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Droits de douane
Donald Trump lance une offensive protectionniste inédite contre le reste du monde
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Droits de douane
Donald Trump lance une offensive protectionniste inédite contre le reste du monde
C’est dans la roseraie de la Maison-Blanche que Donald Trump a déclenché sa salve de «droits de douane réciproques», mercredi 2 avril, baptisé «jour de la libération».
L’Union européenne sera taxée à 20%, la Chine à 34%, le Vietnam à 46%, a annoncé le président américain mercredi. Au Bureau ovale, décor quotidien des annonces et signatures présidentielles depuis le 20 janvier, Donald Trump a préféré mercredi la roseraie de la Maison-Blanche, toute pavoisée de la bannière étoilée. C’est devant son gouvernement réuni au complet ainsi que des agriculteurs et des ouvriers dûment casqués, en vert fluo ou en orange, symbolisant cette industrie qu’il veut ressusciter, que le président des États-Unis a déclenché sa guerre commerciale.
Une guerre massive et sans précédent. Comme il l’avait promis, le président-milliardaire va imposer, à compter des 5 et 9 avril, des «droits de douane réciproques». Mais des «gentils droits de douane réciproques», a-t-il tenu à préciser dans son discours de près d’une heure. En quoi cela consiste-t-il? L’administration républicaine a calculé pour chacun des pays du monde, ce qu’elle estime être l’ensemble des barrières opposées aux marchandises américaines. Pour ce faire, a expliqué lui-même Trump, elle a combiné les droits de douane, des barrières non tarifaires (comme des normes sanitaires par exemple) et la TVA (alors que celle-ci s’applique à tous les produits, qu’ils soient importés ou non). Cette combinaison dont on ne connaît pas la recette précise aboutit ainsi à 39% pour l’Union européenne. S’il appliquait des droits véritablement réciproques, Donald Trump imposerait les produits européens à 39%. Mais comme il a décidé d’être «gentil», il divise cette peine par deux et n’impose l’Union européenne à 20% «seulement».
Le même calcul opaque donne pour la Chine des droits de douane à 34%. Pour le Vietnam, apparu en troisième ligne d’un tableau brandi par le secrétaire au Commerce Howard Lutnick promu accessoiriste pour la circonstance, le taux s’élève à 46%. Le Vietnam a considérablement augmenté son excédent commercial avec les États-Unis ces dernières années. Il s’est élevé en 2024 à 130 milliards de dollars. Le tableau indique encore des droits de douane de 24% pour le Japon, de 26% pour l’Inde, et de 25% pour la Corée du Sud.
Le Royaume-Uni, de son côté, s’en sort bien. Washington évalue à 10% les barrières qu’il dresse aux produits américains et se voit infligé en retour des droits de douane de 10%. Londres espère conclure un accord avec son partenaire américain.
Baisser les impôts américains
Des proches de la Maison-Blanche ont diffusé d’autres pages du tableau, détaillant les chiffres pour des dizaines de pays. Mais il y a deux grands absents sur cette longue liste : le Canada et le Mexique. Le président protectionniste ne les a pas mentionnés. Et pourtant, il a bien souligné que dans ce «pillage» qu’a subi l’économie américaine depuis plus de cinquante ans selon lui, «les amis ont souvent été pires que les ennemis». Une source à la Maison-Blanche a précisé à l’agence Reuters que ces deux partenaires majeurs que sont le Canada et le Mexique ne se voient pas imposés de nouvelles taxes douanières car celles e 25% appliquées à certains produits restent en vigueur. Elles ont été mises en place en réprésailles du trafic de fentanyl et de l’immigration clandestine.
Dans une longue diatribe, l’ancien promoteur immobilier a pêle-mêle dénoncé la manipulation de la monnaie, le vol de propriété intellectuelle par les partenaires commerciaux des États-Unis ou les barrières non tarifaires des Européens sur le poulet américain. Un diagnostic détaillé dans un rapport de son représentant au commerce, rendu public, et «gratuit», a-t-il cru important de souligner. Le président compte bien utiliser les recettes fiscales issues de cette hausse massive des taxes douanières pour tenir sa promesse de baisser les impôts des Américains.
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