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Requiem pour une promenade

19 février 2018, 06:02

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«C’était toute ma vie cette promenade, j’ai les larmes aux yeux, c’est chagrinant de voir cela.» Ce cri du coeur vient de l’internaute Evans Heliotrope Jason. Il l’a posté en guise de commentaire à une vidéo de «lexpress.mu» montrant la destruction de la promenade Roland Armand, le long de la rue Vandermeersch, reliant Beau-Bassin à Rose-Hill

Héloïse, qui a dû entendre d’autres plaintes similaires, confirme que «cette promenade faisait le bonheur de tant de citoyens». Des lecteurs ressentent la destruction de la bande plantée comme une agression contre la nature. «Pardonnemoi, ma terre, si les hommes étouffent ta peau par le béton de la bêtise», écrit Sunman sur un ton lyrique.

D’autres internautes compatissants trouvent que ces regrets sont tardifs. «C’est trop tard ti bizin fini prend action au tout début quand ti commence faire travail à La Butte», estime K. Les participants à la manifestation à la promenade Roland Armand essuient même des critiques à cet effet. «L’année dernière kan ti pe coupe pied dans Port-Louis et ti pe craz lakaz dimune, sa bann la cote ti été ? Sa montre koma saken guette pu li», écrit Andee. Pour sa part, Jean Marie Delort rappelle «qu’il n’y a pas eu un mouvement similaire quand il s’agissait de la casse des maisons».

En dépit du fait que l’abattage des arbres a commencé, des protestataires lancent un appel à la résistance. «Take a stand against the butchering of the environment and encourage development that are carefully managed and planned», réclame Denli. Le commentateur Désiré Mallet en appelle à la population par voie d’interrogations : «Would people start occupying tree tops? Chaining themselves to machinery? Pulling down fences? Involve in civil disobedience actions? Or occupy banks financing any so-called development projects ?»

Aux yeux des lecteurs de «lexpress.mu», la présente situation est le résultat de l’imprévoyance, voire de la volte-face des politiciens. «There has been no planning. This government was elected on the back of their promise not to introduce the metro express. It went against this promise», pense Jokomo. Le commentateur Tse, lui, s’adresse directement aux ministres : «Vous avez été élus au gouvernement parce que vous étiez contre le projet. Maintenant, vous allez de l’avant avec.» Quant à Bardoise Goburdhun, il tient à rappeler que «consultations and an environment impact assessment should have been done before deciding whether to go ahead».

Les professionnels du secteur de la construction ne sont pas épargnés par les critiques. Des internautes s’étonnent du silence des architectes-urbanistes. «Why don’t the architects and urban planners, voice their position on this?» se demande Denli. Et Andee, ironique, s’empresse de répondre: «In a few years, they will be writing a book on how our environment was destroyed for the sake of development.»

D’autres lancent des appels et proposent des actions pour prévenir de telles atteintes à l’environnement à l’avenir. «Don’t just bulldoze the country ! » demande Rever Mam aux autorités. Ramsamy, de son côté, propose que «pour chaque arbre arraché, on en plante deux, si possible des mêmes essences; ou d’autres à croissance rapide.»

Plusieurs internautes, à l’instar de Bobasinois ont tenu à préciser que «dimounes pas contre développement mais contre développement ki faire sans réfléchir, à la va vite sans intelligence». L’internaute Désiré Mallet emprunte des mots à plusieurs poètes et chanteurs pour dire son désarroi. Adaptant Moustaki, Anne Sylvestre et Prévert, il écrit «il y avait un jardin qu’on appelait la terre. Et une petite île qui s’appelait île Maurice. On y voyait des arbres verts en quittant Beau-Bassin pour aller à Rose-Hill» et maintenant «les feuilles mortes se ramassent à la pelle… Les souvenirs et les regrets aussi…»

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