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Accord sur les Chagos
Le Royaume-Uni dément devoir payer davantage
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Accord sur les Chagos
Le Royaume-Uni dément devoir payer davantage
Le gouvernement britannique a démenti mardi les déclarations du Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam, qui affirme que le Royaume-Uni devra payer davantage dans le cadre d’un nouvel accord sur l’avenir des îles Chagos. En octobre dernier, Londres avait annoncé qu’elle céderait la souveraineté des îles à Maurice, tout en conservant un bail de 99 ans sur la base militaire américano-britannique de Diego Garcia, la plus grande des îles de l’archipel.
Cependant, après la conclusion de l’accord, Maurice a élu un nouveau chef de gouvernement, Navin Ramgoolam, qui a exprimé son intention de rouvrir les négociations. Mardi, s’adressant aux membres de l’Assemblée nationale mauricienne, Ramgoolam a expliqué que de nouvelles conditions avaient été obtenues, notamment l’indexation des paiements britanniques sur l’inflation et leur révision pour inclure un paiement anticipé.
Le Foreign Office a toutefois qualifié ces chiffres de «faux et trompeurs». «Le Royaume-Uni ne signera un accord que s’il est dans notre intérêt national», a déclaré un porteparole. Ramgoolam a néanmoins affirmé être «confiant» quant à l’approbation du nouvel accord, ajoutant que le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, avait exprimé son intention de «poursuivre» les négociations sur cette nouvelle base.
Critiquant l’ancien accord, Ramgoolam l’a qualifié de «braderie» des intérêts mauriciens. «Nous devons nous protéger contre l’inflation. Quel intérêt y a-t-il à recevoir de l’argent si la moitié de sa valeur est perdue en quelques années ? C’est ce qui aurait pu arriver selon nos calculs», a-t-il déclaré. Le Premier ministre n’a cependant pas révélé le montant exact que le Royaume-Uni devra verser, expliquant qu’il n’était «pas en mesure de donner des détails», tout en soulignant que «le précédent accord avait été très mal négocié».
Ramgoolam a ajouté que l’accord avait été ajusté pour inclure un paiement initial plus important de la part du Royaume-Uni. «Cela aussi est en cours d’approbation, je pense», a-t-il précisé. Il a également affirmé que le Royaume-Uni ne pourrait plus, à l’avenir, prolonger unilatéralement le bail de 40 ans prévu par l’accord initial, ce que Londres a aussitôt démenti. «Les conditions d’extension du traité n’ont pas changé», a assuré le porte-parole du Foreign Office.
La progression de l’accord avait été mise en pause en raison de consultations avec le nouveau président américain, Donald Trump, dont l’administration souhaitait examiner les détails du traité. Des efforts avaient été faits pour signer l’accord avant l’investiture de Trump, le 20 janvier, mais le gouvernement britannique avait estimé qu’il était «parfaitement raisonnable que l’administration américaine prenne le temps de considérer les détails» de l’accord. Mardi, Downing Street a réaffirmé qu’il était «absolument légitime» pour les États-Unis d’examiner l’accord.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait précédemment exprimé des inquiétudes, affirmant que l’accord pourrait compromettre la sécurité des ÉtatsUnis face à l’influence croissante de la Chine dans la région. Maurice entretient des relations économiques avec Pékin. Les déclarations de Ramgoolam ont également attiré l’attention des opposants politiques au Royaume-Uni.
La secrétaire d’État aux Affaires étrangères du cabinet fantôme, Dame Priti Patel, a accusé le Premier ministre britannique de «demander aux Britanniques de payer pour la perte des îles Chagos» et de «renforcer nos ennemis avec cet accord désastreux». De son côté, la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, a appelé Sir Keir Starmer à «venir s’expliquer devant le Parlement» au sujet de ce qu’elle considère comme «un accord insensé». Le leader de Reform UK, Nigel Farage, a également critiqué l’accord, affirmant que la cession de la souveraineté des îles Chagos diminuerait «considérablement» l’importance stratégique du Royaume-Uni aux yeux des États-Unis.
Le Royaume-Uni avait pris le contrôle des îles Chagos en 1965 alors qu’elles faisaient partie de sa colonie de Maurice. En 1968, après l’indépendance de l’île, plus de 1 000 habitants des Chagos avaient été expulsés pour permettre l’installation de la base militaire de Diego Garcia. Depuis, Maurice revendique la souveraineté des îles, soutenu par un avis consultatif de la Cour internationale de justice, qui a jugé l’administration britannique «illégale».
Les Chagossiens, répartis entre Maurice, les Seychelles et le Royaume-Uni, ne sont pas unanimes quant à l’avenir de leur terre natale. Certains d’entre eux ont critiqué l’accord, estimant qu’ils n’avaient pas été consultés lors des négociations.
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