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Vol en provenance de l’Inde: 17 cadres de L&T débarquent à Maurice
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Vol en provenance de l’Inde: 17 cadres de L&T débarquent à Maurice
Le vol n’est pas annulé mais la venue des ouvriers indiens si. Le gouvernement, sous la pression, a cédé à la voix de la raison. Le chantier du Metro Express attendra. Cependant, si l’arrivée des travailleurs manuels a été annulée, 17 cadres de Larsen & Toubro eux, atterrissent à Maurice demain, mercredi 28 avril.
Pression populaire, médias ou partis politiques ? En tout cas, elle a dû monter d’un cran pour que le gouvernement (GM), inflexible au départ, décide de faire marche arrière, hier, sur l’arrivée de 100 ouvriers indiens, à bord d’un vol d’Air Mauritius qui atterrira demain, mercredi 28 avril.
Cette décision, prise à l’unanimité lors d’une réunion du High Level Committee, a été annoncée par le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, sur les ondes des radios privées. Interrogé, un préposé du ministère affirme que l’arrivée des travailleurs indiens a été annulée jusqu’à nouvel ordre et que la situation catastrophique en Inde est sur- veillée de près. Autre bonne nouvelle : le vol du 6 mai en provenance de Mumbai avec des ouvriers indiens à bord a, lui aussi, été annulé.
Dans une déclaration à l’express, Rama Valayden dit accueillir avec soulagement la décision du GM d’annuler la venue des travailleurs indiens. «La population doit comprendre et réaliser l’importance de sa voix et de celle de la presse. Si la voix du peuple a compté, tant mieux. Mais je me demande si, sans cette pression populaire, le GM aurait reculé ? Je m’interroge encore comment le gouvernement a pu penser un seul instant qu’il n’y avait pas de danger dans l’air.»
Depuis mars, la Grande péninsule fait face à une seconde vague avec la découverte d’un variant «triple mutant» du Covid-19. Hier, sur le site Worldometer, le compteur affichait 17,3 millions de contaminations et 195 123 décès. Ce qui signifie qu’un nouveau variant s’est formé après que le B.1.617 et deux souches différentes du Covid-19 se sont rencontrés. En l’absence de données scientifiques sur la dangerosité du variant, il reste quand même indirectement mortel car il se propage facilement.
Du coup, les plus vulnérables sont susceptibles d’être infectés. Plusieurs pays, notamment le Royaume-Uni, Singapour, l’Australie, les États-Unis et la Guadeloupe ont fermé leurs frontières avec l’Inde. En revanche, le vol est maintenu pour le rapatriement de Mauriciens «stranded» et de patients partis pour des traitements médicaux.
17 cadres de L&T du voyage
Ce qu’on ne nous dit pas, cependant, c’est que parmi ces passagers, 17 cadres de Larsen & Toubro (L&T) embarqueront bel et bien demain. L’express s’est tourné vers les autorités pour en connaître la logique, mais en vain. Du coup, la question qui se pose : «Pourquoi les cadres peuvent-ils embarquer eux ? Ne peuvent-ils pas être porteurs du virus également ? Ne sont-ils pas aussi exposés au virus tout comme les ouvriers ou le virus get figir?» Depuis hier, les internautes sont indignés de la décision du GM d’autoriser le deuxième vol MK.
La Toile s’est enflammée, exhortant le gouvernement à revoir sa politique sur l’Inde, alors que de nombreux pays ont fermé leurs frontières à ce pays de 1,3 milliard d’habitants. Un premier vol le 6 avril, avec à son bord un contingent de 202 ouvriers indiens, majoritairement pour L&T, afin de compléter la phase 2 du projet Metro Express, entre Rose-Hill et Curepipe. Le reste a été envoyé à Agalega pour les projets d’infrastructures d’Afcons. Le test PCR de six d’entre eux s’est révélé positif au 7e jour alors que l’un d’eux l’était déjà à sa descente d’avion, même s’ils sont considérés comme des cas importés.
Intervenant à la conférence de presse de l’opposition, hier, Nando Bodha, ex-ministre des Infrastructures publiques qui a piloté ce projet pharaonique, affirme que les travaux ont déjà accumulé 18 mois de retard avec le Covid-19 et le confinement. Vu ce gros retard, le GM a fait un arrangement avec L&T pour l’extension du métro de Rose-Hill à Ébène. «Est-ce que les ouvriers indiens doivent vraiment débarquer maintenant ? Avec les risques que cela comporte ?»
Dans un article paru hier, le Dr Vasantrao Gujadhur, ancien directeur des services de santé, a mis en garde contre une éventuelle propagation si «un Indien échappe au contrôle». «De plus, comme nous n’avons pas de facilités pour vérifier si un virus est un variant ou pas et, si oui, lequel, on est en train d’ouvrir la porte à un grand danger.» Interrogé après la marche arrière du GM, le consultant de l’express affirme : «C’est une bonne chose que les Indiens ne viennent pas. En Inde, le corps médical même n’arrive pas à détecter le variant car il va directement dans les poumons. Ti pou enn lamerdman.»
Pour justifier ces contingents d’Indiens, un cadre de L&T explique que «les Mauriciens ne sont pas intéressés» et que la société est en train de perdre de l’argent. Autre raison ? Elle subit des pressions pour que les travaux de la phase 2 soient achevés dans les délais.
Me Mooroongapillay débouté pour manque de «locus standi»
«Après avoir examiné l’affidavit, je refuse d’accorder l’ordonnance provisoire car le demandeur n’a pas de locus standi et sa demande est fondée sur des suppositions…» Le juge Denis Mootoo a refusé la requête de Me Rouben Mooroongapillay qui a sollicité, hier, l’intervention de la Cour suprême, pour qu’un ordre intérimaire soit émis contre l’État. L’homme de loi, représenté par Me Alwin Juwaheer, voulait empêcher que le contingent de 100 travailleurs indiens foule le sol mauricien.
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