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Patrimoine national

Bhooshan Ramloll : «La mairie de Curepipe a abandonné l’Hôtel de ville»

9 août 2025, 17:00

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Bhooshan Ramloll : «La mairie de Curepipe a abandonné l’Hôtel de ville»

À la fin des travaux de rénovation de l’Hôtel de ville en février 2023, oui, des tests d’étanchéité avaient révélé des fuites. Un problème qui avait été réglé, affirme Bhooshan Ramloll (photo), de RBRB Construction Ltd. La semaine dernière, le maire de Curepipe, Ravin Bissonauth a déclaré, lors de la réunion du conseil municipal, que le bâtiment coule. Les Rs 140 millions de la récente rénovation semblent déjà à l’eau.

Les citadins de Curepipe, qui ont des yeux pour voir, l’ont constaté depuis quelque temps déjà. Le maire de la ville lumière, Ravin Bissonauth, l’a confirmé la semaine dernière, lors de la réunion du conseil municipal. L’Hôtel de ville, bâtiment classé patrimoine national, est à nouveau dans un sale état. De la mousse a envahi la toiture, où les bardeaux en bois kempas ne gardent qu’un lointain souvenir de la couleur du ciel. Images à l’appui, les infiltrations d’eau et les dégâts occasionnés sont documentés.

LEXPRESS_2025_08_09_web-29.jpg ■ 2019 : A l’ouverture du chantier, l’état de délabrement de l’édifice est criant.

Comment est-ce que deux ans après l’inauguration en grande pompe de l’Hôtel de ville fraîchement rénové (qui a eu lieu le 21 avril 2023), les méfaits des pluies curepipiennes sont-ils aussi graves ? Au point où l’édifice semble à nouveau crouler sous le poids des années.

Pour Bhooshan Ramloll, directeur général de RBRB, l’entrepreneur qui a réalisé la reconstruction de l’Hôtel de ville de 2019 à 2023, «le client a abandonné le bâtiment. Il n’a pas assuré la maintenance». En s’appuyant sur une série de lettres adressées à la mairie de Curepipe, il affirme avoir tiré la sonnette d’alarme plusieurs fois, sur le manque, si ce n’est l’absence de maintenance des lieux, après les travaux.

LEXPRESS_2025_08_09_web-30.jpg ■ 2016 : L'Hôtel de ville est fermé parce qu’il représente un danger.

Garantie d’un an

Ce contrat d’une valeur globale de Rs 140 millions prévoyait qu’à la fin des travaux, fin février 2023, la garantie pour revoir les défauts de construction, donnée par RBRB à la mairie, était d’un an. Garantie qui a pris fin en février 2024. En sus des 365 jours de garantie sur les travaux, le constructeur a également donné 15 ans de garantie sur le traitement des termites, qui a été appliqué au bâtiment de l’Hôtel de ville. «Mais c’est contre la garantie que les lieux seront entretenus. La maintenance est à la charge de la mairie. Elle a loué le bâtiment et a eu des revenus à partir de cela». Le constructeur déplore que «des matériaux comme de vieux meubles et du vieux bois de construction sont conservés au sous-sol de l’Hôtel de ville. Ce sont des vecteurs de termites».

Le 4 juillet 2024, le constructeur a écrit à la mairie. «You are hereby recommended – due to the weather conditions in Curepipe –to have a maintenance plan for the good keeping of this project which is of national interest.» Il y a eu un rappel, le 14 novembre 2024. «We have noted the presence of algae on the top of the roof and the sides of the building. Please note that the building and the roof are to be properly cleaned and maintained to avoid same (…) There is no sign of maintenance being carried out.»

Le constructeur dit avoir constaté que les «gouttières étaient remplies de feuilles mortes et de plastique». Une fois les évacuations bouchées, «l’eau va se frayer un chemin sous les bardeaux. L’accumulation d’eau est un terrain propice à la prolifération de la mousse». Selon le constructeur, «la mairie n’a pas répondu à ces lettres».

Jusqu’à ce qu’en avril dernier, la mairie de Curepipe informe le constructeur que l’Hôtel de ville coule. Réponse de RBRB, le 11 avril 2025: «please note that the new leakeages are due to the bad maintenance».

fdg.jpg ■ 2020 : Plus qu’une rénovation, c’est une reconstruction que subit l’Hôtel de ville.

Nouvelles fuites ? Bhooshan Ramloll précise : une fois le chantier complété, avant de rendre l’Hôtel de ville à la mairie, il y a eu des «water tests», pour détecter des fuites. «Le problème de toutes les fuites, qui avaient été trouvées à ce moment-là, avait été réglé. Après réparation et de nouveaux tests d’étanchéité, le bâtiment ne coulait pas». Une situation certifiée, par écrit, par l’ingénieur qui a travaillé sur ce projet.

Le mois suivant, le 2 mai dernier, le constructeur a écrit qu’il s’agit maintenant d’un «manque aigu» de maintenance. «Entre-temps, nous avons eu des réunions avec la mairie pour lui rappeler qu’elle a abandonné le site». Dans cette situation, c’est l’argent du contribuable qui a pris l’eau.

LEXPRESS_2025_08_09_web-32.jpg ■ 21 avril 2023 : inauguration du bâtiment remis à neuf. C’était il y a deux ans et trois mois.

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Chronologie

1920 : Le comité responsable la gestion de la ville de Curepipe achète la Malmaison, une maison coloniale qui se trouvait à Moka. L’édifice est démonté et remonté à l’emplacement actuel.

2016 : Fermeture de l’Hôtel de ville de Curepipe, qui en plus d’être un «eye sore» représentait alors un danger pour les citadins.

2019 : Le 6 mars, handing over du chantier par la mairie à RBRB Construction. Plus qu’une rénovation, c’est une reconstruction.

2023 : Réouverture de l’Hôtel de ville. Les travaux ont coûté Rs 140 millions.

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Financement : Les Rs 4 Millions restants

Le maire de Curepipe a souligné, la semaine dernière, qu’il reste encore Rs 4 millions en retenue sur le financement de la rénovation. Ce qui indique que tous les travaux n’ont pas été finalisés ou que des fonds ont été retenus en raison de problèmes non résolus. Du côté du constructeur, il explique qu’il s’agit d'une partie du contrat retenu jusqu’à ce que tous les problèmes soient résolus.

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