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Stages en entreprise: ces femmes qui reprennent le chemin du travail à 50 ans

12 novembre 2017, 20:00

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Stages en entreprise: ces femmes qui reprennent le chemin du travail à 50 ans

Pour des raisons familiales ou encore à cause de leur âge «avancé», elles ont renoncé à leur métier. Mais, elles ont droit à un nouveau départ. Que ce soit dans le textile ou dans l’électronique, ces fringantes quinquagénaires effectuent des stages en entreprise.

Rencontre, à l’occasion de la Journée internationale des stagiaires célébrée le vendredi 10 novembre.

Linda Larhubarbe.

À Mer-Rouge, on roule à l’électronique. Lorsque nous nous y rendons jeudi 9 novembre, une dizaine de femmes assemblent des composants de téléviseur. Affalée sur une chaise, Sheela Veerapen, 50 ans, est elle aussi tombée dans le panneau. À la Global Components Engineering Ltd, elle fixe des câbles infrarouges par-ci, farfouille dans une boîte à vis par-là, s’arme d’un tournevis et fixe ces minuscules pièces métalliques au back cover d’une future télévision. Et c’est reparti pour un tour.

Nicole L’Indifférent.

À la suite d’un drame familial, la quinquagénaire a débuté un stage dans l’entreprise spécialisée en confection d’appareils électroniques. «J’ai perdu mon époux en février. Il était diabétique et a dû être amputé. J’avais cessé de travailler en raison de sa maladie. Mais j’ai dû reprendre, ayant trois enfants à ma charge», confie Sheela Veerapen, qui installe également de haut-parleurs dans des appareils audio.

Rooman Keerpah.

Bien que ce champ professionnel lui soit complètement étranger, cette habitante de Terre- Rouge saisit l’opportunité d’apprentissage. «J’ai étudié jusqu’en Form IV. Je ne connaissais vraiment rien à l’électronique. Il n’est jamais trop tard pour nous. Avec un stage, on apprend tout le temps, tous les jours», souligne-t-elle. 

Tout apprendre à zéro 

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Comme elle, Linda Larhubarbe, 54 ans, est stagiaire dans cette compagnie. Après avoir exercé dans l’enseignement et le secrétariat, elle s’est lancée dans la restauration. Hélas, au bout de six mois, elle doit mettre la clé sous la porte. Elle se dirige alors vers le Back to Work Programme (BTW), une initiative du ministère du Travail formant des femmes âgées de plus de 35 ans pour la réintégration professionnelle. Peu de temps après, elle décroche le stage.

«Après 30 ans, c’est difficile de trouver un emploi. Même à 50 ans, c’est important qu’on ait cette possibilité. En commençant ici, j’allais vers l’inconnu. Il fallait tout apprendre à zéro : la structure d’un panneau électronique, le système de câblages, etc.» Mais ces travaux ne lui font pas peur. En effet, la quinquagénaire est motivée par sa soif d’apprentissage. 

D’après Jonid Dowlut, directeur de l’entreprise, l’objectif est de contribuer à leur réintégration au monde du travail. Cette principale motivation anime d’ailleurs plusieurs autres femmes de la cinquantaine sans emploi. 

Chez Nevams Ltd à Triolet, le tissu se dévoile sous toutes ses coutures. Déroulé, coupé, cousu en article de literie pour les hôtels locaux ou pour l’exportation régionale, il finit sur la planche à repasser avant l’emballage. «Nous avons une dizaine de stagiaires très appliquées. On leur donne la possibilité de suivre des formations additionnelles du National Women Entrepreneur Council sur place», indique Amrita Sunnassy, la directrice. 

L’une des stagiaires s’applique justement à la couture sur son plan de travail. Ancienne ambassadrice dans l’alimentaire, Nicole L’Indifférent, 53 ans, a perdu son emploi après un changement de direction. Adhérant au BTW, elle a commencé son stage en janvier 2017. «La directrice nous a bien encadrés. Au départ, j’ai réalisé de petits travaux comme des pochettes, des nappes, des taies de coussins. Graduellement, je découvrais et comprenais le domaine. Et je suis devenue bonne en coupe de tissus», raconte-t-elle.

Recrutées en permanence 

Au fil du temps, d’autres responsabilités lui sont confiées. Une occasion pour Nicole L’Indifférent de s’abreuver des connaissances des autres et d’enrichir son apprentissage. Parallèlement, le stage lui permet d’accéder à des lieux auxquels elle n’aspirait pas : «On avait des rideaux à faire. Et là, on est allé dans les hôtels. Je n’y avais jamais mis les pieds avant.» 

Idem pour Rooman Keerpah, 52 ans et habitant Plaine-Verte, une stagiaire qui fait du taillage de fil, du repassage et contribue à la coupe. Ancienne employée d’usine, elle interrompt cette activité pour s’occuper de sa famille. Ensuite, elle décide de recommencer mais se heurte à un obstacle majeur. «C’était très difficile de trouver un emploi à mon âge. De plus, les heures et conditions n’étaient pas évidentes. Avec le stage, j’ai des horaires idéals, qui sont de 9 heures à 15 h 45 en semaine. D’autant que je ne cesse d’apprendre.» 

Épanouies dans leurs tâches respectives, qu’adviendra-t-il de ces femmes une fois le stage complété ? À moins qu’elles ne soient plus intéressées ou n’aient pas les aptitudes requises, les stagiaires sont souvent recrutées en permanence après un placement d’une année au maximum. 

D’après Roland Dubois, Training Consultant du ministère du Travail, de juin 2015 (période de création du BTW) à octobre 2017, 785 femmes ont été placées en stage d’entreprise. 440 ont complété leur stage et 248 ont obtenu un poste permanent par la suite. Enfin, 479 employeurs étaient enregistrés auprès du BTW pour les stages.

Combien rapporte un stage ? 

<p>Les stagiaires ne touchent pas de salaire, mais plutôt un &laquo;stipend&raquo;. Le montant varie selon les employeurs. Cela peut commencer à partir de Rs 6 000, selon nos interlocuteurs. Généralement, un remboursement maximal de Rs 5 000 sur cette allocation est effectué par les autorités. Et si le stagiaire nécessite des formations supplémentaires, l&rsquo;employeur est remboursé à hauteur de Rs 7 500 par personne pour une année.</p>

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