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Hippisme

Immersion dans la salle des commissaires

6 septembre 2023, 20:00

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Passer toute une journée à l’intérieur de la salle des commissaires de courses, sous la Horse Racing Division(HRD). Telle fut notre demande. Pour ce faire, nous étions désireux d’être présents en permanence. Pas de tergiversation de la part de l’organisme chargé de régir les courses: demande agréée ! Qui plus est, la demande a été acceptée en pleine People’s Derby Cup, l’événement phare de notre calendrier hippique. Cette expérience s’est avérée enrichissante à bien des égards, nous offrant l’opportunité de voir les commissaires à l’œuvre en temps réel et de constater les nombreuses tentatives d’influencer leur décision.

Dimanche 3 septembre, 11 h 30 au Champ-de-Mars. Jean-Hugues Olivier, l’officier en charge de la communication de la HRD, me laisse un mot: «Come now!» Cette brève notification suggérait qu’ils étaient déjà au travail bien avant mon arrivée sur l’hippodrome. «Here is Mr Chatigan. He will spend the day with us.» Le regard de quelques-uns laissait entendre que tous n’étaient pas au courant de la présence d’un journaliste, ce qui constituait une première pour la HRD depuis sa création.

Avant la première épreuve, jockeys et entraîneurs défilent pour présenter leur tactique de course. La première course se déroule sans problème, à l’exception de certains jockeys qui auraient trop utilisé la cravache. Les échanges étaient directs et concis, Deanthan Moodley, racing excutive et président des stewards de la HRD, se montrant autoritaire. Qu’ils soient locaux ou étrangers, tous reçoivent le même traitement. Les jockeys, à peine descendus de leurs chevaux, viennent donner des informations dont Moodley aura besoin.

La chose la plus frappante : l’assiduité de Deanthan Moodley. Il passe en revue chaque course de manière séquentielle, sous différents angles. Il peut décider de revoir la première course alors que la quatrième vient de se terminer. Toute l’équipe analyse la course ensemble, mais Moodley en est le maître d’œuvre. Il dirige calmement et avec précision Deeya Bhookhun-Dhoomon, la personne chargée de rédiger le rapport intérimaire. Point de répit, il ne s’est levé que deux fois pour boire de l’eau et une fois pour fumer à l’extérieur.

Moodley et son équipe surveillent tout ce qui se passe dans la jockeys’ room et la weighing area à travers plusieurs caméras. Il veille à ce que toutes les courses commencent à l’heure en utilisant l’intercom : «Get them in now!» «Would be a shame to delay a delayed race.» Ravi Rawa, le starter de People’s Turf PLC (PTP), a été sollicité à plusieurs reprises pour s’activer.

Les Indiens Subramaniyam Mahendher, Riyaz Khan et Sanjeev Thakan ont assisté de près le chef steward, dans la mesure de leurs capacités. Tout cela, sous le regard de l’Acting Head de la HRD, Krishnakantsingh Auchoybur. Ce dernier ne participe pas à la phase des enquêtes. Il est là en tant qu’observateur.

Le personnel annexe, qui était encore novice il y a deux ans, s’est montré à la hauteur de la tâche. Tous connaissaient leur rôle. La communication avec les journalistes se faisait en continu via le service de messagerie WhatsApp. Je n’ai pas vu Jean Hugues Olivier s’asseoir une seule seconde. David Labelle, un jeune membre de l’équipe et aspirant commissaire (trainee), recueillait des informations auprès de chaque jockey à son retour dans la jockeys’ room après chaque course. Les juges, Avissen Lingen et Anusha Ragudu, s’activaient à calculer les écarts à l’arrivée pour compléter les résultats. L’enregistrement et la diffusion des images étaient parfaitement maîtrisés par Rishi, un technicien de PTP. Les fluctuations des cotes étaient fournies sur demande par la Betting Analyst, Koosika Hurboseea.

La Dr Marie Claire Domaingue, vétérinaire en chef de la HRD, a eu une journée éprouvante. Faire des allers-retours entre la piste et la salle des commissaires après chaque course, avec son chapeau vissé sur la tête, n’était pas une tâche aisée. L’objectif de ces allers-retours était de consigner ce qui s’était passé juste avant. Elle s’est indignée lorsqu’un palefrenier a ramené un cheval qui avait mal couru directement à l’écurie. La vétérinaire a insisté pour que le cheval soit d’abord examiné, mettant en avant la responsabilité du palefrenier. Ce dernier, préoccupé par les conséquences qui pourraient découler de la situation, s’est précipité dans la salle des commissaires pour se plaindre :«Li pa kav koz koumsa ar mwa!»

L’harmonie de la salle des commissaires n’a été perturbée que par quelques interruptions de la part des officiels de PTP, des jockeys et des entraîneurs. Le CEO de PTP, Khulwant Ubheeram, a notamment demandé de repousser l’heure des 7e et 8e courses de 15 minutes supplémentaires, afin d’avoir plus de temps pour procéder à la remise des prix pour la course principale. La demande a été acceptée après quelques échanges entre le CEO et les officiels de la HRD. «It’s ok, you have it!», lui dit le chief stipe.

L’entraîneur Ricky Maingard est ensuite entré dans la salle des commissaires, demandant à revoir la course principale. Il n’était pas satisfait de la manière dont Lunafacation avait insisté pour prendre la tête face à l’attaque d’Alshibaa en descente. Encore une fois, Moodley est resté impassible, refusant de se laisser influencer. Aussi ! Le jockey Donohoe est venu se plaindre de la monte d’un collègue mauricien. «It’s the same thing every weekend», a-t-il déclaré. Il montait Secret Circle. Les images ont été revues, mais les commissaires n’ont rien trouvé d’alarmant.

La journée des commissaires et du personnel de la HRD ne s’est pas achevée avec la dernière course. En plus de revoir à maintes reprises les images des courses, le rapport intérimaire devait être finalisé, et des réponses devaient être données aux questions des journalistes. Après 7 heures de travail nonstop, les employés de la HRD quittent la salle des commissaires vers 18 heures.

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