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Prêts toxiques de Rs 150 M: Beerjeraz référé à la police

2 septembre 2016, 08:33

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Prêts toxiques de Rs 150 M: Beerjeraz référé à la police

La MauBank a remis le dossier à charge à la police, à la Banque de Maurice (BoM) et à la Financial Intelligence Unit. Rooplall Beerjeraz, propriétaire foncier et promoteur immobilier du groupe Beerjeraz, y est-il expliqué, aurait bénéficié des largesses de l’ancienne direction de l’ex-MPCB (Mauritius Post & Cooperative Bank) sous forme de prêts totalisant Rs 150 millions. Contre des garanties… fictives.

Ainsi, après Rakesh Gooljaury, Rooplall Beerjeraz, autre client privilégié de l’ex-MPCB, risque de se retrouver dans de beaux draps. Initialement, ces prêts de Rs 150 millions étaient destinés à développer un projet immobilier à Albion pour le compte de la famille Beerjeraz, dont un des partenaires est considéré comme un proche de l’ancien gouvernement. Il s’avère que pour pouvoir emprunter de la banque, Rooplall Beerjeraz avait mis un certain nombre de terrains, dont il «dispose», en hypothèque. Notamment une vingtaine d’arpents de terre à Albion et des immeubles à Coromandel.

Sauf que certains de ces terrains enregistrés dans une société holding, Saint Alexy, n’ont jamais existé. Alors que d’autres couvraient à peine la valeur des prêts sollicités. Sans compter que certaines sociétés incorporées étaient fictives. «Ce sont les conclusions d’une étude forensic qui a permis à la banque de découvrir le pot aux roses», laisse entendre une source proche de la direction de la MauBank, fruit de la fusion de l’ex-MPCB et de la Bramer Banking Corporation.

«L’ancienne direction, représentée par Rajiv Beeharry-Panray, est montrée du doigt dans cette affaire, comme dans le cas de Rakesh Gooljaury. Notamment pour sa générosité envers un bénéficiaire qui n’avait pas fourni les garanties nécessaires. Mais aussi pour non-respect des banking laws, guidelines and instructions de la BoM», ajoute notre source.

Nous avons vainement tenté d’entrer en contact avec Roopllall Beerjeraz.

«High-profile cases»

Dans le même temps, on apprend que la MauBank planche sur plusieurs autres bénéficiaires, qui ont été favorisés sous l’ancienne direction. Il s’agit de «high-profile cases», explique-t-on. Des dossiers ont été ficelés et seront prochainement soumis aux différentes instances régulatrices et policières.

Entre-temps, un autre protagoniste dans cette affaire, Rakesh Gooljaury, donne toujours du fil à retordre à la MauBank. Celle-ci a engagé des poursuites contre l’homme d’affaires qui a obtenu de l’ex-MPCB Rs 509 millions pour développer ses divers business liés à Fashion Style, détenteur de la franchise de plusieurs griffes internationales. À ce jour, l’ex-partenaire d’affaires de Nandanee Soornack se trouve dans l’incapacité de rembourser le montant emprunté.

La MauBank s’attend que cette affaire soit prise sur le fond pour espérer au moins récupérer une partie du montant du prêt consenti à Rakesh Gooljaury. Mais dans les milieux concernés, on est plutôt pessimiste. En effet, un audit mené par le cabinet Ernst & Young, en mai de l’année dernière, a révélé que l’ex-MPCB a avancé des prêts toxiques évalués à Rs 1,7 milliard à 16 entités et individus.

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