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Gestion des biens de familles fortunées : une opportunité inexploitée
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Gestion des biens de familles fortunées : une opportunité inexploitée
C’EST un secteur qui a été mentionné dans le dernier Budget. Le gouvernement compte créer une licence pour la création d’Overseas Family Corporations à Maurice. Quasi méconnu du grand public, ce type de service a le potentiel de devenir une véritablement manne financière pour le pays mais pas que. Le potentiel en termes d’emploi est tout aussi important. Mais de quoi s’agitil exactement ? Quel serait l’apport de ce secteur à notre économie ?
Selon Rubina HossenAlly, Head of Trust chez Cim Global Business, le service de family office offre tout un ensemble de compétences et de structures dédiées à la gestion et à la protection de la fortune des high net worth families afin qu’elle soit transmise aux générations futures.
Il y a deux types de family office soit le single family office et le multiple family office. Le premier gère la fortune d’une seule famille fortunée alors que le second comprend surtout des management companies qui gèrent la fortune de plusieurs clients.
Si les family offices n’existent pas en tant que tels à Maurice, il y a toutefois des Private Trusts qui possèdent plus ou moins les mêmes fonctions, explique Rubina Hossen-Ally. «Par exemple, en utilisant une Private Trust Company en tant que family office, les familles fortunées peuvent bénéficier d’une structure appropriée pour la gestion de leurs biens. Cela, en permettant aux membres de leur famille d’avoir le contrôle sur la prise de décision car la Private Trust Company agit comme administrateur des biens de la famille», avance-t-elle. Elle précise que dans le cas des Private Trust Companies, plusieurs services peuvent être mis à la disposition des clients, tels que la conciergerie ou encore des solutions d’investissement.
Quel serait donc l’apport d’un cadre légal et d’une licence pour la création d’Overseas Family Corporations ? À cette question, notre interlocutrice soutient que cela encouragerait les familles très fortunées à se tourner vers Maurice pour la gestion de leurs biens.
De plus, comme elle fait le ressortir, les possibilités d’emplois ne manquent pas. «Un family office offre généralement une gamme de services spécialisés ayant trait à la fiscalité, la planification successorale, la conciergerie, la comptabilité ou encore la gestion d’actifs. Il y aura donc une demande pour ce type de services afin de développer l’industrie en question», note la Head of Trust de CIM Global Business.
Sanjeev Gopaul, Chief Executive Officer de Credentia Group, société qui opère dans le Global Business, abonde dans le même sens. Il avance toutefois que Maurice est en retard sur bien des aspects. «Pour que cette industrie puisse se développer comme c’est le cas dans les pays européens ou asiatiques, par exemple, il faut que nos différents prestataires de services, ainsi que les opérateurs, soient de très haut niveau, que ce soit en termes de service de conciergerie, au niveau bancaire, fiscal et même au niveau de notre connectivité Internet», soutient-il, ajoutant que ce n’est pas encore le cas pour cette industrie.
De plus, il souhaiterait avoir davantage de détails sur le cadre légal qui sera mis en place pour la création d’Overseas Family Corporations. Quid de la concurrence étrangère ? Pourquoi une famille fortunée étrangère viendraitelle placer la gestion de ses biens à Maurice alors que le même service existe depuis plusieurs décennies dans d’autres juridictions comme la Suisse, les États-Unis et Singapour par exemple ?
«Maurice est certes encore très loin face à ces pays, mais nous possédons des atouts non négligeables, comme la sécurité ou encore la stabilité politique. Nous ne sommes pas un pays en guerre, ni en proie au terrorisme, des éléments qui peuvent jouer en notre faveur», assure notre interlocuteur.
UNE INDUSTRIE QUI SE CONJUGUE EN MILLIARDS
Oubliez les millions, car ici tout se compte en milliards. Pour cause, l’industrie des «family offices» est un secteur qui pèse des milliards de dollars à l’étranger. Si le secteur demeure méconnu à Maurice et relativement nouveau en Afrique, en Europe, aux États-Unis et en Asie, l’industrie des «family offices» est bien ancrée dans le secteur financier. Le Luxembourg, Singapour ou encore la Suisse sont connus pour abriter les plus gros «family offices» au monde.
Si au départ, les riches familles venaient surtout des États-Unis et d’Europe, les nouveaux riches asiatiques utilisent également ce type de structure pour gérer leur fortune. Parmi les richissimes familles à utiliser les «family offices», l’on retrouve, par exemple, les Rockfeller aux États-Unis, ces derniers étant parmi les premiers à avoir recours à ce genre de firme.
Dans la liste des plus grosses sociétés de «family office» au monde publiée par «Bloomberg» en 2015, on retrouve en haut du classement la Bank of New York Mellon Wealth Management, le groupe suisse UBS Global Family Office Group ou encore la HSBC Private Bank.
Sur notre sol, la structure de Private Trust Company est aussi utilisée par quelques familles fortunées mauriciennes.
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