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Rony Rabaude: «Cela m’a permis de découvrir une autre facette de ma vie»
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Rony Rabaude: «Cela m’a permis de découvrir une autre facette de ma vie»
Le trail a été une sorte de révélation pour lui. Rony Rabaude avait l’habitude, jusque-là, de courir après un ballon. Depuis janvier dernier, il court librement dans la nature et a trouvé sa voie entre discipline et hygiène de vie. Si 2016 a été pour lui l’année de la découverte d’un nouveau genre d’effort, 2017 sera celle d’une nouvelle quête d’excellence.
Depuis quand pratiquez-vous le trail ?
Bien avant le foot, je pratiquais l’athlétisme au collège. Quand est venu le moment de choisir entre ces deux sports, j’ai préféré le foot. J’ai commencé une carrière en première division nationale. Je suis devenu papa un an après mon mariage et j’ai décidé d’arrêter le foot professionnel. Mon beau-fère, Yannick Noisette, avait découvert le trail un an avant et c’est lui qui m’a encouragé à m’adonner à cette spécialité.
Il ne serait pas faux de dire que dans votre vie, il y a un avant et un après trail…
J’ai toujours été actif. Je me sentais mal dans mon corps. Je cherchais une autre voie, je voulais garder la forme. Mon beau-frère m’a invité à découvrir le trail. Il a su être persuasif. Il me disait : «Tu aimeras car tu aimes courir.» À la fin de l’année dernière, j’ai pris la décision d’écouter son conseil et de commencer le trail.
Décrivez-nous le Rony Rabaude que vous étiez avant de commencer la pratique du trail ?
J’avais toujours été un sportif. J’étais mal dans ma peau. Depuis mon entrée à l’école de foot, tous les mois je cherchais un sport à pratiquer. Rester inactif trop longtemps m’avait fait prendre quelques kilos. C’était le moment d’inverser cette tendance. Le football, je ne l’ai pas complètement délaissé. Je joue encore avec mon équipe, Le Cornu Falcon Boys, en troisième division régionale même si nous n’avons pas de terrain où nous entraîner. Il y a bien le terrain de foot du collège Père Laval à deux pas de chez nous mais nous ne pouvons l’utiliser car il appartient à l’Église. Cela ne nous empêche pas de réaliser de bons résultats et de grimper dans les divisions supérieures. J’aimerais vraiment que quelqu’un entende notre appel. Je ne parle pas uniquement pour moi mais aussi pour les plus jeunes.
Et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé dans votre vie ?
Faire du trail, c’est une bonne chose pour la santé. Il n’y a qu’à voir le nombre de jeunes qui meurent dans des accidents, bêtement, ou à cause de la drogue synthétique. Je sais que cette voie-là n’est pas la mienne. Je préfère me donner à fond dans un sport et me sentir socialement bien avec l’encouragement de ma femme Cinzuella et de ma fille Irina.
Que vous a apporté le trail ? Discipline ? Hygiène de vie ?
Les deux : la discipline et l’hygiène de vie.
Était-ce facile de décider de rompre de façon drastique avec les mauvaises habitudes ?
Mon corps n’était pas «rouillé». C’est juste que je ne me sentais pas bien. Mon ventre s’arrondissait. Ce n’était pas moi que je voyais dans le miroir. Il m’arrivait d’aller courir un dimanche matin, pour le «keep fit», d’effectuer un parcours de santé ou de me rendre dans les Gorges à Rivière-Noire.
Mon beau-frère a été un catalyseur. Il m’a dit : «Tu pourras. Tu as le physique et les qualités pour y arriver.» Nous y sommes allés à trois, avec notre ami Linley Thuposy, 52 ans. Il nous apporte son expérience.
Le trail a provoqué en vous une prise de conscience salvatrice ?
Oui, ça a été une bonne décision. Cela m’a permis de découvrir une autre facette de ma vie. C’est un nouveau chapitre qui s’est ouvert.
Et depuis vous vous entraînez combien de fois par semaine ?
Je m’entraîne deux à trois fois par semaine. Je me rends à la Montagne-des-Signaux, à la Citadelle, au Champ-de-Mars. Les dimanches, il m’arrive de courir du Dauguet au Pouce ou de me rendre dans les Gorges à Rivière-Noire. J’ai fait récemment le parcours qu’emprunte le Zig-Zag Trail. Sinon, nous avons ce que nous appelons «notre circuit» : Le Cornu, Terre Rouge et retour. Cela fait environ 5 km.
Vous ne ratez plus aucun trail ou presque ?
Je ne me suis pas bien préparé pour cette saison 2016. J’effectue plus une reconnaissance cette année. Je me prépare pour la saison 2017. Je remercie BrandActiv qui m’a offert un parrainage.
«Le trail, c’est un autre esprit. C’est un groupe d’amis qui courent en- semble, qui se connaissent, s’entraînent ensemble. »
Votre nouvelle façon de vivre a-t-elle eu un impact positif sur votre entourage aussi ?
Sur les membres de votre famille ? Vos amis ? Mon épouse n’est pas une sportive de nature. Quand je vais m’entraîner, mes belles-sœurs, mes cousins, mes amis et les beaux-parents ont envie d’y aller aussi. Nous devenons une source d’inspiration pour eux. Ils veulent savoir ce que nous avons réalisé durant notre course, notre classement, le nombre de participants.
Ils veulent courir aussi. Nous avons pu convaincre deux à trois amis de prendre part à un trail il y a trois mois. Mais ils n’ont pas continué.
Que dites-vous aujourd’hui aux personnes que vous côtoyez quand vous sentez que vous pouvez partager avec elles votre nouvelle vision du sport ?
Certains amis se sauvent quand ils nous voient et entendent le mot courir. Nous les encourageons à courir à leur rythme, en fonction de leur niveau. Certains tentent un trail et puis disparaissent. Nous ne disons que des choses positives sur le trail.
Un esprit sain dans un corps sain : ce n’est pas qu’une jolie phrase. Elle mérite d’être vécue car elle transforme un homme ?
Oui. Le trail a transformé ma vie. Nous essayons tout le temps de nous rendre au trail avec un maximum de gens, de ne pas y aller seul. Le trail, c’est un autre esprit. C’est un groupe d’amis qui courent ensemble, qui se connaissent, s’entraînent ensemble.
Aujourd’hui, j’ai constitué mon groupe d’amis trailers. Ils me connaissent, me reconnaissent. Je cherche et j’obtiens les conseils des anciens, des coureurs expérimentés.
J’ai débuté le travail en vue de la saison prochaine. Je suis assez satisfait de mes performances jusqu’ici. J’ai terminé tout le temps parmi les cinquante premiers. Mes chronos aussi ont été assez corrects. J’ai couru les 12 km de Sicom – Les Foulées de l’Espoir en moins d’une heure. Jusqu’ici j’ai pris part à GML on the Move, au Royal Raid, au trail de Radio One, au Zig-Zag Trail, au trail de Case Noyale et à Sicom – Les Foulées de l’Espoir.
Quel est le prochain défi que vous-vous lancez ?
Le Moka Trail 15 km le 1er octobre. Ce sera mon premier Moka Trail. Si je termine parmi le Top 25, ce sera une bonne perfor- mance pour moi. J’espère d’ici à la fin de l’année rallier l’arrivée parmi les dix premiers. J’ai pris la deuxième place en mars lors de GML on the Move et la neuvième à l’occasion de Sicom – Les Foulées de l’Espoir. Ma meilleure performance lors d’un trail a été ma seizième place sur 12 km lors du championnat de Maurice à Case Noyale (NdlR : 23 juillet 2016).
Je compte aussi participer à Cut le 19 novembre à Port-Louis. On peut courir seul ou en groupe de 5 à 15 personnes. On a décidé d’y aller avec un groupe d’amis.
Avec quel objectif ? Prendre plaisir à chaque foulée et sur- tout franchir la ligne d’arrivée ?
Oui. C’est quand quelqu’un tombe malade qu’il se décide à prendre des précautions. Pourquoi ne pas le faire quand on est jeune ?
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