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Battue pendant 28 ans, la vie lui sourit à nouveau
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Battue pendant 28 ans, la vie lui sourit à nouveau
Une lueur d’espoir. C’est ce qu’apporte le témoignage de Rita* (prénom fictif), une femme battue qui a pu sortir de son enfer. C’est aussi un message pour toutes ces femmes qui ont fait les frais de la colère de leur conjoint.
Rita, âgée d’une cinquantaine d’années, aurait pu connaître le même sort que Marie Geneviève Jugurnauth, retrouvée morte dans un appartement, à Ébène, le dimanche 1er janvier, ou Madhvi Jaypaul, agressée mortellement au sabre. Mais après avoir subi des violences pendant 28 ans, Rita, qui est séparée de son époux Sanjay, est aujourd’hui une femme heureuse.
Quand nous l’avons rencontrée, elle s’apprêtait à aller célébrer le Nouvel An chez sa patronne, à Ébène, revêtue d’habits neufs. C’est la première fois que cette habitante de Palma, employée de maison depuis plus d’une vingtaine d’années, goûte à un tel moment de bonheur pendant la période des fêtes.
«Mo ti pé sibir sa bann atrosité-la an silans»
«Je n’ai jamais connu une vie heureuse en couple», souligne-t-elle. «Cela se passait toujours la nuit. Après avoir bu quelques verres de trop, mon mari devenait violent. Il me frappait alors que je m’étais déjà endormie. Parfwa, li lev mwa dan lanwit é apré li pil mo latet ar miray. Mo ti pé sibir sa bann atrosité-la an silans», confie-t-elle.
«A lépok, mo ti zenn. Mo ti éna zis 20 an é mo ti pé per pou rével sa mo fami kar mo ti pé trouv sa kouma enn laont.» Elle indique que Sanjay n’a jamais eu de compassion pour elle, même pendant sa grossesse. «Li pann éna pitié, mem kan mo ti ansint. Li ti pé donn mwa koudpié dan mo vant. Il m’est déjà arrivé de m’enfuir pendant la nuit, vêtue de ma robe de chambre, et de me mettre à l’abri chez ma voisine. Ziska dan pié banann mo ti pé kasiet, mo dir Bon Dié fer li pa trouv mwa, pou gard mo lavi sov.»
«J’allais travailler tous les matins pour oublier mon calvaire»
Malgré ce qu’elle subissait, Rita a toujours lutté pour être indépendante, afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille unique. «Je n’ai jamais baissé les bras et personne n’était au courant de cette souffrance qui me rongeait. J’allais travailler tous les matins pour oublier mon calvaire. J’avais la peur au ventre quand je rentrais à la maison, car je ne savais pas ce que la nuit me réservait.»
Comme elle habite la même cour que ses frères et sa mère, Rita bénéficiait de leur soutien. «Au début, mon ex-époux écoutait les conseils de mes frères, mais la situation s’est vite envenimée. Il les injuriait. Un jour, il a même mis le feu au garage de l’un de mes frères», relate Rita.
La situation devenant insupportable, elle a fait appel à la police. Au fil du temps, les plaintes se sont multipliées. Puis, la cour a émis des Protection Orders, mais cela n’empêchait pas Sanjay de frapper sa femme.
C’est la maladie qui a délivré Rita. «Finalement, il est tombé gravement malade et il est allé habiter chez sa famille. Cela a été un grand soulagement pour moi», déclare-t-elle. Aujourd’hui, elle est contente de vivre sans être agressée quotidiennement et de voir grandir sa fille qui la comble de joie.
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