Publicité

MV Wakashio: le mauvais temps diffère le démantèlement

16 février 2021, 12:47

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

MV Wakashio: le mauvais temps diffère le démantèlement

Il était prévu que Lianyungang Dali Underwater Engineering Co.Ltd débute le démantèlement de la poupe du MV Wakashio, hier. Le vraquier japonais est drossé sur les récifs de Pointe-d’Esny depuis le 25 juillet 2020, dans une zone exposée. Du coup, les salvors chinois n’ont pu débuter l’opération à cause du mauvais temps. Selon une source proche du dossier, il faut ancrer la grue à côté de la poupe pour la stabiliser avant que ne débute l’opération de démantèlement, qui est tributaire aux conditions météorologiques. «Tout va dépendre des conditions météorologiques. Pour le moment, nous ne savons pas quand les travaux vont débuter.» 

La barge à grue Hong Bang 6, arrivée depuis lundi dernier, se trouve déjà sur le site de l’échouement. C’est elle qui sera chargée de démanteler la poupe. Deux remorqueurs, le Ionian Sea Fos, qui avait aidé lors du naufrage de l’Angel One et du MV Benita, et le Magnanimous sont également dans la zone ainsi que deux autres barges, apprend-t-on d’une source autorisée du ministère de l’Économie océanique. Avec la grue qui devra être stabilisée, le récif corallien subira d’énormes dégâts car il est impossible de la manœuvrer d’une barge. 

Selon les sauveteurs présents sur le site à Pointe-d’Esny, la façon dont la poupe s’est encastrée dans le récif indique que d’autres dommages écologiques seront inévitables lors du démantèlement de la poupe. Un désastre écologique qui n’a pas manqué de faire réagir des internautes. Alain Malherbe, dans un post sur Facebook, estime que toute tentative de démantèlement et ou de déplacement de la partie restante pourrait résulter en un déversement du fioul dans les eaux avec des conséquences néfastes pour l’environnement marin. 

Marcel Lindsay Noé dit regarder, lors de sa marche matinale quotidienne, les restes du Wakashio drossés sur les fragiles récifs de Pointe-d’Esny. «Je ne puis m’empêcher d’avoir un fort sentiment de désastre écologique en gestation. Je pense, et je suis loin d’être un expert en la matière, qu’une fois la superstructure enlevée, il restera le bas de la coque déjà enfoncée dans le récif corallien. Mis à part cela, il pourrait y avoir des restes de fioul avec des risques d’infiltration.» Selon lui, si toute la coque est enlevée, on risque de laisser un récif affaibli avec des conséquences évidentes. «Faudrait-il laisser en place une partie de cette coque qui éventuellement sera envahie par des organismes marins et servira à refermer la blessure du récif ?», s’interroge-t-il. En tout cas, les jours et les semaines suivants seront déterminants pour connaître les risques environnementaux liés à ce démantèlement. 

Polyeco, avec ses équipements spécialisés de dépollution marine, prêtera main-forte aux sauveteurs chinois durant le démantèlement. Des booms anti-pollution seront placées pour prévenir tout déversement ainsi qu’un écrémeur. A noter que les salvors chinois ont jusqu’à avril pour démanteler la poupe du vraquier japonais. 

Publicité