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Maltraitance sur la petite Keyla: les tuteurs arrêtés, le calvaire pas terminé

4 juillet 2023, 20:00

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Maltraitance sur la petite Keyla: les tuteurs arrêtés, le calvaire pas terminé

Le cœur de Mylène saigne. Elle n’arrête pas de se culpabiliser et de se demander pourquoi. La raison, les personnes en qui elle avait le plus confiance, ont torturé sa benjamine, Keyla*, âgée de 2 ans. Cette dernière est actuellement admise à l’hôpital. Ce n’est que quatre jours plus tard que le couple à qui avait été confié le bébé, Jeff Marie et Carine Prudence, eux-mêmes parents de trois enfants, dont le dernier est âgé de 2 ans, ont été arrêtés par la police de Roche-Bois, hier. Ils ont comparu en cour sous une charge de Child ill-treatment. La police n’a pas objecté à leur remise en liberté et ils ont été relâchés après avoir fourni une caution de Rs 6 500 chacun. 

Depuis vendredi, Mylène n’arrête pas de faire le va-et-vient entre l’hôpital, la Child Development Unit et sa maison. Cela afin qu’elle puisse voir et serrer sa fille dans ses bras et pour lui dire à quel point elle l’aime. Mais la CDU, qui a pris l’enfant sous sa charge, l’empêche de l’approcher, elle, ainsi que les membres de sa famille. Mylène ne sait plus à quel saint se vouer. D’autant plus que ce n’est pas elle qui a fait du mal à la petite. Elle n’arrête pas de pleurer et demande que justice soit rendue à sa fille. 

Dix jours sans la voir 

Il y a une dizaine de jours, Mylène, âgée de 31 ans, dépendante de la drogue, a décidé d’arrêter. Elle rejoint un centre et son enfant est alors placé sous la garde de Jeff Marie et Carine Prudence. «Jeff était un ami et par la suite, il m’a présenté son épouse. On était de bons amis. Ils avaient l’habitude de me confier leur enfant et lorsque j’ai pris la décision de me faire désintoxiquer, ils ont proposé de s’occuper de ma fille. Zot inn sipliy mwa, zot in dir mwa zot pu okip li kouma zot prop zanfan. J’avais confiance en eux. J’avais envoyé chez eux toutes les affaires de ma fille et j’avais aussi trouvé un arrangement avec eux afin de leur remettre la somme de Rs 3 000 mensuellement jusqu’à la fin de mon traitement. Ils m’avaient dit de ne pas m’inquiéter pour la nourriture», relate Mylène en larmes. 

Pendant dix jours, ses proches et elle tenteront à plusieurs reprises de voir l’enfant mais à chaque fois le couple devait affirmer qu’elle dormait ou qu’elle serait triste de les voir. «Zot ti dir mo gran tifi ki to mama kone ar ki dimounn linn kit so zanfan», raconte Mylène. Mais elle était loin de se douter du calvaire que vivait sa fille. 

Vendredi, alors qu’elle est au centre, elle reçoit un appel l’informant que Keyla est admise à l’hôpital et qu’elle aurait été victime de traitement inhumain. La dénonciatrice n’est nulle autre que la fille aînée de Jeff, âgée de 14 ans. Cette dernière a sollicité l’aide d’une proche qui a pu se rendre chez le couple jeudi et a conduit l’enfant à l’hôpital avant de rapporter le cas à la police de Roche-Bois. 

L’adolescente a aussi été appelée à donner sa version et a confirmé les traitements inhumains que subissait le bébé. «Pendant trois jours, on n’a pas mis de couches sur elle et quand elle allait à la selle, on la forçait à manger ses excréments et si elle vomissait on la forçait à ravaler. On la frappait avec une règle en métal chauffée et on la brûlait avec une cigarette. Le couple a aussi plongé sa tête dans un aquarium. Les voisins qui entendaient les pleurs ignoraient qu’ils s’agissaient de la petite et derrière les murs en béton, ils ignoraient le cauchemar», confie une proche du couple. 

Mis devant les faits, le couple devait nier les accusations de maltraitance, avançant que la petite était tombée en jouant et s’était fait mal. Mais Mylène persiste. «Comment une chute peut lui causer autant d’ecchymoses et de blessures ? Ma fille n’avait pas de traces de blessure lorsque je l’ai confiée à eux. Aujourd’hui, mon enfant est traumatisée, elle a besoin de moi et de mon amour. Elle doit se sentir aimée pas être retirée de moi et placée dans un hôpital loin de ceux qui peuvent la faire se sentir aimée. Je n’ai pas le droit de m’approcher d’elle. C’est mon enfant, malgré mon problème d’addiction, je n’ai jamais fait de mal à mes enfants», ne cesse de crier Mylène. 

Cependant, une source à l’hôpital nous explique que les médecins ainsi que les infirmières s’occupent de l’enfant. Cette dernière porte de nombreuses ecchymoses sur différentes parties du corps ainsi que des blessures. Elle avait aussi des ulcères à la bouche. Au niveau de la Child Development Unit, on nous explique qu’une enquête est en cours. «Un emergency protection order a été émis et la fille a été placée à l’hôpital où elle est suivie par un psychologue, mais éprouve des difficultés à s’exprimer», confie une source au ministère. Elle ajoute que l’enquête déterminera si la petite sera par la suite placée dans un shelter ou retournera avec sa famille. «On a entendu les calvaires des enfants qui sont placés dans les centres, je demande qu’on me rende mon enfant», lance la mère.

*prénom fictif

 

Une autre fillette victime de maltraitance admise à l’hôpital

<p>La vidéo d&rsquo;une fillette se faisant maltraiter circule sur les réseaux sociaux depuis dimanche. Hier, après avoir pris connaissance de la vidéo, les officiers de la Brigade pour la protection de la famille se sont rendus au domicile de la mère, à Bambous, mais cette dernière avait déjà pris la fuite en emmenant l&rsquo;enfant avec elle. Toutefois, les officiers de la <em>Child Development Unit</em>, qui étaient aussi sur le terrain, ont pu la retrouver. Plusieurs plaintes ont déjà été faites dans le passé contre la mère. La petite a été retirée de sa garde et a été placée à l&rsquo;hôpital. La mère a été arrêtée par la police et placée en détention. Elle sera traduite en cour sous une charge de maltraitance.</p>

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