Publicité
Abus des enfants: Un meilleur filtrage des sites non répertoriés nécessaire
Par
Partager cet article
Abus des enfants: Un meilleur filtrage des sites non répertoriés nécessaire
L’Information and Communication Technologies Authority se dote d’un nouveau fournisseur de services pour un «Child Sexual Abuse Online Filtering System» C’est ce qu’a décidé le Conseil des ministres, le 23 octobre. Puisque seuls les sites répertoriés ou rapportés sont bloqués, comment mieux contrôler ceux qui échappent à ou déjouent la sécurité ? Ce système bloque-t-il l’accès des internautes à des contenus à risque pour eux ?
Opérationnel depuis le 8 février 2011 sous l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA), le Child Sexual Abuse (CSA) Filtering System vise à réduire la circulation d’images illustrant des abus sexuels. Depuis 2014, ce filtrage des sites à caractère abusif ou pornographique, intègre un mode basé sur le cloud, ce qui ne nécessite plus de «harware», indique-t-on sur le site de l’ICTA. Et tel qu’annoncé par le Conseil des ministres, le 23 octobre dernier, l’organisation se dote à présent d’un nouveau prestataire pour ce service.
D’après les chiffres de l’ICTA, les tentatives d’accès se comptent par milliers. De mai à juin 2020, il y a une baisse de 26,86 % . Qu’est-ce qui va changer avec un nouveau prestataire engagé dans le filtrage et le blocage de sites d’abus sexuels ? Nous avons sollicité l’ICTA à ce propos. Une réponse est attendue cette semaine.
Du côté des éducateurs et spécialistes de l’informatique, on reste sceptique. «Avoir un nouveau fournisseur de service ne risque pas de décourager ces pratiques. Il faut une véritable campagne d’éducation sur les dangers de ces sites, animée par un département spécifique de l’ICTA ou une autre autorité compétente», affirme Munsoo Kurrimbaccus, pédagogue.
Pour sa part, Dev Sunnassy, ancien président de la Mauritius Information and Technology Industry Association (MITIA) demande à voir quels logiciels de filtrage et de blocage de ces sites sont actuellement en place. «Y a-til des robots pour détecter les sites connus et ceux non classés comme dangereux ?»
Selon le site de l’ICTA, sont bloqués des vidéos, photos, textes et articles relatifs à la pornographie infantile et les connexions vers de tels sites sur le Net.
Néanmoins, seuls ceux placés sur liste noire ou rapportés figurent dans la base de filtrage et de blocage. En réalité, expliquent des spécialistes de l’informatique, plusieurs sites et même de faux profils Facebook échappent aux mailles du filet. D’autres contournent les paramètres de sécurité. Peut-on y remédier ? «Il y a toujours des moyens d’y parvenir. Par exemple, dans le monde, de nouveaux logiciels ont été développés pour détecter le terrorisme et les réseaux impliqués. En Estonie, on a adopté ces techniques pour le blanchiment d’argent. À Maurice, il faut voir ce qui est préconisé et comment c’est appliqué dans la pratique», ajoute notre interlocuteur.
Malheureusement, constatent les travailleurs sociaux, les pratiques technologiques chez les enfants plus précoces les exposent davantage aux risques d’abus. «Les sites non identifiés comme dangereux peuvent attirer les enfants. Ces petits sont curieux et naïfs. De l’autre côté, les prédateurs peuvent y inscrire des choses attrayantes comme des loisirs pour les appâter. Comment va-t-on le savoir ? On devrait voir ce qui se fait ailleurs pour un meilleur contrôle et filtrage de ce qui est caché», déclare Sehenaz Hossain Saeb, directrice du Centre d’éducation et de développement pour les enfants mauriciens (CEDEM). Elle déplore l’absence de contrôle sur les réseaux sociaux et la nécessité de sensibilisation qui devrait commencer évidemment au sein de la famille car c’est elle qui offre l’accès à ces technologies, puis se poursuivre à l’école et dans les médias.
«Il n’y a pas de filtrage dans l’éducation des jeunes. C’est ancré dans leurs habitudes d’utiliser les portables et toutes sortes de nouvelles technologies. Les enfants apprennent sur le tas et n’échappent pas aux pratiques malsaines. À un certain âge, ils sont plus aptes à accepter le mal que le bien», avance Reshad, responsable d’un foyer pour enfants en difficulté.
Alors que ce phénomène de sites à caractère abusif ou pornographique touchait davantage les adolescents de 15-16 ans, un rajeunissement est noté et concerne désormais les 9-10ans, souligne-t-il. D’après lui, c’est la pression des pairs qui canalise ces enfants vers ces sites d’abus. Comment mieux filtrer ces sites, surtout ceux les moins classifiés comme étant dangereux ? Le travailleur social est en faveur d’amendements légaux pour une meilleure identification des usagers en ligne et un contrôle pour la vérification. «Par exemple, on pourrait utiliser la carte d’identité ou la carte d’étudiant pour vérifier l’âge de l’utilisateur et ainsi contrôler l’accès», suggère-t-il.
De son côté, Munsoo Kurrimbaccus affirme que les législations et logiciels de filtrages ne suffisent pas à détourner les internautes de ces pratiques. Il mise sur l’éducation. «Aujourd’hui, le portable a remplacé les jouets existants. Or, cette génération doit prendre conscience de l’addiction et des méfaits sur la santé mentale, les yeux, le cerveau et la pensée critique», prévient-il.
Les ONG souhaitant gérer des «shelters»appelées à se manifester
Le ministère de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille a émis durant la semaine un communiqué concernant la gestion des shelters. En ce sens, le ministère est en train de mettre en place une base de données de potentielles ONG capables de gérer les refuges, en acueillant plusieurs types de pensionnaires. Les intéressés sont invités à soumettre une manifestation d’intérêt pour la gestion des abris en fonction des catégories suivantes :
Les bébés de 0 à 3 ans qui ont été abandonnés.
- Les mineurs victimes de violences âgés de 4 à 8 ans, 9 à 13 ans et 14 à 18 ans.
- Les mineurs victimes de violences et souffrant de troubles psychiatriques âgés de 4 à 8 ans, 9 à 13 ans et 14 à 18 ans.
- Les mineurs victimes de violences et ayant un handicap physique âgés de 4 à 8 ans, 9 à 13 ans et 14 à 18 ans.
- Les mineurs victimes de violences et présentant des troubles légers du comportement âgés de 4 à 8 ans, 9 à 13 ans et 14 à 18 ans.
- Et les mineurs victimes de violences, qui font face au risque potentiel d’être victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales, âgés de 4 à 8 ans, 9 à 13 ans et 14 à 18 ans.
Les ONG intéressées doivent être enregistrées auprès du Registrar of Associations et avoir en moyenne trois ans d’expérience dans la réhabilitation d’enfants en difficulté. Ils devront faire part de leur intérêt et présenter l’historique de leur organisation au ministère.
28 865 tentatives d’accès à des sites d’abus en juin 2020
D’après le site de l’ICTA, le système de filtrage recense l’accès des internautes vers les sites d’abus sexuel sur les enfants. Les données de janvier à juin 2020 sont répertoriées dans le tableau suivant :
Publicité
Publicité
Les plus récents