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En Moldavie, deuxième tour de la présidentielle entre prorusses et proeuropéens
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En Moldavie, deuxième tour de la présidentielle entre prorusses et proeuropéens
Les Moldaves votaient dimanche pour choisir qui du prorusse Igor Dodon, vainqueur du premier tour de la présidentielle il y a deux semaines, ou de la proeuropéenne Maia Sandu serait leur prochain président.
Pour la première fois depuis 1997 en Moldavie, une ex-république soviétique déchirée entre l’Est et l’Ouest, le chef de l’Etat est élu au suffrage universel.
Les bureaux de vote ont ouvert à 05H00 GMT dans ce pays de 3,5 millions d’habitants ébranlé par une profonde crise politique après la mise au jour l’an passé d’une gigantesque fraude bancaire.
Ils fermeront à 19H00 GMT, mais aucun sondage à leur sortie n’a été organisé et les premiers résultats sont attendus à 08H00 GMT lundi.
Le taux de participation au scrutin surveillé par plus de 4.000 observateurs moldaves et étrangers a atteint environ 34% vers 12H00 GMT, a annoncé la Commission électorale.
A la mi-journée, «aucun incident ou violation grave n’ont été enregistrés», selon la même source.
Au premier tour le 30 octobre, Igor Dodon, chef du Parti des socialistes et ancien ministre de l’Economie dans un gouvernement dirigé par des communistes, a rassemblé plus de 47% des suffrages, parvenant donc presque à la majorité absolue nécessaire à la victoire.
Maia Sandu, ancienne ministre de l’Education qui a travaillé au sein de la Banque mondiale, avait quant à elle eu 38% des voix.
Au deuxième tour, la majorité simple des suffrages suffit pour être élu.
«Je suis sûr que nous remporterons une victoire avec un avantage considérable», a déclaré M. Dodon, après avoir voté.
La Russie ou l’UE ?
La présidentielle dans ce pays niché entre l’Ukraine et la Roumanie a mis aux prises les partisans d’un rapprochement avec la Russie et les défenseurs d’une intégration à l’Union européenne.
«Tous mes amis et moi avons voté pour Igor Dodon, parce qu’il promet de rétablir le partenariat stratégique avec la Russie», a déclaré au téléphone à l’AFP Vasilii Blindu, un retraité de 70 ans qui réside à Balti, dans le nord.
M. Dodon a notamment promis d’oeuvrer à modifier le volet économique de l’accord d’association avec l’Union européenne signé en 2014 par les autorités proeuropéennes moldaves au grand dam de Moscou et de faire en sorte que «nous puissions faire du commerce avec la Russie comme avec l’UE».
Cet accord a notamment permis l’ouverture graduelle du marché européen aux produits moldaves et, actuellement, la moitié des exportations de la Moldavie sont absorbées par l’UE.
Mais cette démarche a suscité la colère de Moscou qui a aussitôt imposé un embargo sur les fruits et la viande moldaves, pénalisant une population vivant principalement de l’agriculture.
Pour sa part, Mme Sandu qualifie cet accord de «base pour le développement du pays», notamment pour mettre en place des réformes et lutter contre la corruption.
«Je vais nommer des spécialistes honnêtes, décents et non corrompus», a-t-elle assuré, après avoir glissé son bulletin de vote dans l’urne.
Marcel Pruna, un étudiant de 22 ans qui a voté pour Mme Sandu à Chisinau, est convaincu : «elle fera des réformes en pratique, pas seulement en paroles».
Pouvoirs restreints
La Moldavie, dont 78% de la population est composée de Roumanophones et environ 14% de Russes et d’Ukrainiens, est l’un des pays les plus pauvres d’Europe.
41% de ses habitants vivent avec cinq dollars par jour, selon la Banque mondiale.
La Moldavie est par ailleurs ébranlée par une profonde crise politique, depuis la découverte l’an passé de la disparition d’un milliard de dollars des caisses de trois banques du pays, soit l’équivalent de 15% du produit intérieur brut (PIB).
Ces révélations avaient provoqué d’énormes manifestations, réunissant aussi bien proeuropéens que prorusses, issus de forces de droite comme de gauche. Depuis, trois gouvernements proeuropéens se sont succédé sans calmer la colère des Moldaves, qui jugent leur classe politique largement corrompue.
«Peu importe qui gagne les élections, les citoyens seront très déçus», prédit d’ailleurs l’analyste Vitaliy Andrievskiy, directeur de l’Institut de la politique efficace.
«Le mode d’élection a changé, mais les pouvoirs du président sont restés les mêmes. Le président a des pouvoirs très retreints et ne peut rien décider sans le parlement et le gouvernement», rappelle-t-il.
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