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Allégations: Des clients fictifs de la Mauritius Housing auraient eu des prêts
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Allégations: Des clients fictifs de la Mauritius Housing auraient eu des prêts
De graves allégations sur la gestion financière de la Mauritius Housing Corporation (MHC) ont été formulées dans une lettre adressée mardi 24 janvier au Premier ministre, Pravind Jugnauth. L’auteur du courrier, Ranjiv Boolauck, Head-Corporate Planning & Development/Money Laundering Reporting Officer, est interdit de ses fonctions depuis décembre.
Une copie de la correspondance a aussi été adressée au ministre mentor et ministre de la Défense, sir Anerood Jugnauth, au directeur de l’Independent Commission against Corruption (ICAC), Navin Beekarry, au commissaire de police, Mario Nobin, et au directeur de la Financial Intelligence Unit, Guillaume Ollivry.
Des arriérés de Rs 480 millions
Le haut cadre de la MHC allègue que des clients fictifs ont obtenu des emprunts de l’institution. «Ficticious customers found on MHC’s Housing Loan portfolio. (…) fictitious loans and (…) loans to ghost borrowers through ‘Prête nom’, proxy and indentity fraud.(…). All loans turned bad from their first month of payment», peut-on lire dans la lettre.
Ranjiv Boolauck ajoute qu’au 31 décembre 2015, le montant total des arriérés sur les emprunts s’élevait à Rs 480 millions. «Total arrears as at Dec 31 2015 amounted to MUR 480M which represented 5 800 cases out of which 4 216 cases are handled by recovery unit and 1 297 & 292 cases referred to Attorney & BPA respectively», écrit-il.
«27 cas de fraude»
Le cadre converti en lanceur d’alerte rappelle que le comité d’investigation sur des cas de fraude a été retiré de sa responsabilité. Il souligne aussi que depuis le 23 décembre et cela pendant au moins deux semaines, il a fait des déclarations à l’ICAC.
Il a eu l’occasion d’évoquer au moins 27 cas de fraudes avec des détails. «As a specialist in the domain I have explained clearly in my statements the nature of fraud and scale of each financial crime committed, how it was perpetrated», indique-t-il.
«Richesse inexpliquée» d’une dizaine de cadres
Citant dans sa lettre une liste de hauts cadres qui selon lui devraient être suspendus et arrêtés par la police, Ranjiv Boolauck révèle que le Fraud Committee qu’il présidait a été démantelé. Il insiste aussi sur la nécessité d’ouvrir une enquête approfondie sur ce qu’il appelle les «unexplained wealth» d’une dizaine de cadres de la MHC et demande au gouvernement et à la MHC de mettre fin à sa suspension et de procéder à une réforme de l’institution.
Dans une déclaration à l’express mercredi 25 janvier, Rajiv Boolauck maintient que les clients de la MHC doivent faire des dépositions à la police s’ils remarquent des transactions suspectes sur les comptes. Il rappelle aussi que les clients de la MHC doivent porter plainte à la police s’ils ont dû payer des frais d’architecte pour des maisons de moins de 1 200 pieds carrés.
Des allégations pour «gâcher l’image de la MHC»
Interrogé par l’express à propos des allégations formulées par Rajiv Boolauck, Hassen Abdool, Officer-in-Charge de la MHC, avance que celles-ci ne reflètent pas la réalité. Il affirme que ces déclarations ont pour objectif de gâcher l’image de la MHC et de faire peur aux clients. «Une conférence de presse aura lieu probablement ce jeudi (NdlR, aujourd’hui) pour nier les allégations portées par Rajiv Boolauck sur la gestion financière de cette institution», disait l’Officer-in-Charge mercredi.
Hassen Abdool affirme que c’est parce que Ranjiv Boolauck est interdit de ses fonctions qu’il est en train d’émettre des assertions non fondées à l’encontre de la direction de la MHC.
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