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Ashwin Banerjee: Aller toujours plus loin professionnellement

29 juin 2019, 12:20

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Ashwin Banerjee: Aller toujours plus loin professionnellement

Depuis la fin 2018, l’association Kinouete, qui s’occupe de réhabilitation et de réinsertion des détenus, a un nouveau manager en la personne d’Ashwin Banerjee. Diplômé en gestion, ce trentenaire ne ménage aucun effort pour aller toujours plus loin professionnellement et se rapprocher de son objectif qui est d’être Chief Executive Officer à 42 ans.

Ashwin Banerjee, bientôt 38 ans, a le verbe facile et le rire communicatif. Il précise qu’il est «fraîchement célibataire» et qu’il cherche l’âme sœur. Fait-il un appel du pied à une éventuelle intéressée par journal interposé ? «Oui», acquiesce-t-il dans un grand éclat de rire. «On ne sait jamais. La mort peut vous saisir à tout moment. Il faut donc prendre conscience du temps dont on dispose et aimer et vivre dans la gaieté», dit-il.

Cet habitant de Vacoas dont la mère est une institutrice de marathi à la retraite et le père instituteur de hindi, qui a terminé sa carrière en tant qu’inspecteur des écoles, a fait ses études secondaires au SSS de Bambous. Lorsqu’il termine sa Form VI, il a le choix entre aller à l’université et apprendre un métier. Il prend la deuxième option et comme l’hôtellerie draine les jeunes, il se fait admettre à l’école hôtelière sir Gaëtan Duval et est accepté en NTC 2 Front Office puis lorsqu’il termine et franchit cette étape avec succès, il passe en Higher National Diploma in Hospitality Management. Il en sort diplômé.

«Au fur et à mesure que j’avance dans la vie, je me pose toujours la question de “what’s next” ?»

Comme il s’est énormément investi dans ses études, Ashwin Banerjee obtient une bourse sous forme d’un stage soit dans un grand établissement hôtelier, soit dans un autre type d’hébergement en France. Voulant d’un encadrement personnalisé, il opte pour un stage dans un camping trois étoiles situé à Rochefort-sur-Mer dans les Charentes Maritimes. Là, son rôle consiste à prendre les réservations de location des mobiles homes, des emplacements pour caravanes et tentes, faire l’accueil, informer les campeurs à propos des activités intéressantes intra et hors camping et gérer les plaintes. Il est au four et au moulin mais apprécie énormément ce stage qui lui permet de savoir ce qu’il a dans le ventre en termes de prise de responsabilités et de gestion.

Lorsqu’il se projette dans l’avenir, il se voit Chief Executive Officer (CEO) d’une compagnie à 42 ans. Il se dit qu’il va tendre vers cet objectif et mettre toutes les chances de son côté pour l’atteindre. Il regagne Maurice et comme sa demande d’admission pour étudier et obtenir un Bachelor in Arts in Business administration auprès de l’université de Middlesex à Londres a été acceptée, il repart. Son diplôme en gestion hôtelière précédemment obtenu lui permet d’être exempté de la première année de cours et de passer directement à la deuxième année.

Pour pouvoir étudier et vivre à Londres, il cherche et trouve de l’emploi auprès de la London Underground Ltd, société qui gère les stations de métro. Il y est embauché comme Station Assistant/Team Leader pour trois stations huppées, à savoir Green Park, qui permet notamment d’aboutir à Buckingham Palace, Hyde Park, lieu mythique où ont lieu énormément de concerts musicaux et Knightsbridge où les amateurs de shopping descendent pour aller chez Harrods. Comme il a ses cours universitaires le matin, il s’arrange pour avoir des horaires de travail commençant à 17 heures et se terminant à 1 heure du matin.

Il a pour responsabilité d’arpenter les plateformes pour informer le public voyageur de l’arrivée ou du retard des trains, d’effectuer des contrôles de sécurité, y compris vérifier, selon un protocole bien établi, les colis suspects laissés derrière, guider les touristes pour leur permettre de faire des trajets plus courts et à moins cher. Il est très apprécié de ses supérieurs car il ne rechigne pas à la tâche et maîtrise aussi bien l’anglais que le français.

Il termine ses études à la fin 2007 et cherche un emploi de Front Office Manager, de Supervisor en housekeeping ou dans les ressources humaines dans l’hôtellerie mais n’en trouve aucun. Voulant continuer à «grandir», il se fait admettre à l’université de Technologie pour étudier et obtenir un Masters in Business Administration avec spécialisation en Human Resources et Knowledge management. «Je voulais ainsi boucler la boucle de la gestion», souligne-t-il.

En parallèle, il s’engage dans le social auprès de la Children Foundation, ex-Save the Children où sa responsabilité est d’écrire des projets. Il sympathise avec le directeur et fondateur, Veenace Koonjal. En 2013, ne trouvant toujours pas d’emploi à sa convenance, il fait une demande au Service to Mauritius Programme relatif au placement des diplômés dans la Fonction publique. Il est recruté sur contrat renouvelable ne dépassant pas trois ans au ministère des Finances et travaille avec le secrétaire financier d’alors, Ali Mansoor et les autres cadres de ce ministère. Ashwin Banerjee aide notamment à mettre en place certaines procédures, à introduire le Registry et revoir la Performance appraisal. «C’était quelque chose de nouveau. Chaque expérience est unique et m’a aidé à progresser dans ma vie professionnelle et personnelle.»

Avant la fin de ce placement, il tombe sur une circulaire indiquant que le service pénitentiaire cherche à recruter le temps de 15 jours une personne capable d’écrire des projets. C’est son cas et il postule. C’est ainsi qu’il fait son entrée à la prison de Beau-Bassin et travaille avec le commissaire des prisons d’alors, Jean Bruneau, et ses assistants.

Le courant passe tellement bien entre eux que le commissaire Bruneau entame des démarches pour le recruter comme consultant. Accepté, il est basé à la Strategic Planning and Research Unit. C’est à ce poste qu’il rencontre Michel Vieillesse, le directeur d’alors de Kinouete (membre de la National Preventive Mecanism Division de la National Human Rights Commission depuis fin 2018) et ensemble avec Geeta Devi Somaroo, chargée de cours principale en ingénierie à l’université de Maurice et Romeela Mohee, ancienne vice-chancelière de cette institution, ils travaillent sur un projet de compostage à la prison de Petit-Verger. Projet financé par le Programme des Nations unies pour le développement.

Lorsque le contrat d’Ashwin Banerjee prend fin, il travaille pendant un temps comme directeur commercial pour le compte d’une société distribuant des produits nettoyants aux hôtels avant d’agir comme Business Development Executive pour VKL Training and Consulting Ltd.

Voulant se rapprocher de son rêve, «je postule toujours lorsque je vois un poste intéressant car qui n’essaie rien, n’a rien», précise-t-il, il fait acte de candidature quand il voit sur le Net que Kinouete cherche un Manager après le départ de Michel Vieilllesse. Il passe les entretiens de sélection et au final, il est choisi. En novembre 2018, il prend son poste. Il ne se sent pas trop désorienté du fait qu’il connaît l’univers carcéral et a déjà côtoyé les membres de Kinouete à la prison. Et puis, à ses yeux, quel que soit le domaine où l’on place un gestionnaire, il doit être capable de gérer. «Il doit simplement être entouré d’un bon technicien qui maîtrise le domaine.»

Sept mois se sont écoulés depuis qu’il a pris son poste et à part superviser les projets déjà en cours, il a envoyé des demandes d’appui financier ou logistique à plusieurs compagnies à Maurice. Il leur a aussi lancé un appel pour qu’elles recrutent les détenus. Il met actuellement en place de nouvelles structures et compte revamper les programmes afin qu’ils s’harmonisent mieux à la demande. «Je veux aussi renforcer la collaboration entre Kinouete et les prisons afin d’améliorer le bien-être du détenu. Ce bien-être passe aussi par celui de sa cellule familiale.» Il entend aussi répondre, dans la mesure du possible, aux besoins des familles des détenus.

S’il aime ce qu’il fait, il n’est toujours pas parvenu au top. «Au fur et à mesure que j’avance dans la vie, je me pose toujours la question de What’s next ? Je dois continuer à grandir. Le social fera toujours partie intégrante de moi pour ce qui est de mon développement personnel. Mais professionnellement, je n’oublie pas mon rêve d’être CEO d’une compagnie à 42 ans.» Bigre, le temps presse…

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