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Le Morne Brabant

Un appel à rendre les guides obligatoires

14 août 2025, 14:30

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Un appel à rendre les guides obligatoires

■ La deuxième partie du sentier du Morne, réputée pour sa pente raide et ses passages d’escalade, où la prudence est de mise.

Ce qui devait être une randonnée familiale s’est transformée en tragédie. Un jeune touriste allemand a perdu la vie mardi après une chute survenue dans la partie sommitale de la montagne du Morne. Deux autres membres de son groupe ont été blessés également. L’incident, survenu dans un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, relance le débat sur la sécurité et l’encadrement de cette ascension très prisée des visiteurs.

Selon la police, les trois jeunes adultes avaient entrepris l’ascension du Morne Brabant seuls, sans guide, après avoir simplement signé le registre obligatoire à l’entrée du site. D’après les premières informations recueillies, l’accident se serait produit alors que le trio avait quitté le sentier recommandé pour tenter une descente par un chemin.

Le jeune homme aurait glissé sur une portion particulièrement escarpée et instable, entraînant ses deux compagnons dans sa chute. Prévenus en urgence, les secours – policiers et pompiers – ont mis près d’une heure pour atteindre les lieux, devant eux-mêmes gravir la montagne avec leur équipement. Les deux blessés ont été évacués vers l’hôpital pour recevoir des soins, tandis qu’une autopsie a été réalisée sur la dépouille de la victime en vue de son rapatriement en Allemagne.

Un sentier réputé difficile et dangereux

Le Morne Brabant, sommet emblématique culminant à 556 mètres, attire chaque jour entre 150 et 250 visiteurs. La première partie du sentier, jusqu’aux points de vue intermédiaires, est accessible à un large public, y compris aux enfants et aux personnes âgées. Mais la seconde partie, menant au sommet, est d’un tout autre niveau. Ce tronçon est abrupt, avec des pentes raides, des zones rocheuses instables et des passages nécessitant de véritables manœuvres d’escalade. Les randonneurs doivent parfois s’aider de leurs mains et leurs pieds pour progresser.

Untitled design.png ■ David Rault, directeur et accompagnateur d’Enfants Nature.

Après des pluies ou par temps venteux, le risque d’accident augmente considérablement. Les guides expérimentés mettent en garde contre les chutes de pierres provoquées par des randonneurs en descente, qui peuvent atteindre ceux qui montent. Des accidents graves, notamment des fractures du crâne, ont déjà été recensés. Le manque de balisage dans certaines zones accroît également le risque de s’égarer ou de s’engager sur des passages dangereux.

Les autorités sur le terrain et des mesures en préparation

À l’annonce du drame, la ministre déléguée aux Arts et au patrimoine culturel, Véronique Leu-Govind, s’est rendue sur place et a assisté aux opérations de secours, restant sur le site jusqu’en soirée. Le ministre Mahen Gondeea a, quant à lui, affirmé avoir mobilisé tous les moyens disponibles pour soutenir la famille de la victime et faciliter les démarches administratives et médicales. «C’est la première fois qu’une personne perd la vie sur la montagne du Morne. Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, des règlements sont en cours d’élaboration, notamment pour rendre obligatoire la présence d’un guide lors de l’ascension», a-t-il déclaré.

Le ministère rappelle que des panneaux avertissent déjà les visiteurs des dangers inhérents à l’ascension et recommandent vivement le recours à un guide professionnel. Le 13 mai dernier, en réponse à une question parlementaire, Mahen Gondeea avait annoncé que son ministère travaillait en collaboration avec le bureau de l’Attorney General pour réviser la loi encadrant Le Morne Heritage Trust Fund. L’objectif est d’introduire des dispositions légales plus strictes, non seulement pour sanctionner les actes de désacralisation du site, mais aussi pour encadrer la sécurité des visiteurs.

Encadrer pour protéger

Le directeur et accompagnateur nature d’Enfants Nature, David Rault, souligne que pour accompagner en toute sécurité en montagne, il est essentiel d’avoir une bonne formation, une assurance et des compétences en premiers secours. Pour sa part, il ne se rend au sommet de la montagne du Morne qu’avec des clients qu’il juge physiquement et techniquement aptes à le faire. Au cas contraire, il s’arrête à une altitude maximale de 450 mètres, conscient que la dernière partie du sentier comporte des risques importants.

Concernant l’installation de cordes pour faciliter l’ascension finale, il se dit favorable à cette mesure, mais estime qu’une réglementation claire devrait être mise en place. «L’accès au sommet devrait être encadré par un guide expérimenté, que ce soit pour les touristes ou pour les locaux. Beaucoup ne connaissent pas les passages techniques et mettent leur vie en danger. Un professionnel connaissant bien le terrain peut assurer une montée et surtout une descente plus sécurisée»,explique-t-il. Il insiste enfin sur un point : l’ascension doit se faire avec un guide formé, bien équipé et connaissant parfaitement le sentier, afin de réduire les risques et d’assurer la sécurité des randonneurs.

Express.mu (620 x 330) (8).png ■ Ashwin Malliah, guide de randonnée.

De son côté, le guide de randonnée, Ashwin Malliah, rappelle que Le Morne attire quotidiennement un flux important de visiteurs : «La première partie peut être faite sans guide, mais la seconde nécessite un encadrement. Il y a un passage que nous appelons le mur, qui exige de l’escalade. Quand plusieurs personnes montent et descendent en même temps, le risque de chute de pierres est important. Des randonneurs ont déjà subi des blessures graves à cause de cela.» Il insiste également sur l’importance de ne pas quitter le sentier, pour éviter les glissades et chutes, et sur le rôle des guides dans la gestion de la sécurité.

Untitled design (1).png ■ Dan Thomson, fondateur de Thomson Adventures.

Pour le fondateur de Thomson Adventures, Dan Thomson, la solution passe aussi par une limitation du nombre de personnes autorisées à gravir la montagne en même temps, afin d’éviter les encombrements dans les passages les plus techniques.

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