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Expulsions de réfugiés birmans: la Malaisie sous le feu des critiques
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Expulsions de réfugiés birmans: la Malaisie sous le feu des critiques
Le gouvernement malaisien s'est retrouvé mercredi sous le feu des critiques des députés de l'opposition et des organisations de défense des droits de l'Homme, au lendemain de l'expulsion d'un millier de réfugiés birmans en dépit d'un arrêt qui lui ordonnait de suspendre ce transfert.
Les Nations unies et les Etats-Unis avaient critiqué ces expulsions menées trois semaines après le putsch en Birmanie, et des associations de défense des droits de l'Homme avaient fait état de la présence parmi le groupe de demandeurs d'asile.
Quelques heures avant l'expulsion de ces migrants, la Haute cour de Kuala Lumpur s'y était opposée, en affirmant que l'opération devait être temporairement suspendue.
Mais les autorités ont acheminé les 1.086 migrants par cars et camions sur une base militaire de la côte ouest de la Malaisie, où ils ont été embarqués mardi à bord de trois bâtiments de la marine birmane.
Dans un communiqué commun, quatre députés d'opposition ont condamné cette expulsion «inhumaine» et estimé que les responsables gouvernementaux pourraient être accusés d'outrage pour avoir ignoré la décision de la justice.
«Cet acte (...) est une claire indication que le gouvernement malaisien ne repecte pas la procédure judiciaire en cours et a donné une mauvaise image de la Malaisie sur le front des droits humains», ont-il affirmé.
Amnesty International, l'une des ONG qui avaient déposé un recours, a affirmé que le gouvernement «doit une explication au peuple malaisien» au sujet de sa décision de «défier l'ordre du tribunal».
«Ces expulsions dangereuses n'ont pas été correctement contrôlées et mettent des personnes en danger», a déclaré Katrina Jorene Maliamauv, directrice générale d'Amnesty en Malaisie.
Plus de cent migrants qui devaient être expulsés seraient restés en Malaisie, sans aucune explication des autorités à leur sujet. Mercredi, la Cour suprême a statué qu'ils ne devraient pas être renvoyés en Birmanie.
Les services malaisiens de l'Immigration ont assuré qu'aucun membre de la minorité persécutée des Rohingyas ne figurait parmi les migrants expulsés.
Mais les groupes de défense des droits avaient mis en doute les affirmations des autorités selon lesquelles les migrants expulsés ne comptaient pas de demandeurs d'asile.
Les autorités malaisiennes interdisent depuis fin 2019 l'accès de leurs centres de détention au HCR, ce qui signifie que l'agence de l'ONU ne peut déterminer ceux des prisonniers qui devraient obtenir le statut de réfugiés.
Il est rare que des ONG contestent des rapatriements, mais elles se sont déclarées particulièrement inquiètes de la détérioration de la situation des droits de l'homme en Birmanie depuis le coup d'Etat du 1er février.
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