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Man City: Maurice «paradis fiscal» de l’ex-entraîneur Roberto Mancini
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Man City: Maurice «paradis fiscal» de l’ex-entraîneur Roberto Mancini
Accusé par le Premier League d’avoir commis plus de 100 violations des règles financières depuis l’exercice 2009-2010, Manchester City encourt de lourdes sanctions. Hier, le journal The Times indiquait que le contrat de l’ancien entraîneur Roberto Mancini (2009-2013) se trouve au coeur des soupçons et un article de BFM RMC Sport stipule qu’une grande partie des émoluments du technicien italien était facturée par différentes sociétés offshore (Sparkleglow puis IIS) basées sur l’île Maurice, citée comme étant un «paradis fiscal».
Alors que la rémunération officielle de Roberto Mancini était estimée à 1,6 million d’euros net par an, l’actuel sélectionneur de l’Italie aurait en effet bénéficié d’un contrat secret lui procurant en plus 1,9 millions d’euros de revenus annuels par le biais d’un poste fictif de consultant pour le club d’Al Jazira, comme révélé par les Football Leaks. Objectif de la parade : dissimuler certaines dépenses des comptes des Skyblues afin de rester dans les règles du fair-play financier.
Voici l’extrait de l’article de nos confrères de RMC Sport qui concerne Maurice : «Une grande partie des émoluments du technicien italien était ainsi facturée par différentes sociétés offshore (Sparkleglow puis IIS) basées sur l’île Maurice (un paradis fiscal) au club d’Al Jazira pour… des prestations de conseils relatifs au football». Documents à l’appui, Der Spiegel (en Allemagne) et l’Espresso (en Italie) avaient révélé tous les détails de ce système qui avait pour but d’alléger la masse salariale de Manchester City et ainsi lui permettre de présenter des comptes en règle vis-à-vis du fair-play financier.
Roberto Mancini qui a remporté l’Euro l’année dernière avec la Squadra Azzurra et dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2026, n’a jamais eu à s’expliquer à ce sujet jusqu’à présent. Mais il devra certainement rendre des comptes vu le tollé soulevé par ces nouvelles révélations suite à une investigation qui aura duré quatre ans. Voilà de quoi tenir l’image et le bilan de l’ancien joueur de la Sampdoria de Gênes qui a offert à Manchester City son premier titre de champion sous le règne du sheikh Mansour.
Les sanctions encourues par Manchester City peuvent aller du retrait de points à l’exclusion pure et simple du championnat d’Angleterre. Sale temps pour les Noisy neighbours qui ont dominé le mois dernier le classement de Deloitte listant les clubs les plus riches du monde. Ce n’est pas la première fois que le club, transformé sur et en dehors du terrain après son rachat par Abu Dhabi United Group en 2008, est sous le feu des projecteurs sur des questions financières.
L’année dernière, le manager de City, Pep Guardiola, a clairement indiqué qu’il quitterait le club s’il découvrait que les propriétaires du club lui avaient menti – le pire scénario envisageable pour City, qui a remporté quatre des cinq derniers titres de Premier League sous sa direction.
Le rédacteur en chef du football du Times, Henry Winter, a déclaré que City faisait face à «des allégations d’actes répréhensibles à l’échelle industrielle... Si elle est prouvée, la sanction qui s’ensuit devrait être conçue pour dissuader les autres qui pensent pouvoir copier le livre de jeu de City».
Mais Simon Chadwick, professeur de sport et d’économie géopolitique à l’école de commerce SKEMA à Paris, a déclaré que des problèmes bien plus grands étaient en jeu. Il a souligné que le gouvernement britannique publiera prochainement un livre blanc - un document de consultation, qui pourrait constituer la base d’une législation - qui devrait soutenir la création d’un régulateur indépendant du football.
«La Premier League est coincée entre le marteau et l’enclume parce qu’elle se sent pressée par le gouvernement d’adopter une approche plus robuste en matière de financement et de gouvernance, mais elle sera également parfaitement consciente que le gouvernement lui fait essentiellement faire son sale boulot», a déclaré Chadwick.
L’expert en financement du football, Kieran Maguire, a également souligné le contexte politique de la volonté du gouvernement de secouer l’administration du football. «La Premier League s’oppose à un régulateur indépendant du football et ne veut pas s’engager dans une vaste campagne de conspiration, mais la Premier League veut prouver à toutes les parties intéressées qu’elle est capable de garder sa maison en ordre», a-t-il déclaré à la BBC.
Y a-t-il donc des implications plus grandes pour les clubs qui sont effectivement soutenus par des États tels que City et le Paris Saint-Germain, qui appartiennent au Qatar ? «C’est une bataille de notre époque, avec un organe directeur national essayant de faire respecter les règles sur les organisations transnationales qui opèrent au-delà des frontières internationales, souvent avec le soutien ou l’aide des gouvernements des États», a déclaré Chadwick, qui a souligné l’importance de l’argent étranger dans le football anglais. «Le gouvernement britannique et la Premier League ne peuvent pas se permettre de réduire, de s’opposer, de repousser les investissements étrangers potentiels, en particulier après le Brexit, pendant cette période économique très difficile.»
Il pense que le résultat final de l’affaire Manchester City sera celui qui «montrera la capitulation de la part de la Premier League et du gouvernement britannique. Mais la manière dont cela finira par tourner sera que le gouvernement et la Premier League auront protégé leurs actifs et respecté certains principes de bonne gouvernance», a ajouté Chadwick.
(Source : AFP et BFM RMC Sport)
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