de frais, il nous reste à trouver Rs 5,6 millions, Rs 5,7 millions ayant déjà été réunis. Définitivement, nous allons de l’avant avec les travaux avec la somme récoltée. Nous sommes confiants que des industriels, directeurs d’entreprises et tous les Mauriciens sauront répondre à l’appel lancé et que la somme de Rs 5,6 millions nécessaire pour l’accomplissement des travaux sera obtenue dans les délais.

Nous avons déjà sollicité pas mal de partenaires et de donateurs individuels. Nous mettons beaucoup d’espoir dans cette nouvelle campagne ouverte sur Small Step Matters, avec l’athlète Noemi Alphonse comme marraine.

? Qu’est-ce que cela vous a fait d’apprendre ce soutien de Noemi Alphonse à votre projet ?

C’était une nouvelle magnifique que nous avons reçue et nous sommes reconnaissants envers Noemi pour son oui et à Small Step Matters d’avoir concrétisé ce rêve. Noemi incarne la résilience. L’histoire de Noemi est inspirante à bien des niveaux pour les enfants et peut les motiver à dépasser les préjugés et leurs limites ; osez, osez ! Bien sûr, tous les enfants n’ont pas la capacité d’imiter Noemi, ou de devenir une autre Noemi. Là n’est pas le but. Mais prendre conscience qu’un handicap ne doit pas nous enfermer, mais nous ouvrir à d’autres possibilités, c’est déjà un grand pas. Je voudrais que chacun puisse voir en Noemi Alphonse un role model, un exemple à suivre ! J’aimerais que chacun puisse, comme Noemi, réaliser son propre rêve.

? Au-delà d’être une inspiration, cette handisportive possède aussi un grand potentiel en termes de plaidoyer ?

Très certainement, sa voix portera auprès des personnes en situation de handicap et probablement auprès des instances au niveau local, international…

? Noemi Alphonse a un riche programme à venir, comment imaginez-vous la suite de la campagne Small Step Matters ?

Noemi va concourir pour les Championnats du monde en Inde puis pour un marathon au Cap et un autre à Shanghai. La campagne en faveur de St Patrick ne fait que débuter, nous devons envisager ensemble comment la levée de fonds peut bénéficier de la médiatisation autour de ses performances, dans l’intérêt du droit à l’éducation des enfants en situation de handicap. Et les échanges s’annoncent nombreux avec nos élèves. Déjà, certains iront lui rendre visite à l’entraînement au stade de Côte-d’Or. Cela va peutêtre les encourager à devenir de grands sportifs à leur tour, qui sait ?


Connect’ONG, donner en quelques clics

Possibilité offerte à travers la page d’accueil Small Step Matters. org de donner en cliquant sur la campagne St Patrick puis sur «Je fais un don». Une contribution CSR d’une entreprise donne lieu à un reçu pour la MRA. Contact : coordinator@ smallstepmatters.org

Le 20 août, Small Step Matters a également lancé son annuaire des ONG et St Patrick est membre. Développée à titre gracieux par l’Agence GWS, la fonctionnalité Connect’ONG vise à démocratiser encore davantage le don en ligne. Quelques clics suffisent pour exprimer sa générosité depuis Maurice ou l’étranger.

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