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Visite de Gershon Kedar, ambassadeur: «Les pays avec une idéologie pro-palestinienne peuvent entretenir des relations bilatérales avec Israël»

19 novembre 2021, 11:30

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Visite de Gershon Kedar, ambassadeur: «Les pays avec une idéologie pro-palestinienne peuvent entretenir des relations bilatérales avec Israël»

Depuis plusieurs années, Israël met tout en œuvre pour normaliser ses relations avec plusieurs pays en leur offrant une assistance au développement, grandement basée sur les Objectifs de développement durable des Nations unies. Et les Accords d’Abraham, traités de paix signés en 2020 entre ce pays et les Émirats arabes unis et Bahrein, ont donné un coup d’accélérateur à cette politique, qui concerne aussi l’Afrique. 

En attendant que le nouvel ambassadeur israélien pour Maurice obtienne ses lettres d’accréditation, le ministère des Affaires étrangères israélien a délégué, en début de semaine, à Maurice, pour une visite éclair, Gershon Kedar, ambassadeur itinérant pour le Botswana, le Zimbabwe, la Zambie et la Namibie, qui sera très bientôt basé au Soudan. Il était accompagné d’Ayellet Black, première secrétaire, division Afrique orientale et australe au ministère des Affaires étrangères israélien.

Après un accueil chaleureux de Keeshore Gungah, consul honoraire d’Israël à Maurice et d’Alain Soupe, président de l’Amicale Maurice/Israël et les membres de cette instance dans le centre de l’amicale à Forest-Side, les deux diplomates israéliens ont rencontré les hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères et de l’Énergie. Ils ont aussi été reçus par Maneesh Gobin, ministre de l’Agro-industrie et par des officiels du Mauritius Research and Innovation Council et des représentants de la Chambre d’Agriculture et de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

«Devoir moral» d’aider

Expliquant leur démarche à l’express, Gershon Kedar a déclaré que lorsqu’Israël était encore un pays en développement, il a été aidé par d’autres et maintenant qu’il est un pays développé, il a le «devoir moral» d’aider les pays en développement. 

Ensuite, a-t-il ajouté, l’État hébreu veut consolider ses relations avec les pays d’Afrique et avec Maurice. «Les relations entre Maurice et Israël remontent à loin mais celles-ci ont toujours été distantes et pas qu’en termes de kilomètres mais en termes de compréhension mutuelle en raison d’un manque d’engagement. Nous aurions voulu que cette visite ouvre la voie à des réalisations», a-t-il dit en prenant l’exemple de l’Inde, qui a toujours soutenu le camp arabe et n’a officialisé ses relations avec Israël qu’en 1992. 

«Depuis, nous avons des relations bilatérales très harmonieuses avec l’Inde. Dans les années 70 et 80, plusieurs pays ne voulaient pas normaliser leurs relations avec Israël. Puis dans les années 90 et sans doute en raison des accords d’Oslo, ils ont compris qu’il n’était pas dans leur meilleur intérêt de garder leurs distances avec Israël. De plus, le message transmis par les Accords d’Abraham est qu’il n’est pas incompatible d’entretenir des relations bilatérales avec Israël, même si l’on a une idéologie pro-palestinienne. Penser le contraire est une vue dépassée, et qui je dois l’avouer, est en train de s’effriter. Avec l’Afrique et avec Maurice, nous voulons leur montrer que nous ne sommes pas là que pour parler mais pour proposer une synergie de cultures et une coopération durable dans n’importe quel domaine d’expertise qu’Israël possède.»

Agriculture

Le domaine de coopération bilatérale la plus évidente pour les pays africains et pour Maurice, selon lui, est l’agriculture. «L’agriculture en Afrique se fait à petite échelle alors qu’elle doit s’industrialiser pour atteindre les Objectifs de développement durable. La terre à Maurice est rare et a de la valeur. Mais les agriculteurs s’en détournent et cela profite au développement foncier. Or, au fond, tout agriculteur voudrait continuer à travailler la terre. Avec les techniques innovantes développées par Israël, il est possible d’augmenter les récoltes par dix. Je ne crois pas qu’aucun agriculteur familiarisé à ces techniques voudrait abandonner sa terre.»

Israël veut partager ses connaissances et son expérience mais ne veut rien imposer. «Nous voulons ouvrir un canal de discussion avec le gouvernement mauricien et voir avec lui quels sont les domaines spécifiques de coopération où Israël peut apporter de la valeur ajoutée. En matière d’agriculture, nous pouvons, par exemple, envoyer un expert de Mashav (NdlR, agence de coopération et de développement internationale pour les pays en développement, lancée par la Première ministre, feue Golda Meir), pour un séjour de deux semaines. Il se rendra sur le terrain, parlera aux agriculteurs, prendra des échantillons de sol et d’eau et faire son rapport. Il sera reconnaissable entre tous car ce sera celui dont les bottes sont maculées de boue. Wherever we meet people, we see where we can connect them. We are a little bit like matchmakers. On connecte les gens et on se retire. Nous sommes en quelque sorte des facilitateurs. Mais pour que cela marche, il faut qu’il y ait du sérieux des deux côtés»

Appelé à dire ce qu’Israël attend en retour, Gershon Kedar déclare que les pays qui bénéficient de la coopération bilatérale avec Israël réaliseront qu’ils doivent enlever leurs visières et se débarrasser des préjugés qu’ils pouvaient nourrir à son égard. «À ce moment-là, face à des commentaires ou des positions négatives et fausses à l’encontre d’Israël, les pays qui nous connaissent se diront que l’image qu’on leur dépeint ne cadre pas avec la réalité. Aux Nations unies, par exemple, il y a souvent des résolutions, qui sont contre Israël. Les pays avec qui nous coopérons comprendront que certains propos sont faux et ils arrêteront d’être systématiquement opposés à Israël. Cela demande un nouvel état d’esprit et cela prendra du temps pour que tous les pays le réalisent». Ensuite, Gershon Kedar estime que les Israéliens qui aiment découvrir de nouvelles destinations, peuvent venir en plus grand nombre à Maurice. «Avec ou sans vol direct avec Maurice, les Israéliens vont voyager car ils aiment découvrir de nouvelles destinations touristiques. Maurice devrait accentuer son marketing touristique en Israël. Elle y a tout à gagner.»

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