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Histoire contemporaine
Où est passé le carrosse de la reine Elizabeth II ?
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Histoire contemporaine
Où est passé le carrosse de la reine Elizabeth II ?
Photos : Vel Kadarasen / L'Express
C’est l’histoire d’une quête. Tel un chevalier sans peur et sans reproche, Christophe Leroux, vice-président de SOS Patrimoine en péril, cherche la berline qui a véhiculé la reine Elizabeth II lors de sa visite à Maurice, en mars 1972. Si les recherches n’ont pas encore abouti, la passion à l’état pur est partagée dans un court-métrage documentaire intitulé «Un carrosse digne d’une reine». Le film a été montré le jeudi 27 mars à MCiné Trianon.

Des kilomètres de passion au compteur. Avec tout ce que cela comporte de persévérance. C’est une leçon d’assiduité et de constance qu’a partagée Christophe Leroux, vice-président de l’association SOS Patrimoine en péril, passionné des voitures vintage et classiques, à travers un courtmétrage documentaire intitulé Un carrosse digne d’une reine. Une projection privée du film réalisé par Leslie Athanas, a eu lieu le jeudi 27 mars à MCiné Trianon.

Flash-back. Les privilégiés présents dans la salle ont pu monter – à travers le grand écran – dans la voiture qui a véhiculé la reine Elizabeth et le prince Philip, duc d’Edimbourg lors de la visite royale du 24 au 26 mars 1972. C’est à l’occasion des 53 ans de cette visite royale que le film documentaire a été montré. Un court-métrage pour une longue et belle histoire. Une histoire sans fin.

En réalité, ce sont plusieurs trames tissées en un fil conducteur, qui sont racontées. Des histoires de préservation de patrimoine chacun à son échelle. Ne serait-ce qu’à travers une plaque d’immatriculation. Des histoires qui montrent à quel point l’histoire de Maurice regorge de trésors qui ne demandent qu’à être partagés. Et quoi de mieux qu’un film serti d’images d’archives pour capter l’attention de toutes les générations de spectateurs. Donnant le goût de l’Histoire à des personnes qui n’y sont pas portées, a priori.

D’abord, il y a l’épopée de la voiture, une Jaguar XJ 6 avec un destin particulier. La force du film c’est qu’il repose sur des témoignages face caméra de proches des hommes et femmes ayant vécu la grande et la petite Histoire de cette visite royale. Parmi eux, le film donne la parole à Tim Taylor, chairman de Scott & Co. Fils de Dennis Taylor, il raconte comment son papa, à l’initiative de sir Gaëtan Duval, a fait découper cette berline pour en faire une décapotable. Alors même que Jaguar ne faisait pas de décapotable à l’époque. «La photo de la reine Elizabeth II dans cette voiture leur a fait de la publicité», sourit-il.

Le but de sir Gaëtan Duval en demandant de découper la berline noire achetée à Londres, raconte le biographe de SGD Marcel Lindsay Noé, c’était que la reine soit visible aux yeux de ses sujets lors de son passage dans notre île en mars 1972. Plus facile à dire qu’à faire. Mais le savoirfaire des équipes de Taylor Smith a fait le reste.

Deuxième histoire : les efforts de Christophe Leroux pour retrouver l’un des frères Gowry (les mêmes qui interprètent la chanson patriotique Donn to lame, pran mo lame) qui a conduit le carrosse de la reine. Au bout de plusieurs coups de fils et recherches, Christophe Leroux a retrouvé la belle-fille du chauffeur de carrosse. Anecdote valant son pesant d’or : «ce chauffeur n’avait pas de permis. Il avait fait l’armée et avait un service licence de l’armée». Il a donc été évalué par un policier réputé très difficile en matière de test de conduite, avant de transporter la prestigieuse passagère et son mari. Car c’est debout à l’arrière de la berline que le couple royal a salué la très nombreuse foule massée pour les voir. La presse de l’époque parle d’un total de 250 000 Mauriciens qui se sont déplacés tout au long de la visite.

Mais le clou du film c’est la véritable quête de Christophe Leroux. Retrouver cette voiture qui a servi à la reine en 1972. Ce qui représente pour l’heure «11 à 12 ans» de recherches. Et ce n’est pas fini. Car si le passionné d’automobiles anciennes a appris que la voiture a été mise en vente par l’Etat, puis achetée par un employé en poste à l’ambassade américaine, qui l’a emportée à New York, les recherches se poursuivent pour retrouver le carrosse. Christophe Leroux ne désespère pas de le retrouver d’ici les 55 ans de la visite royale de 1972. Que la chasse continue !
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