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Solidarité continentale

Les pays de la SADC appellent à un renforcement du commerce intra-africain

21 août 2025, 10:30

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Les pays de la SADC appellent à un renforcement du commerce intra-africain

■ Le 45ᵉ Sommet de la SADC, dimanche, à Antananarivo.

Les chefs d’État et de gouvernement présents au 45ᵉ Sommet de la Southern African Development Community (SADC), qui s’est tenu à Antananarivo, Madagascar, ont souligné la nécessité d’une coopération renforcée à tous les niveaux, y compris le commerce entre les pays membres.

«Il nous faut briser les barrières et renforcer notre coopération et nos échanges intra-africains», a soutenu Duma Gideon Boko, le président du Botswana. Face aux défis mondiaux – les droits de douane mis en place par les États-Unis, la diminution de l’aide internationale et des investissements publics, la volatilité des prix liée aux conflits au Moyen-Orient – il a appelé la communauté de la SADC à resserrer les liens. «Nous sommes conscients désormais que nous avons besoin les uns des autres», a-t-il soutenu. Un avis partagé par le Premier ministre Navin Ramgoolam, qui a lui aussi insisté sur la nécessité de travailler en étroite collaboration entre pays membres afin que «règne la paix et que les industries se développent».

Elias M. Magosi, secrétaire exécutif de la SADC, a pourtant donné des chiffres qui indiquent que, sur le plan du commerce entre pays africains, il y a encore beaucoup de progrès à faire. Si les échanges commerciaux entre les pays membres de la SADC ont atteint les 20 % en 2024, «ils restent faibles, contrairement à l’objectif de 30 %». Il a ajouté que «ce faible chiffre témoigne d’une préférence pour les échanges avec des partenaires extérieurs plutôt qu’entre nous au niveau régional». Pour remédier à cette situation, Elias M. Magosi suggère de renforcer l’application du Protocole commercial de la SADC. Celui-ci comprend «l’établissement d’une zone de libre-échange, la libéralisation du commerce des services et le renforcement des investissements». La première étape consiste à «accélérer l’élimination des barrières commerciales, faciliter la circulation transfrontalière des entrepreneurs, des biens et des services et assurer leur stabilité».

Maurice, de son côté, entretient des relations commerciales solides et croissantes avec divers pays africains, tirant parti de sa situation géographique stratégique et de sa participation à des blocs commerciaux régionaux. Ces relations sont facilitées par des accords commerciaux comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) et des blocs régionaux comme la SADC et le Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA). L’Afrique du Sud et Madagascar, deux membres de la SADC, sont des partenaires commerciaux clés de Maurice. Les exportations mauriciennes vers l’Afrique du Sud représentent 13 % de ses exportations nationales totales. Les textiles et les vêtements constituaient les principales exportations vers ce marché en 2023. Toutes les exportations de Maurice vers l’Afrique du Sud bénéficient d’un accès en franchise de droits, conformément au Protocole commercial de la SADC, offrant aux entreprises locales un avantage concurrentiel significatif.

«Free trade area»

Le commerce intra-africain est vital pour la croissance économique du continent, mais il ne représentait actuellement que 16 % du total des échanges commerciaux de l’Afrique en 2023. Ce chiffre est nettement inférieur à celui du commerce intra-Union européenne (70 %) et du commerce intraasiatique (60 %). Cette faible croissance témoigne de la dépendance de l’Afrique aux marchés extérieurs, la rendant vulnérable aux perturbations économiques mondiales. Le renforcement du commerce intra-africain pourrait contribuer à réduire cette dépendance et à promouvoir l’indépendance économique et la stabilité dans toute l’Afrique.

L’accord commercial de la SADC, et plus précisément la zone de libre-échange (ZLE), vise à réduire les barrières commerciales, notamment les droits de douane et les quotas d’importation, entre ses États membres. Cet accord est facilité par le Protocole commercial de la SADC, signé en 1996, qui définit les politiques de libéralisation du commerce et de développement économique. La ZLE a été officiellement lancée en 2008 dans le but de faciliter le libre-échange des biens et des services entre les pays membres. Parmi les 16 États membres de la SADC, l’Angola, la République démocratique du Congo et la Tanzanie ne participent pas pleinement à la ZLE, ce qui signifie qu’ils maintiennent encore certains droits de douane.

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