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Gare de Curepipe

La guerre des bancs est déclarée

26 août 2025, 10:30

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La guerre des bancs est déclarée

■ Depuis la semaine dernière, les bancs situés à la gare Jan Palach Sud ont disparu, créant des sentiments mixtes chez les Curepipiens. © Rishi Etwaroo

À Curepipe, un nouveau sujet alimente les conversations depuis la semaine dernière : la disparition soudaine des bancs publics situés à la gare Jan Palach Sud. Une décision radicale prise par le conseil municipal, officiellement pour lutter contre la présence persistante de toxicomanes et de petits voleurs dans ce secteur. Mais cette mesure ne laisse personne indifférent : entre soulagement et indignation, les Curepipiens sont partagés.

Selon les autorités, les bancs servaient trop souvent de repaire à des toxicomanes qui, en groupe, intimidaient les passants. Des plaintes répétées du public voyageur et des citadins ont ainsi motivé la décision. Le maire de Curepipe, Dhaneshwar Bissonauth, justifie ce choix en expliquant que plusieurs cas de vols, notamment sur des travailleurs étrangers, ont été rapportés à la police. «Ces bancs étaient devenus une base pour les toxicomanes, certains voleurs et même des marchands ambulants. Nous avons recensé de nombreux cas où des étrangers avaient été dépouillés après être passés dans cette zone», affirme-t-il.

Sur les réseaux sociaux, les habitants n’ont pas tardé à réagir. Pour certains, il s’agit d’une mesure salutaire. Yovanee, par exemple, dit se sentir enfin soulagée : «Le matin très tôt et en fin d’après-midi, c’était effrayant. Si vous les frôliez par mégarde, vous étiez insulté et parfois menacé.» Dylan abonde dans le même sens : «Vers 18 heures, les femmes qui reviennent du travail évitaient de passer par là. C’était trop risqué.» Même ironie du côté de Marie, qui estime que «ce n’est plus le moment de perdre du temps à regarder les pigeons voler. Il vaut mieux rentrer vite chez soi après la foire».

Mais d’autres estiment que la municipalité est allée trop loin. Victor, habitué du quartier, déplore cette décision : «Où vont s’asseoir les personnes âgées pour lire leur journal ou bavarder un peu ? On aurait pu maintenir les bancs et mettre une présence policière permanente.» Même son de cloche pour Vikash, qui pense aux voyageurs vulnérables : «Si quelqu’un se sent mal en traversant la gare, où pourra-t-il s’asseoir à présent ?»

Le maire assure que la municipalité ne compte pas s’arrêter là, et promet d’autres mesures pour sécuriser la gare et ses alentours. Parmi les projets annoncés : une meilleure collaboration avec la force policière, la révision de la passerelle reliant les gares du Nord et du Sud ainsi que le déplacement des feux de signalisation du bazar Parasol vers la passerelle. Des barrages piétons devraient également être installés pour obliger les usagers à traverser au passage clouté.

Pour certains habitants, ces promesses vont dans le bon sens. La gare Jan Palach Sud, souvent décrite comme délabrée et peu sécurisée, pourrait ainsi bénéficier d’un coup de neuf. En attendant, la gare reste un lieu de passage obligé pour des milliers de voyageurs chaque jour. La suppression des bancs a relancé un débat plus large : celui de la sécurité urbaine et de la place accordée aux citoyens dans l’espace public. À Curepipe, les bancs de la discorde sont devenus bien plus qu’un simple mobilier urbain : ils symbolisent désormais le difficile équilibre entre confort des citadins et lutte contre l’insécurité.

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