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Non-violence

2 octobre 2016, 14:15

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Le 2 octobre 1869 naissait, dans l’État du Gujerat, dans l’Inde de l’empire britannique, un petit garçon qui allait changer à tout jamais le destin de son pays. Et la destinée de centaines de millions de gens, non seulement en Inde mais aussi à travers le monde. Ce petit garçon s’appelait Mohandas Karamchand Gandhi. Et plus tard, bien qu’il refusa toute sa vie d’associer ce titre à son nom, le monde le connaîtra, et le reconnaîtra, comme le Mahatma (grande âme, en sanskrit) Gandhi. Grande en effet fut l’âme de celui qui est, à juste titre, considéré comme le Père de la nation indienne. Le Mahatma Gandhi a été l’incarnation, sinon un des précurseurs le plus notable, d’une philosophie de vie : la non-violence. Et cette philosophie de la non-violence a influencé bon nombre de militants et d’activistes des droits civiques et de libération dans le monde.

Libération. Le mot est lancé. Gandhi a été celui qui a su insuffler un esprit de révolte et de prise de conscience citoyenne chez ses compatriotes, ce qui plaça l’Inde sur le chemin de son indépendance. Car l’Inde de cette fin du XIXe et du début du XXe siècle était le joyau de la couronne de l’empire britannique. Qui dictait ses lois coloniales à l’ensemble du sous-continent, et à bien d’autres pays (tels que Maurice). Gandhi, de par son éveil graduel vers une plus grande justice sociale et une humanité empreinte de dignité, rallia autour de lui la masse de la population indienne victime des lois rétrogrades, des abus de pouvoirs, des discriminations en tous genres, des exploitations cruelles, de l’asservissement de la femme, du manque d’éducation et d’accès aux besoins humains de base et surtout d’une privation de liberté. Gandhi, devant la toute puissance du Raj britannique, fit rempart de sa frêle silhouette pour offrir protection, assurance et espoir au peuple indien.

C’est ainsi que la campagne nationale pour le «Swaraj», la libération de son pays et de son peuple de toute domination étrangère, est lancée dès 1915, après son retour d’Afrique du Sud. Pays qui comportait une forte population d’origine indienne et qui lui a permis de faire ses premières armes en matière de défense des droits humains et de politique. Cette campagne, basée sur la théorie du «satyagraha», la force née de la vérité et de l’amour, se voulait une résistance à l’oppression et un appel à la désobéissance civile de masse. Elle gagna en popularité et en légitimité année après année. Gandhi fonda cette théorie sur la philosophie de l’«ahimsa», la non-violence. C’est ainsi que pour protester contre une taxe sur le sel imposée par les Anglais et que tous ses compatriotes devaient payer, Gandhi organise la fameuse marche du sel, longue de plus de 400 km, qui vit des milliers d’Indiens converger vers la mer pour collecter leur propre sel. Pacifiquement. La marche débuta le 12 mars 1930 et dura plus de trois semaines. Bien des années plus tard, le Dr Seewoosagur Ramgoolam, quand vint le moment de proposer une date pour l’indépendance mauricienne, choisit le 12 mars en hommage à Gandhi et à son combat pour l’indépendance indienne.

«Quit India». Gandhi passe à la vitesse supérieure dans son mouvement de non-coopération et de recherche de l’indépendance totale de l’Inde pendant la Seconde Guerre mondiale, en exigeant que les Britanniques quittent le pays. Et c’est ainsi qu’en août 1947, après des années de lutte, avec toujours pour principe la non-violence, Gandhi voit son rêve se réaliser. Mais en partie seulement, car l’Inde se voit partitionnée entre hindous et musulmans, ce qui lui brisa le coeur, lui l’ardent défenseur du rapprochement et de la fraternité entre gens de différentes croyances religieuses, entre autres.

Le Mahatma Gandhi, cet apôtre de la non-violence, voit son oeuvre de paix, de tolérance et de compréhension ancrée dans le temps par la résolution des Nations unies qui, en 2007, décréta que le 2 octobre soit décrété Journée internationale de la non-violence. Que le Mahatma nous inspire, nous Mauriciens, de par sa philosophie humaine car «la non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa portée. Elle est plus puissante que l’arme la plus destructive inventée par l’ingéniosité de l’homme…»

 

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