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Portrait │ Noemi Alphonse: «Tous mes objectifs pour 2021 ont été atteints»

31 décembre 2021, 17:40

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Portrait │ Noemi Alphonse: «Tous mes objectifs pour 2021 ont été atteints»

Elle a illuminé de ses performances un ciel sportif à la teinte grise en raison des restrictions imposées pour la deuxième année consécutive par la pandémie de Covid-19. Aux Jeux paralympiques de Tokyo (24 août au 5 septembre 2021), Noemi Alphonse a atteint quatre finales et démontré qu’il n’est pas utopique d’envisager une médaille aux Jeux de Paris en 2024. Rencontre avec LA sportive qui s’est démarquée en cette année 2021.

S’il y a une athlète qui a crevé l’écran cette année, c’est bien vous, Noemi Alphonse. Vous avez atteint quatre finales paralympiques et amélioré les records d’Afrique des 100, 400, 800 et 1 500 mètres fauteuil dans la catégorie T54. Avez-vous le sentiment d’avoir atteint vos objectifs aux Jeux paralympiques de Tokyo ?

Tous les objectifs fixés pour 2021 ont été atteints à Tokyo malgré une année et demie sans compétition.

Ce rendez-vous était-il le plus attendu pour vous ? Que représentait-il à vos yeux ?

Les Jeux paralympiques sont le rêve de tout para-athlète car c’est la plus grande des compétitions. C’est là que les meilleurs se retrouvent. Quand j’ai appris que j’étais qualifiée pour ces Jeux, je rêvais tous les jours d’être à Tokyo. Les Jeux paralympiques étaient un rêve que je voulais réaliser depuis mes débuts dans le handisport et c’est un rêve maintenant devenu réalité.

Tokyo a-t-il couronné une saison rendue compliquée par la Covid-19 ?

Oui, je peux dire que ça a été un peu comme une lumière au bout du tunnel. Cela nous a tous remotivés et de plus, les performances que j’ai réalisées à Tokyo m’ont permis de réaliser que même le Covid-19 n’a pas pu restreindre les objectifs et le travail que nous avons accomplis.

Vous avez eu l’occasion de prendre part à quelques compétitions avant le rendez-vous japonais. Comment vous ont-elles aidée à atteindre vos objectifs à Tokyo ?

Avant Tokyo, j’ai pu prendre part à trois compétitions en Suisse mais je ne m’attendais pas vraiment à faire de bonnes performances après un an et demi sans compétition. Je voulais juste me donner au maximum et savoir exactement où j’en étais par rapport à mes chronos. Mais les compétitions m’ont permis de faire des records, de me remotiver et aussi de retrouver l’adrénaline de la compétition. Pendant ce temps, Jean-Marie Bhugeerathee, mon coach, analysait les adversaires.

Vos résultats des déplacements préolympiques vous ont-ils satisfaite ?

Ah oui ! J’étais très satisfaite car je ne m’attendais pas à ces résultats et au record d’Afrique au 800m ainsi qu’au record d’Afrique au 100m, pulvérisé deux fois.

Quel bilan dressez-vous de votre année 2021 ?

Un bilan plutôt positif. Je peux toujours faire mieux. Mais il faut être réaliste aussi, je n’ai pas eu beaucoup de compétitions depuis 2020 et faire de telles performances avec les moyens du bord, je n’ai aucun regret.

Maurice a vécu son deuxième confinement en l’espace d’une année rendue de nouveau compliquée en raison de la Covid-19. Comment vous adaptez-vous à la situation sanitaire ?

On a dû faire deux fois plus attention. On a aussi suivi les mêmes procédures que lors du premier confinement, s’entraîner à la maison. Mais c’était un peu plus dur car on ne s’attendait pas à un deuxième confinement. Mais on s’habitue, ça ne va pas disparaître dans deux mois.

Quel est son impact sur votre vie de sportive de haut niveau ?

Le groupe d’entraînement est un peu plus restreint. Les compétitions nationales ne peuvent pas être organisées et les compétitions internationales sont un peu compliquées car les protocoles ne sont pas les mêmes qu’à Maurice. Par exemple, on ne peut pas aller en France pour les compétitions à cause du vaccin que nous avons fait. Mais je pense qu’avec la booster dose, cela va changer. Nous attendons de voir.

Parvenez-vous à vous entraîner malgré tout pour demeurer au niveau souhaité et maintenir votre progression vers Paris 2024 ?

On a accès au stade, ce qui est une bonne chose. Comme je l’ai dit plus haut, le groupe est plus restreint mais la chance que j’ai, c’est que mes deux coéquipiers, Mehfooz et Roberto, sont des athlètes élites, donc nous continuons à nous entraîner ensemble. Pour nous, il n’y a pas vraiment de changement. Les entraînements sont beaucoup plus durs, il y a des jours où on passe à trois séances d’entraînement. Jean-Marie Bhugeerathee trouve toujours des solutions pour qu’on puisse progresser en vue de Paris 2024. Nous avons aussi le soutien du ministère et du Comité Horizon Paris 2024 qui font tout pour nous faciliter la tâche. Il y a aussi le centre High Performance à Côte-d’Or qui viendra compléter le travail.

Que représentera 2022 dans cette quête olympique ?

2022 est une année très importante car il y a deux compétitions majeures : les Jeux du Commonwealth (Birmingham, 27 juillet- 7 août 2022) et les Championnats du monde de para-athlétisme (Kobe, Japon, 26 août-4 septembre 2022). Ces compétitions vont m’aider à me positionner pour Paris 2024 et à voir aussi mes futures adversaires.

Si d’aventure le Covid-19 devait jouer à nouveau les trouble-fêtes, avezvous le sentiment de pouvoir être suffisamment résiliente pour poursuivre votre chemin jusqu’à la médaille olympique dont vous rêvez ?

On a pu trouver des solutions durant ces deux confinements, et même faire de bonnes performances. Je pense qu’on pourra faire avec mais j’espère que ce ne sera pas le cas. Le plus difficile, c’est de ne pas pouvoir participer aux compétitions internationales et ne pas être dans les classements mondiaux.

Malgré les obstacles érigés par le Covid-19, l’espoir et le rêve sont-ils permis plus que jamais ?

Le rêve est toujours là. Si on veut, on peut. Mon coach et moi, nous avons un rêve et un objectif en commun que nous voulons transformer en réalité. Avec le travail et tout le soutien nécessaire, on pourra le faire.

 

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