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Le cinéma Lutchigadoo

1 octobre 2018, 05:09

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«Vive l’industrie cinématographique à Maurice !» C’est avec cette exclamation sarcastique que l’internaute G. conclut son commentaire relatif à la saga Lutchigadoo. En effet, les tribulations de l’habitant de Palma suscitent l’indignation des internautes.

Les péripéties de l’affaire Kusraj Lutchigadoo relèvent d’un scénario bollywoodien. Elles ridiculisent la force policière et décrédibilisent le Forensic Science Laboratory (FSL). Les hautes autorités administratives et politiques du pays sont, elles, l’objet de suspicion.

Kusraj Lutchigadoo, qui n’a aucune activité professionnelle déclarée et affichant de manière ostentatoire de clinquants signes extérieurs de richesse, avait été arrêté après une descente policière à Triolet. Trois cents paquets de thé, des litres de benzine et d’acetone y avaient été saisis. Les enquêteurs estimaient que ces produits devaient servir à la préparation de drogue synthétique.

Le présumé trafiquant est maintenu en état d’arrestation au Vacoas Detention Centre où il se retrouve en compagnie d’un «autre trafiquant notoire». Un soir, on le laisse quitter sa cellulle pour «aller prendre l’air». Entre-temps, on apprend que les données de son téléphone cellulaire saisi par la police, ont été effacées. Et la semaine dernière les responsables du FSL déclarent en cour que les produits saisis chez Lutchigadoo ne sont pas de la drogue.

Les internautes ne se font pas prier pour malmener la direction de la police. Ils s’interrogent sur le fonctionnement de ce département vital au maintien de l’ordre et la sécurité dans le pays. «Who can tell me why Lutchigadoo was detained together with Ashish Dayal at Vacoas detention centre?» se demande Rajen.

La trouvaille du FSL avancée en cour fait sourciller. Novichok qui semble s’y connaître en analyse chimique poste un commentaire très pertinent en la circonstance. «FSL officers cannot deny that they do not know what is produced when heat is applied to a mixture of benzene and acetone. The product of such a chemical reaction is wet amphetamine, a dangerous drug.» Plus terre à terre Ozé déclare : «FSL pe prend nou pou gopia.»

Ces contre-performances de la police et du FSL conduisent à une perte de confiance dans des organismes publics d’importance capitale dans la lutte contre le trafic de drogue. Les citoyens ont le sentiment que les institutions ont été infiltrées. «MAFIA ine fini infiltrer politik ek la police», déclare Simon.

De l’avis de nombreux lecteurs, Kusraj Lutchigadoo parvient à s’en sortir en raison de «so bann contact politique et ban la polis ripou», dit l’internaute Kalvin. Selon Albator, «il semblerait qu’il a un parrain très haut placé, ce type-là».

Pendant ce temps, les recommandations de la commission Lam Shang Leen attendent d’être étudiées par le comité institué à cet effet. Mais, des internautes font remarquer que «le Premier ministre qui préside cette instance est en mission aux États-Unis, d’autres membres du gouvernement sont aussi indisponibles et le commissaire de police est à l’étranger». Une manière de dire qu’il y aurait une volonté à retarder la mise en oeuvre des recommandations de l’ex-juge Lam Shang Leen. Entre-temps, le trafic de drogue continue de plus belle.

L’internaute qui signe Say no to drugs est dépité. «Et Pravind Jugnauth éna culot dire ki li pé amen enn combat contre la drogue», écrit-il. De nombreux autres lecteurs partagent son sentiment.

 

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