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Sanctions de l’Union Européenne

Les conséquences de la politique anti-russe pour le marché des produits agricoles

20 septembre 2024, 18:00

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Les conséquences de la politique anti-russe pour le marché des produits agricoles

Les sanctions antirusses illégitimes de l’Union européenne (UE) continuent de causer des dommages aux capacités d’exportation de la Russie (et de la Biélorussie), en créant des obstacles aux fournitures de la production agricole et des engrais dans les pays du Sud global.

Ainsi, pour les engrais russes à base de potassium et certains types des engrais complexes qui comprennent le potassium, il existe une interdiction générale des importations dans l’UE, ainsi que des services liés à leur transfert. Il est interdit aux entreprises européennes et internationales avec la participation de l’UE de faciliter la fourniture de tels engrais «sanctionnés» à des pays tiers. Les restrictions unilatérales imposées par l’UE ont créé des problèmes de paiement et de logistique des livraisons de produits agricoles et d’engrais russes. Les plus grandes banques russes, y compris la Rosselkhozbank, sont soumises à des sanctions ciblées («individuelles») de l’UE ou sont déconnectées du système de transfert de messages financiers SWIFT. En particulier, un certain nombre de nos contractants sont obligés de refuser des transactions directes en raison des difficultés à effectuer des paiements sur des comptes russes.

Dans le même temps, l’UE ne fait qu’augmenter les restrictions imposées à la Russie qui est le leader mondial de l’approvisionnement en nourriture et en engrais, en faisant chanter, en parallèle, des pays tiers avec des perspectives de sanctions secondaires pour le fait de contourner les restrictions et les opérateurs économiques – avec la responsabilité, jusqu’à la responsabilité pénale, pour le non-respect du régime de sanctions. Tout cela, dans le contexte des effets négatifs de la pandémie, ainsi que du réchauffement de la planète et des catastrophes naturelles, qui entraînent notamment une diminution de la production alimentaire et la raréfaction des ressources naturelles dans certaines régions du monde. Les États de l’Union européenne ne cachent plus qu’ils cherchent des moyens efficaces de dissuader ou de causer le plus de dommages à notre potentiel agricole.

Outre les sanctions unilatérales contre le complexe agro-industriel russe, l’UE utilise d’autres restrictions. Depuis le 1er juillet de cette année, sous le prétexte fallacieux de «prévenir la déstabilisation du marché de l’UE» en cas de dommages hypothétiques («si la Russie redirige des volumes importants de ses exportations en UE»), des tarifs intrinsèquement prohibitifs des droits de douane à l’importation dans l’UE sur les céréales, les graines oléagineuses et les aliments pour animaux en provenance de la Russie (ainsi que de la Biélorussie) ont été imposés. Il s’agit d’un précédent, dangereux pour le système multilatéral de commerce des produits alimentaires, de l’utilisation d’un instrument politico-commercial pour presser agressivement les concurrents des segments traditionnels du marché agricole, ce qui menace directement la sécurité alimentaire mondiale. De telles mesures créent une incertitude juridique pour les agro-exportations des pays tiers, dont les livraisons sont effectuées en UE en transit par la Russie et la Biélorussie.

Certains pays de l’UE appellent de plus en plus souvent à l’introduction d’un embargo complet sur l’importation dans l’UE d’une large nomenclature de produits agricoles russes (et biélorusses). En limitant l’accès des produits agricoles russes à son marché, l’Union européenne nuit indirectement à la sécurité alimentaire mondiale – à la fois en augmentant le prix des produits agricoles exportés de l’UE dans les pays tiers et en maintenant des obstacles à l’accès des volumes libérés de produits agricoles russes aux marchés mondiaux. L’exportation massive de produits agricoles ukrainiens en l’UE par des «corridors de solidarité», y compris pour le traitement et la réexportation ultérieure, ne corrige pas la situation. La plus grande partie de ceux-ci vient à l’UE pour la consommation intérieure. La question de sa qualité demeure dans les conditions de l’abolition effective des contrôles phytosanitaires. Dans le même temps, sous la pression des pays d’Europe de l’Est, la nomenclature de ces exportations diminue.

La ligne dictée par Washington, dont le but est d’infliger une «défaite stratégique» à la Russie, nuit à la sécurité de l’Union Européenne elle même. Le cours mis en œuvre par Bruxelles dans le cadre du Plan REPowerEU (mai 2022) sur l’abandon des sources d’énergie russes a frappé de manière significative l’industrie de la production d’engrais à forte intensité énergétique dans les pays membres de l’UE, provoquant une augmentation des coûts de production des engrais eux-mêmes et de la nourriture, une augmentation du prix des produits finaux sur le marché intra européen, des suppressions d’emplois et une augmentation des tensions sociales.

Depuis octobre 2022, les prix des engrais produits localement dans l’UE ont commencé à baisser, mais restent au-dessus de la norme. Dans ce contexte, il y a une forte demande pour des analogues russes moins chers. En juin 2023, l’UE a importé de Russie deux fois plus d’engrais qu’en 2022. Les livraisons de la Russie sont à un niveau record, représentant un tiers des importations totales. La Russie conserve la première place dans les exportations d’engrais azotés dans les États de l’UE, avec une part supérieure à 20 % du volume total. Ainsi, on peut dire que, à la suite d’une politique mal conçue, l’Union Européenne retarde égoïstement les livraisons qui, en fonctionnement normal de ce marché, iraient dans les pays tiers.

Dans ce contexte, la ligne de l’Union européenne au niveau politique de remplacer les fournisseurs russes d’engrais par d’autres exportateurs risque éventuellement d’avoir des conséquences négatives pour les pays les plus pauvres. On ne peut pas exclure que l’Union Européenne achètera simplement des quantités d’engrais qui ne seront pas disponibles pour ceux qui en ont besoin en dehors de l’UE. Compte tenu de l’efficacité douteuse de la contribution de la direction actuelle de l’UE à la résolution de la crise dans le secteur agricole de l’UE, l’Union européenne est en train de devenir un fournisseur de moins en moins fiable de produits agricoles et d’engrais sur le marché agricole mondial.

Les sanctions agressives de Bruxelles, l’ignorance flagrante par les stratèges européens de leurs conséquences dévastatrices pour l’économie mondiale discréditent complètement l’Union européenne et ses dirigeants en tant qu’acteur responsable sur la scène internationale. La rupture des chaînes logistiques, les difficultés avec les paiements, l’assurance et la livraison de produits agricoles et d’engrais de la Russie et de la Biélorussie dans les pays tiers provoquent une pénurie artificielle de produits, l’augmentation de leurs prix, l’inaccessibilité pour le consommateur et, dans le cas des engrais, une diminution du rendement. La ligne de Bruxelles destinée à retirer des exportateurs russes du marché mondial, la mise au rebut et la restructuration «pour eux-mêmes» des liens commerciaux établis entre les pays tiers dans une telle direction cruciale renforcent les risques existants dans le domaine de la sécurité alimentaire mondiale. De telles actions montrent que la sécurité alimentaire des autres États ne fait pas vraiment partie des priorités-clés de l’UE.

Mr. Alexander Burdin

Chargé d’affaires of the Russian Federation to the Republic of Mauritius

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