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Anna Patten: «Maurice va mal, pour s’en sortir, il faut aider l’art»

8 avril 2022, 12:58

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Anna Patten: «Maurice va mal, pour s’en sortir, il faut aider l’art»

C’était au tour d’une poignée d’artistes triés sur le volet de participer aux consultations prébudgétaires, hier après-midi. Du haut de plus de 40 ans de pratique du kathak, Anna Patten était dans la salle à manger de l’Assemblée nationale avec son confrère, le danseur et chorégraphe Stephen Bongarçon. Principal thème abordé : «Bizin promouvwar lar dan enn bon fason», a expliqué Anna Patten à l’issue de la rencontre avec les officiels du ministère des Finances. «Maurice est un pays qui va mal en ce moment. Li malad kelkepar.» Pour s’en sortir «il faut croire dans l’art», plaide-t-elle. Dans cet esprit, elle n’a «pa perdi letan. J’ai demandé que l’on finance davantage les arts». Avant de faire le distinguo entre arts et culture. «On a l’impression qu’il n’y a pas de budget pour les arts, que tout est pour la culture.» Parce que si l’équilibre n’est pas rétabli, «lar pe al mor»

Comme d’habitude, le secteur le plus fortement représenté est celui de la musique. Derrière le masque, on reconnaît Kishore Taucoory des Bhojpuri Boys. Il est aussi un membre nommé par le ministère des Arts et du patrimoine culturel pour siéger au board de la Mauritius Society of Authors (MASA). Il dit avoir mis en avant la nécessité de soutenir financièrement les musiciens pour qu’ils puissent acheter des instruments. «Dime travay la inn largé, li al travay lotel. Kot li pou gagn linstriman?» Avant de préciser: «Mo pa pou dir donn tou X ou Y. Donn dimounn ki merite.»

Pour sa part, le chanteur Sylvain Kalleecharan a rappelé que, «l’industrie musicale est en danger. Nou pa pe travay, diskotek ferme». Il affirme que son travail de chanteur fait vivre d’autres personnes: les danseurs, le chauffeur de van, les organisateurs, les discothèques. «Nous demandons que dans ces moments difficiles où nous ne pouvons travailler, que l’Etat nous aident à respirer.» Outre l’aide financière – selon une formule que le chanteur n’a pas précisée –, il a remis sur le tapis un vieux projet. Celui du stade musical. «Mem si larg pei, kot nou pou zwe ?» s’est-il interrogé. «Nous aurions aimé avoir un stade musical, tout comme celui du théâtre en plein air de Saint-Gilles à La Réunion.» Ce qu’il justifie en affirmant que le public local ne s’est «pas trop adapté» aux concerts virtuels. «Inn larg sa enn kou vit. Ou kone kouma morisien ete. Li kontan kan ou divan li, live.» Le secteur musical était aussi représenté par Marousia Bouvéry du Group Abaim. Ainsi que Kurty O’Clou du groupe Lespri Ravann.

Dans la catégorie des arts visuels, Boopen Dooba d’Indianoceanika – un regroupement d’artistes – a expliqué qu’il compte organiser une Biennale de l’océan Indien. «Nous avons demandé que l’on considère les arts plastiques comme une composante des industries culturelles. C’est ça qui change tout, notamment en termes de statut de l’artiste.» Le sculpteur et enseignant Lewis Dick était lui aussi invité à la rencontre.

La consultation a été élargie aux organisateurs d’événements. Etaient présents: Ashley Muneesamy et Krisley Appadoo d’Ichos Production ou encore Pratyush Nobeen de Secret Models Ltd.

Le tableau était complété par des représentants de centres culturels. Stephan Karghoo, directeur du centre Nelson Mandela pour la culture africaine, était présent. Le centre culturel télougou et le centre culturel islamique étaient également à la table des consultations.

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