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Fête de la musique: Nitish Joganah et Jason Heerah se confient
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Fête de la musique: Nitish Joganah et Jason Heerah se confient
Paroles d’artistes de deux générations différentes à l’occasion de la Fête de la musique. Si l’optimisme n’est pas toujours de mise, la fête promet quand même d’être belle.
Nitish Joganah, auteur-compositeur-interprète: «Fotokopi gagn plis linportans»
Aujourd’hui, c’est la Fête de la musique. Estimez-vous que le secteur musical est bien traité par les autorités ?
Pas du tout. Aujourd’hui, il n’y a pas de créativité. Fotokopi gagn plis linportans. On copie ce qui vient d’Europe et d’ailleurs. Il n’y a pas de recherches dans les textes, éna ki pé rant dan bases.
On mélange la politique avec la musique. Quand on est un chanteur engagé, ce n’est pas pour chanter sur les politiciens, mais sur des thèmes comme l’environnement, le don de sang. Mais les radios ne passent pas ces chansons. On compartimente la musique, cela n’amène pas l’unité.
Faut-il compter sur le ministère des Arts et de la culture pour avancer ?
Il a un rôle important à jouer, il a un budget. Mais le secteur privé a aussi son mot à dire. Il peut ouvrir des écoles de musique qui, à leur tour, contribuent à combattre des fléaux comme la drogue. Kan artis ki sorti déor vini fodé gété kouma sponsor antouré.
Prenez le conservatoire de musique, ce sont les fils à papa qui vont làbas. Sa ti zanfan site-la li pa alé. Ensuite, ceux qui vont au conservatoire, on ne les voit pas, ils jouent dans les salons. Une société sans musique, kouma dir mantal. Nou tou ti pou vinn pagla.
Fut un temps, le public pouvait voir de grandes vedettes, par exemple pour Divali, et cela gratuitement. Les boîtes d’événementiel inn teyn sa. Maintenant, il faut aller au centre Swami Vivekananda et payer Rs 1 000.
Comment envisagez-vous l’avenir de la musique mauricienne ?
Il est un peu sombre. Nou ravann inn disparet net. Pourquoi est-ce que la musique mauricienne ne touche pas l’étranger ? Ki nou pou pran rap pou rétourn ar zot ?
Certains artistes sont favorisés. Zot ki tap tou. Jusqu’à l’heure, nous n’avons pas de troupe nationale.
Jason Heerah, auteur-compositeur-interprète: «The change is coming»
Estimez-vous que le secteur musical est bien traité par les autorités ?
Je ne sais pas si je suis bien placé pour le dire. J’ai grandi en Australie. Ce soir, je serai sur scène au Kafe Kiltir Moris, au Port-Louis Waterfront, pour un concert à l’occasion de la Fête de la musique. Il a fallu avoir des permis pour cela, donc, je pense que les autorités y ont été sensibles.
La Fête de la musique ne dure qu’un jour. Qu’en est-il le reste du temps ?
Pour le reste, je peux vous dire qu’organiser un concert à Maurice, c’est faire face à beaucoup de difficultés. En Australie aussi, il y a des règlements à respecter, mais on peut obtenir tous les permis nécessaires au même endroit, un one stop shop. Ici, ce n’est pas le cas. J’ai déjà organisé deux soirées, dont l’une à la plage de Tamarin. Cinq heures avant le début du concert, il y avait encore des permis qui manquaient. Cela ne devrait pas être aussi dur de faire de la musique à Maurice. Mais pour certaines raisons, ça l’est.
Trouvez-vous qu’il existe suffisamment de formations et de financements pour la musique ?
Mo pé tann dir dé lwin qu’il n’y a rien dans le Budget pour la musique. Mo pa tro dan zafer politik.
Quel est l’avenir de la musique mauricienne?
Cela s’annonce positif. La musique mauricienne a changé. Nous sommes toujours dans une période de changement. On est plus ouvert sur le monde, sur les réseaux sociaux, sur YouTube. On participe davantage à des festivals. Je ne vois aucune raison pourquoi la langue créole ne trouverait pas sa place dans les plateformes de world music. Après, on sait que Maurice est petit et qu’on ne voit pas immédiatement le marché que cela représente. Mais dans troisquatre ans, je crois que tout cela aura changé. The change is coming.
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