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Inde: victoire du parti de Modi à la régionale en Uttar Pradesh
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Inde: victoire du parti de Modi à la régionale en Uttar Pradesh
Le nationaliste hindou Narendra Modi a consolidé samedi son statut d'homme fort de l'Inde avec la victoire éclatante de son parti à l'élection régionale en Uttar Pradesh, État le plus peuplé du pays et coeur de l'Inde hindiphone.
Les scrutins de cette terre aux 200 millions d'habitants, qui a donné à la nation huit de ses Premiers ministres depuis l'indépendance, sont considérés comme un baromètre de popularité pour le pouvoir en place à New Delhi. Le score historique qu'y réalise le Bharatiya Janata Party (BJP) sonne comme un plébiscite pour le style politique flamboyant et autocentré du Premier ministre.
«On dit que la route de Delhi passe par Lucknow. Cette victoire met M. Modi en position extrêmement favorable pour 2019», lorsqu'il briguera un second mandat, estime Gilles Verniers, professeur à l'université Ashoka.
Avant même la proclamation des résultats définitifs, le BJP a revendiqué la victoire dans quatre des cinq scrutins régionaux en jeu - Uttar Pradesh, Goa, Uttarakhand et Manipur. Comme lot de consolation, le parti du Congrès a reconquis le Pendjab (nord).
Pour les nationalistes hindous, «c'est un mandat historique donné par le peuple de ces États», s'est félicité le chef du BJP, Amit Shah, lors d'une conférence de presse à New Delhi.
Selon un dépouillement encore partiel, à 16H30 locales (11H00 GMT), le BJP était en bonne position pour remporter 309 des 403 circonscriptions de l'Uttar Pradesh, État pauvre et rural aussi peuplé que le Brésil.
Aucune parti n'avait atteint une majorité aussi écrasante dans cette région, au complexe tissu social de castes et de communautés, depuis les grandes heures du Congrès au début des années 1980 sous le règne d'Indira Gandhi.
«Ma gratitude au peuple de l'Inde pour sa foi continuelle, son support et son affection envers le BJP. C'est une leçon d'humilité et une grande émotion», a tweeté Narendra Modi.
L'alliance de circonstance entre le parti du Congrès et le parti régional Samajwadi Party (SP) a donc échoué à faire barrage au tsunami safran. Les résultats partiels donnaient le ticket en tête dans moins d'une soixantaine de circonscriptions.
Dès la fin de matinée, devant le quartier général du BJP à Lucknow, ses partisans se lançaient de la poudre couleur safran - teinte emblématique du parti - pour la fête de Holi et distribuaient des pâtisseries, le tout au rythme enjoué des tambours.
L'Uttar Pradesh «devrait maintenant connaître un développement rapide. La corruption et le népotisme vont aussi disparaître», s'enthousiasmait Viti Kumar, une femme au foyer venue célébrer sa joie.
2019 à l'horizon
La bataille électorale pour l'Uttar Pradesh fut longue et féroce.
Au rythme de plusieurs rassemblements électoraux par jour, courant de l'un à l'autre en hélicoptère, les principaux responsables politiques de l'Inde ont labouré sans relâche la plaine du Gange depuis le début de l'année.
Le Bharatiya Janata Party avait fait de sa campagne un référendum autour de la personne de Narendra Modi, saturant l'espace de son image et de sa présence. Le charismatique et secret Premier ministre a sillonné le terrain, enchaînant les meetings diffusés en direct par les télévisions.
La pratique du pouvoir de Narendra Modi tend à instaurer «un lien direct entre le Premier ministre et la population, où les institutions et les partis n'ont pas voix au chapitre», note Gilles Verniers.
«Tout est ramené à la force et la capacité de travail d'un seul individu. On est là dans le parfait manuel du populisme», ajoute-t-il.
Malgré la pénurie d'argent liquide qu'elle a entraînée, la décision du Premier ministre de démonétiser des billets pourrait bien avoir joué en sa faveur. Il n'a eu de cesse de la présenter comme une attaque contre les riches et la corruption, se peaufinant par là une image de champion des pauvres.
Au-delà du choix des exécutifs locaux, ces votes régionaux amorcent d'ores et déjà la structuration du paysage politique indien en vue des élections législatives de 2019.
«La seule alternative possible au BJP en 2019, c'est une grande alliance de partis d'opposition», estime M. Verniers. Laminé en 2014, le parti du Congrès, qui dominait la politique indienne depuis l'indépendance, est en net déclin.
Or, au vu du scrutin au «UP», une coalition axée sur le «tous contre Modi» - qui avait fonctionné dans un grand État en 2015 - sera-t-elle en mesure de contrer le rouleau compresseur du dirigeant nationaliste ?
Selon M. Verniers, «on voit difficilement qui pourrait l'arrêter».
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