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Prévisions climatiques: les nouvelles technologies éclairent le temps
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Prévisions climatiques: les nouvelles technologies éclairent le temps
À la station météorologique de Vacoas, des écrans d’ordinateur s’animent. De récents aménagements technologiques ont été faits. Graphiques, données et images affluent. La mise à jour bat son plein dans la salle technique de l’établissement.
«Dans ce système de réception satellitaire, nous recevons et traitons les informations climatiques. Nous venons d’y installer deux nouveaux ordinateurs», explique Vishwamitra Kariman, Chief Meteorological Telecommunication Technician. Deux ordinateurs supplémentaires sont désormais au service d’autres départements.
Objectifs : modernisation, rapidité et performance. «Ce qui a changé, c’est la technologie. Nous avons maintenant des machines plus performantes avec une palette de produits qui aident les prévisionnistes. Ce qui rend le travail plus efficace», précise Prem Goolaup, directeur adjoint de la station météorologique.
Parmi les changements technologiques qui ont été institués depuis février 2017, on compte la mise à jour des équipements et des logiciels, dont l’intégration de Meteosat 8. Ce satellite opéré par l’European Organisation for the Exploitation of Meteorological Satellites (EUMETSAT) succède à la version 7, arrivée au terme de sa licence d’utilisation.
En plus de procurer des images de conditions climatiques de haute résolution et de grande précision, cette technologie favorise des analyses approfondies pour diffusion nationale ainsi que pour l’aviation. «Nous pouvons maintenant faire des prévisions plus détaillées avec des graphiques et d’autres données que nous pouvons partager avec les opérateurs et pilotes. Nous sommes désormais en mesure de préparer un dossier plus complet pour les plans de vol», déclare Krisna Bucha, météorologue. Ces prévisions peuvent désormais s’étendre sur une dizaine de jours.
Un autre changement souligné par Sureka Ramessur, chef prévisionniste, est le système d’alerte intégré qui se déclenche rapidement lors d’une anomalie. «Nous avons ainsi des détails plus rapidement et avec davantage de facilité.»
D’après Rajan Mungra, directeur de la station météorologique de Vacoas et représentant permanent de la World Meteorological Organisation pour Maurice, ces changements visent à offrir un meilleur service à la population. Pour ce faire, deux facteurs sont indispensables : des ressources humaines et des équipements performants.
En ce qui concerne les ressources humaines, Rajan Mungra soutient que des recrutements ont récemment été effectués et que des formations ont eu lieu dans les centres météorologiques en Inde, en France, en Chine et au Japon. En outre, la somme de Rs 5 millions a été investie dans la mise à jour du materiel.
Ce projet a été mené en collaboration avec l’institut français Corobor Systems. La semaine dernière, Laurent Deblangy, expert de cet organisme, était présent dans le pays pour procéder à l’installation et à la formation du personnel.
«La technologie se développe à grande vitesse. De plus, nous ne devons pas oublier que nous sommes déjà en train de subir des changements climatiques. Il nous faut donc nous pourvoir d’équipements dernier cri pour avoir les meilleures prévisions et alertes en cas de dépressions et autres intempéries», avance le directeur de la station météorologique de Vacoas.
À ces technologies, s’ajoutent cinq nouvelles stations automa- tiques au Champ-de-Mars, à la Montagne-des-Signaux, à BellVillage, à Riche-Terre et à Chitrakoot. Ceci pour un nombre total de 29 stations à Maurice et trois à Rodrigues. Selon Rajan Mungra et Muslim Heetun, directeur adjoint de la station météorologique, ces infrastructures sont pourvues d’équipements en provenance des États-Unis et de la France.
Reliées par la technologie GSM, ces stations régionales permettent de capter les informations et de les canaliser vers la centrale météorologique de Vacoas en temps réel. Cette technique a été surtout préconisée à la suite des inondations de mars 2013. «Cela permet de diffuser des informations sur le vent, les fortes houles, entre autres, et de sécuriser la population», précisent-ils.
Le radar opérationnel fin 2018
Tant attendu, enfin arrivé ? Le fameux radar de Trou-aux-Cerfs est en chantier. C’est ce qu’affirme Rajan Mungra, directeur de la station météorologique. Selon notre interlocuteur, il s’agira du «radar le plus sophistiqué de la région». Mesurant 43 mètres de haut – l’équivalent d’un bâtiment d’une dizaine d’étages – le radar couvrira un rayon de 450 km, soit deux fois la distance entre Maurice et La Réunion. «La construction sera achevée en mars 2018. Nous procéderons à l’installation de tous les équipements en provenance du Japon jusqu’à la fin d’octobre 2018. Le radar sera opérationnel vers la fin de 2018», indique Rajan Mungra. Entre-temps, le directeur de la station météorologique affirme que les techniciens ont déjà bénéficié de formations dans le cadre de ce projet qui coûtera environ Rs 500 millions, dont une somme de Rs 387 millions est attribuable à une subvention du gouvernement japonais, qui assure sa collaboration.
L’océanographie au service de la météo
Non, le Mauritius Oceanographic Institute (MOI) ne s’occupe pas que de la mer. Il apporte aussi son aide à la station météorologique de Vacoas, en récoltant des données instantanées et établissant des chartes de l’évolution du climat. Ainsi, avec les moyens mis à sa disposition, le centre de recherche aide la météo à faire de meilleures prévisions et à comprendre les change- ments au niveau du climat.
Avec une antenne reliée à un satellite et deux stations de réception, l’institut océanographique peut obtenir, en temps réel, plusieurs informations, dont la température de la mer. C’est de cette manière que l’arrivée des vagues de chaleurs ou de froids est détectée.
«De plus, avec un monitoring constant, il est même possible de prévoir la formation des cyclones et leur évolution» explique Beenesh Anand Motah, chef d’équipe. Les prévisions sont faites de concert avec la météo.
Mais son rôle ne s’arrête pas uniquement à la récolte de données. Le MOI analyse également ces informations pour établir des cartes et autres chartes sur l’évolution du climat.
«Nous pouvons ainsi voir les changements de températures sur plusieurs années et prédire les conditions climatiques du futur.» Les informations sont collectées et analysées par l’institut avant d’être transmises à la station météorologique de Vacoas pour des prévisions encore plus précises.
Le MOI, qui fait figure de référence dans la région, aide également divers autres secteurs. La température de l’eau contribue à prévoir le climat et à prédire les zones poissonneuses et la migration des bancs. Ces informations sont données au ministère concerné qui les transmet ensuite aux pêcheurs.
«Nos données permettent aussi de lancer l’alerte sur le blanchiment des coraux et de prévenir les autres organismes afin qu’ils prennent les pré- cautions nécessaires», avance Beenesh Anand Motah.
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