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Vie chère: pendant que les prix nous asphyxient, le ministre des Finances parle de 2008

9 avril 2022, 15:00

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Vie chère: pendant que les prix nous asphyxient, le ministre des Finances parle de 2008

Réminiscences d’il y a 14 ans, mardi au Parlement. Renganaden Padayachy, confronté à la perte du pouvoir d’achat des Mauriciens en ce moment, s’est longuement appesanti sur les statistiques de 2008 plutôt que d’aborder la question du problème immédiat. De quoi agacer l’opposition.

Pas un jour sans l’annonce d’une augmentation de prix. Les cris du cœur du porte-monnaie se sont fait entendre au Parlement, mardi. La Private Notice Question – la principale question à l’ordre du jour – était de demander au ministre des Finances, Renganaden Padayachy, s’il compte prendre une série de mesures urgentes pour pallier la perte du pouvoir d’achat des familles à faible et moyen revenus.

Signe de faiblesse

C’est en deux temps que le ministre a répondu. Le deuxième largement consacré à «regarde(r) dans le rétroviseur et (…) analyse(r) la philosophie et l’historique de certains dans l’opposition lorsqu’ils étaient au pouvoir». Il s’est longuement arrêté sur l’année 2008. C’était il y a 14 ans, longtemps avant la pandémie. Renganaden Padayachy s’est lancé dans une comparaison des statistiques du temps où c’était Rama Sithanen le ministre des Finances.

Le leader de l’opposition a alors rappelé à Renganaden Padayachy que les taxes «has also gone to finance tens of ministers going to Dubai Expo, the Molnupiravir disaster, the Dhruv helicopter, the Côted’Or éléphant blanc, the Safe City éléphant blanc, the Splash Gate of last week and the debacle at the Mauritius Investment Corporation». Plus tard, en conférence de presse, Xavier Duval a estimé que le ministre des Finances a «montré un signe de faiblesse. Au lieu de répondre à une question en l’an 2022, il a choisi 2008 pour attaquer Rama Sithanen».

Hormis la querelle de chiffres que fait le ministre des Finances pour batailler contre la cascade d’augmentations de prix ? Le leader de l’opposition a insisté, lors de la PNQ, que «we cannot wait until the 01 July for your new Budget – as far as petroleum products are concerned». Au milieu de ses réminiscences politiquement orientées de 2008, Renganaden Padayachy dit seulement : «Le gouvernement travaille actuellement sur les différentes options pour continuer à soutenir le pouvoir d’achat des Mauriciens.»

Mesures existantes, quels bienfaits ?

En première partie de sa réponse, mardi, le grand Argentier a rappelé une série de mesures existantes.

  • Le Basic Retirement Pension (BRP) à Rs 9 000, «ce qui représente une augmentation de 148,4 % depuis 2014, année où le BRP s’élevait à seulement Rs 3 623». Ce à quoi le leader de l’opposition a répondu : «There is an urgent need to aret kouyone bann vieux and give them back the loss in purchasing power.» Avant de réclamer une augmentation de la pension de Rs 9 000 à Rs 11 000.
  • Le Wage Assistance Scheme et le Self-Employed Assistance Scheme à plus de 550 000 personnes, pour un coût de Rs 27 milliards. A titre d’exemple, il y a un an, la Mauritius Revenue Authority, l’organisme qui verse le SEAS, indique que «bann dimounn elizib pou gagn enn soutien de Rs 2 644 pou mars 2021».
  • Subvention sur le prix du gaz ménager, de la farine et du riz. Cela concerne le riz «ration» importé par la State Trading Corporation. Par contre, le riz basmati coûtera beaucoup plus cher d’ici à la fin du mois. Ainsi, le sachet de 5 kg passera de Rs 300 à Rs 450 et le sachet de 20 kg passera de Rs 1 200 à Rs 1 800.
  • Subvention et un prix maximum sur sept nouveaux produits : l’huile comestible, les grains secs, les tomates en conserve, le lait en poudre, la margarine, le fromage et le poisson en conserve de juillet à décembre. Mesure prolongée jusqu’en juin 2022. Dans le cas de l’huile comestible, on se souvient de l’épisode du mois dernier. Celui du rationnement à deux litres par personne, suivi d’un abandon du rationnement une semaine après que des consommateurs ont cédé au «panic buying».
  • Campagne de vaccination gratuite contre le Covid-19 pour l’ensemble des Mauriciens.
  • Compensation salariale de Rs 500 pour ceux qui gagnent moins de Rs 13 000 et Rs 400 pour les autres travailleurs.

Propositions de l’opposition

Le leader de l’opposition, Xavier Duval, a demandé au ministre des Finances s’il compte mettre en place les mesures suivantes, avec effet immédiat :

  • réduction des taxes sur les produits pétroliers
  • appliquer la TVA au lieu des coûts, assurance et fret sur les produits importés
  • augmenter la pension pour retrouver du pouvoir d’achat
  • accorder des «cash handouts» aux familles dans le besoin
  • proposer des «savings bonds» protégés contre l’inflation aux retraités
  • élargir le nombre de produits subventionnés
  • réduire la marge de profit des importateurs de produits subventionnés comme le lait en poudre

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