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Mort suspecte
Décès du grand-père de celui qui a joué dans «Indiana Jones»: La famille crie à la négligence
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Mort suspecte
Décès du grand-père de celui qui a joué dans «Indiana Jones»: La famille crie à la négligence
La famille d’Ethann Isidore, jeune acteur d’origine mauricienne vivant à Orléans en France et qui a joué dans le dernier «Indiana Jones et le cadran de la destinée», est totalement perdue. Elle ne comprend pas comment Jean-Sylvio Isidore, 65 ans, le grand-père d’Ethann, a pu mourir subitement, le 7 février dernier, à l’hôpital Jawaharlall Nehru de Rose-Belle alors que six jours plus tôt, il s’était rendu à l’hôpital de Souillac pour un banal mal de ventre et avait reçu une injection intramusculaire. À partir de là, sa santé a décliné jusqu’à sa mort. Ayant reçu un dossier médical incomplet à propos du défunt et soupçonnant une négligence médicale, la famille a retenu les services du Dr Satish Boolell, médecin légiste, et de l’avocat Shakeel Mohamed.
Jean-Sylvio et Josiane Isidore, parents de quatre enfants, deux filles et deux garçons, ont passé une quinzaine d’années en France avant de regagner Maurice en 1994. Leurs enfants sont repartis et ont fait leur vie en France. Jean-Sylvio Isidore, qui souffrait de problèmes cardiaques, était suivi par un cardiologue à l’hôpital de Souillac et depuis 2017, il prenait des anticoagulants. Le 1ᵉʳ février dernier, ayant mal au ventre, il s’est rendu en compagnie de Josiane à l’hôpital de Souillac, rappelant au médecin de service qu’il prenait un anticoagulant. Une injection intramusculaire lui a été faite au bras droit. Sur le moment, il s’est senti mieux et ils ont regagné leur domicile. Sa nuit a été agitée car il avait très mal à l’endroit de l’injection. Aux petites heures du matin, le site de l’injection était enflammé et gonflé. À 5 heures, lui et son épouse sont repartis à l’hôpital de Souillac où il a été vu par un autre médecin qui lui a appliqué une compresse sur le bras et posé un bandage, avec comme consigne de se rendre à l’hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle s’il avait toujours mal au bras. Il ne voulait pas y aller mais de France, sa fille Stéphanie, la mère d’Ethann, qui l’appelait, a insisté pour qu’il s’y rende et il s’est exécuté.
À l’hôpital Nehru, il est vu par trois médecins qui ont laissé entendre que l’hôpital de Souillac n’aurait jamais dû lui avoir fait une injection intramusculaire. Admis dans le ward des hommes, lorsque Stéphanie l’appelle de France, elle sent qu’il a la langue lourde. Il se plaint d’un mal de tête persistant, de douleur au bras et dit l’avoir signalé au personnel. Il va jusqu’à remettre en question la qualité de sa prise en charge. Le lendemain, il tombe dans le coma.
Les sœur s et frères prennent l’avion rapidement le 5 février en apprenant que leur mère a fait une hémorragie cérébrale et qu’il doit être opéré d’urgence. Jean-Sylvio Isidore décède le 7 février. Soupçonnant qu’un anti-inflammatoire lui a été injecté alors qu’il n’y a pas droit et qu’il a succombé à une négligence médicale, les filles portent plainte au poste de police de Souillac le 13 février. Le 15 février, elles envoient une lettre en recommandée aux hôpitaux de Souillac, de Rose-Belle, au ministère de la Santé, au Medical Council, réclamant le dossier médical de leur père. Elles se heurtent à un mur de silence.
Elles reviennent à la charge et le 20 février, la famille est reçue par le ministre de la Santé. Fait étrange, la surintendante de l’hôpital de Souillac est présente. Le ministre leur dit que le dossier est scellé, qu’une enquête est en cours et qu’en cas de négligence, il y aura des sanctions. Elles regagnent la France et continuent à ‘harceler’ les autorités pour obtenir le dossier médical de leur père. Le 21 mars, le dossier médical est envoyé à leur avocat, Me Shakeel Mohamed, et à leur grande surprise, tous les soins prodigués à l’hôpital Nehru y sont mentionnés mais aucune trace du dossier médical de leur père à l’hôpital de Souillac ni des soins qui lui ont été donnés dans cet hôpital.
La fratrie du défunt a envoyé plusieurs courriels et courriers au ministère de la Santé pour obtenir le rapport médical complet de leur père afin que le Dr Satish Boolell puisse l’examiner et voir s’il y a effectivement eu négligence médicale et demander une exhumation à des fins d’autopsie. Là encore, elles n’ont pas eu de réponse.
Elles ne comprennent pas cette lenteur des autorités à leur envoyer le rapport médical complet de leur père. Et ce comportement laisse la porte ouverte aux spéculations de toutes sortes, y compris celle d’une tentative de cover-up. Vendredi matin, Stéphanie Isidore a rappelé le département curatif du ministère de la Santé. On lui a dit qu’une réclamation officielle du dossier a été faite à l’hôpital de Souillac et que le rapport médical serait envoyé à Me Mohamed lundi ou mardi. «Notre première plainte date du 13 février. Nous sommes à la fin mars. Pourquoi cela prend-il autant de temps ? C’est incompréhensible.»
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