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Quelle éducation ?

14 septembre 2016, 15:19

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C’est très tentant pour les partis politiques d’opposition de faire de la récupération partisane sur la question des 90 % de présence pour les élèves qui passeront les examens du SC et du HSC. Oui, les règlements du ministère de l’Éducation ne sont peut-être pas clairs en ce qui concerne le mode de calcul pour ces présences. Car ces règlements ont changé à plusieurs reprises en cours de route, le dernier changement étant survenu ce jeudi. Oui, il est évident que le ministère a souffert d’un déficit de communication (presse, médias, lettres aux parents, communiqués, etc). Bien sûr que les enseignants n’ont eu de cesse de rappeler aux élèves, depuis l’année dernière, qu’ils doivent faire acte de présence pour au moins 90 % de la période établie, sous peine de devoir rembourser les frais d’examens payés, pour eux, par le gouvernement. Les profs ont fait leur travail. Et il ne faut pas les blâmer. Oui, le gouvernement a promis de payer la totalité des frais, pour tous les élèves.

Mais, de grâce, la politique politicienne ne doit pas cautionner au moins une chose : l’indiscipline des élèves. Des politiciens qui aspirent à reprendre le pouvoir doivent se montrer responsables et fermes devant ces actes d’indiscipline commis dans plusieurs collèges ces derniers jours. Il y a tant d’autres sujets qui fâchent et dans lesquels le gouvernement est en train de s’embourber. Autant de terrains fertiles pour l’opposition. Par contre, là où il s’agit de faire respecter des règlements, gouvernement et opposition peuvent faire cause commune. C’est le bon exemple à donner aux jeunes.

Ces jeunes, parlons-en. Ils sont les premiers coupables de cette situation. Ils savent, tous, depuis l’année dernière, que le critère de 90 % de présence au collège allait être appliqué en 2016. Les recteurs et les profs n’ont eu de cesse de le répéter. Car l’absentéisme, surtout aux 2e et 3e trimestres, est devenu chronique. C’est le moyen, peut-être pas le meilleur, que le ministère de l’Éducation a trouvé pour contrer ce phénomène. Mais qu’ont fait un grand nombre de ces ados de 15 à 18 ans ? Ils ont fait la sourde oreille. Aidés en cela par les autres coupables, les parents. Car les parents savent bien que leurs enfants ne vont plus au collège à ces périodes cruciales. Leurs enfants font tout : rester à la maison ; paresser ; aller se promener dans les «shopping-malls» et sur les plages ; jouer à «Pokémon Go» ; faire des sorties entre amis, et faire acte de 100 % de présence aux leçons particulières, entre autres. Tout, sauf aller au collège. Comme cela aurait dû être la norme. Car les élèves sont supposés être dans les classes aux 2e et 3e trimestres ! Pas à la maison ou ailleurs !

Venons-en au «sit-in» et autres protestations. Quoi ? Nos jeunes amis disent que leurs parents ne peuvent pas payer ces frais d’examens ? Mais fallait faire acte de présence à l’école, pardi ! Donc, si on suit la logique, ils ont l’éducation gratuite, le transport gratuit, les frais d’examens gratuits et maintenant, peut-être qu’il faudra les payer pour aller à l’école ? Chers élèves, vos parents n’avaient pas tout ça : ils payaient leur transport, allaient à l’école régulièrement, RESPECTAIENT leurs profs et AUSSI, leurs parents à eux devaient payer la TOTALITÉ des frais d’examens pour leurs enfants. Sans rechigner. Dans des conditions salariales bien plus contraignantes que maintenant. Alors, de grâce, ne jouez plus les bébés qui viennent de naître : si aujourd’hui la situation a échappé à votre contrôle, c’est parce que VOUS vous êtes foutu dedans. Et ce n’est surtout pas le gouvernement ou vos profs qui sont les responsables.

Quand on voit cette hypocrisie généralisée autour de ce sujet, et le silence coupable des parents, on peut se poser la question légitime de la finalité de l’éducation reçue par nos enfants. Quelle éducation ? Oui, ce système n’est pas parfait. Oui, les politiques n’ont pas le monopole du savoir : faut bien un jour commencer par tendre l’oreille vers ces pédagogues, ces sociologues, ces innovateurs techno-pédagogiques qui crient leur ras-le-bol du présent système éducatif. Et qui préconisent des changements. À commencer par un changement de paradigme : sortir de notre système «d’examens» pour aller vers un système «d’éducation». Où l’apprentissage ne se fera pas uniquement pour réussir des examens. Mais prendra en compte le développement social, affectif, cognitif, artistique, physique tout aussi que pédagogique de l’enfant. Afin de ne plus avoir des générations de mal élevés, d’égoïstes, qui croient qu’on leur doit tout. Et qui ne connaissent pas la valeur de la «gratuité»…

 

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