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Meelan Thondoo, consultante pour la Port-Louis Development Initiative: avoir un impact réel sur l’humain
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Meelan Thondoo, consultante pour la Port-Louis Development Initiative: avoir un impact réel sur l’humain
Le métier d’anthropologue est souvent confondu, à tort, avec d’autres professions. Meelan Thondoo, anthropologue médicale, qui vient d’ouvrir sa compagnie, Anthropulse Ltd, est consultante pour la Port-Louis Development Initiative. Elle se fait un plaisir de clarifier les choses.
Meelan Thondoo a beau être d’origine mauricienne, cette jeune femme de 29 ans n’en demeure pas moins une citoyenne du monde. Elle est née au Zimbabwe et a passé les huit premières années de sa vie aux Seychelles. Puis, Genève en Suisse, jusqu’aux études supérieures.
Meelan Thondoo étudie d’abord la médecine. Elle veut comprendre le fonctionnement du corps humain et sa réactivité. En deuxième année, l'International Federation of Medical Studies Association établit un échange avec son école et là voilà partie pour l’Équateur. Elle y rencontre Max, un médecin équatorien accrédité par le ministère de la Santé de son pays qui est aussi chamane. Elle le suit jusqu’au coeur de la forêt amazonienne pendant trois mois. «Il m’a fait découvrir l’anthropologie de la médecine et de la santé.»
Cette exposition lui fait changer son fusil d’épaule pour se diriger davantage vers la biologie et la génétique des populations. Elle entame alors une licence auprès de l’université de Genève. «C’était un changement de passer de l’étude de la maladie à celle de l’Homme et de voir comment cette maladie impacte sur la vie de l’Homme, comment les gens migrent par rapport à la maladie et ce que l’on peut apprendre sur l’Homme en suivant les maladies. Cela a été le tournant le plus important de ma vie.»
Elle embraye avec une maîtrise en anthropologie médicale auprès de l’University College of London (UCL) qui lui permet «d’avoir une vue globale sur la relation entre l’Homme et l’Homme, celles entre l’Homme et les institutions, entre les institutions et l’État et entre l’Homme et l’État.»
Sa maîtrise obtenue, elle prend une pause et part six mois pour Cape Town en Afrique du Sud et s’occupe de réhabilitation des usagers de drogue injectable. Elle part ensuite pour les Philippines où elle vit le passage du typhon Haiyan. L’Organisation mondiale de la santé est interpellée par le fait que les populations des pays du sud-est asiatique font une résistance aux antibiotiques. Le rôle de l’anthropologue est d’étudier le comportement autour de la prise d’antibiotiques, le type de maladie qui inciterait une personne à les prendre et à la culture qui fait que le médecin prescrive à outrance des antibiotiques. Cette recherche la mène aussi au Laos.
L’UCL lui propose un contrat pour qu’elle travaille sur un projet en Ouganda et au Mozambique et qui porte sur l’utilisation de la téléphonie mobile par les travailleurs communautaires dans les soins aux enfants. Meelan Thondoo a pour responsabilité d’identifier les obstacles. Cette recherche donne lieu à sa première publication académique.
Sa soeur venant d’accoucher à Maurice, la famille décide de s’y retrouver. Elle reste. Mais à Maurice, on n’a pas encore vraiment compris le rôle et les fonctions d’un anthropologue. Les propositions d’embauche sont rares. Alain Muneean, directeur de Terre de Paix l’embauche comme Grant Officer and Project Manager. Elle découvre alors la vie mauricienne et ses dures réalités.
Le Department for International Development entre en jeu en lui proposant un contrat au Népal qui vient d’être frappé par un important séisme. L’objectif de l’intervention est d’optimiser la grossesse et réduire la mortalité néonatale, l’une des plus élevées au monde. Meelan Thondoo doit évaluer quatre interventions et leur impact sur les femmes enceintes. Le travail s’effectue dans des conditions difficiles. C’est là qu’elle réalise qu’il lui manque une corde pour harmoniser son arc professionnel : l’économie de la santé.
Elle regagne Maurice et suit un cours pour une licence en économie de la santé auprès de la London School of Hygiene and Tropical Medecine (LSHTM). Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, elle se voit offrir une position d’anthropologue et d’analyste sociale par ce qui est alors la State Land Development Company (SLDC). En sus de pourvoir une assistance technique sur l’évaluation humaine et sociale des projets, en particulier les Smart Cities, elle réalise aussi un maptionnaire de Port-Louis avec la participation de 3 000 Mauriciens dont 1 000 interviews en face à face et le reste en ligne. Meelan Thondoo se concentre sur la régénération urbaine et la qualité de vie à Port-Louis via un processus de participation citoyenne.
Bien que les choses aient évolué, elle sent encore que les bénéfices de l’apport anthropologique ne sont pas toujours compris. «L’anthropologie de la santé diffère de la sociologie ou du journalisme dans la mesure où elle étudie une problématique en tenant compte aussi des émotions, des expériences, des impacts et lorsqu’il le fait, c’est d’une manière convergente vers l’Homme et divergente de l’Homme et en temps réel.»
Elle y aurait été sans doute encore si la LSHTM ne lui avait pas proposé une formation en économie. Elle démissionne et part à Londres. Cette coupure avec Maurice lui fait réaliser qu’il est temps de prendre son envol et de fonder sa compagnie. C’est fait depuis peu. Il s’agit d’Anthropulse Ltd. À peine l’a-t-elle créée qu’elle est approchée par la PLDI pour agir comme consultante. «Cette initiative me parle car il y a un besoin de créer une interface pour différents interlocuteurs impliqués dans la régénération de Port-Louis. L’inter-pluridisciplinarité et la collaboration sont des principes qui motivent le travail.» Son rôle est «d’identifier les bénéfices humains de chaque projet public comme privé et de voir s’il y a des connexions entre ces projets et les amplifier pour avoir un impact réel sur les citoyens. Sans compter la partie communication.»
Une occupation prenante mais qui lui laisse le temps de donner des cours au Mahatma Gandhi Institute et d’étudier en ligne. Elle est très motivée par ce premier contrat car elle «sent une envie d’engagement et de collaboration des différents secteurs». Et, cerise sur le gâteau, «il est important de pouvoir construire des plateformes où toutes les expertises peuvent se rencontrer et échanger».
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