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La maternité est aujourd’hui un choix et un engagement
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La maternité est aujourd’hui un choix et un engagement
Une population vieillissante, un impact économique certain, un manque de main-d’oeuvre… Autant de conséquences que Maurice pourrait devoir affronter si le taux de natalité continue à piquer du nez, expliquent les experts. Car selon les dernières Gender Statistics, publiées la semaine dernière, le pourcentage de naissances continue à baisser. Si çà et là, des voix se sont élevées pour mettre l’accent sur l’importance que les couples fassent plus d’enfants, «avoir un enfant n’est pas aussi simple. De plus, c’est une importante responsabilité et surtout un engagement à prendre», indique une mère de trois enfants. Si cette dernière a tenu à garder l’anonymat, elle a accepté de partager son histoire.
«Après avoir terminé mes études, j’ai rapidement commencé à travailler et peu après, je me suis mariée et je suis tombée enceinte. J’ai continué à travailler mais la fatigue commençait à prendre le dessus», raconte notre interlocutrice. Alors qu’elle était manager dans une banque, elle sentait que c’était de plus en plus difficile de concilier vie familiale et professionnelle. Elle a donc décidé de mettre sa carrière en suspens. «Pour moi, c’était important de me consacrer à mes rôles d’épouse et de mère à ce moment-là.»
Comme ses garçons ont maintenant 14, 13 et 11 ans, elle a repris le chemin du travail. Elle est employée à plein temps mais essaie toujours de trouver du temps pour ses fils. «Élever des enfants n’est pas une mince affaire. Il faut être committed», fait-elle ressortir, avant d’ajouter que «si on ne peut s’occuper des enfants, je conseillerai de réfléchir à deux fois avant d’en avoir». Cette mère ajoute que si elle a pu se «permettre financièrement» de s’accorder un temps sabbatique, elle est «consciente que toutes les femmes n’ont pas les moyens de prendre des congés au-delà du congé de maternité autorisé et je pense que c’est l’une des principales raisons expliquant pourquoi beaucoup de femmes choisissent de ne pas avoir d’enfant.»
Vidya Charan, directrice exécutive de la Mauritius Family Planning Welfare Association (MFPA) est du même avis. Elle indique que «beaucoup de personnes se trouvent dans des situations financières difficiles, surtout avec le coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. C’est un choix qu’elles font car elles savent qu’elles ne pourront pas donner à l’enfant tout ce dont il aura besoin.»
Un autre facteur qui expliquerait également la baisse du taux de naissances est une baisse dans la fertilité en raison de l’âge qui entre, selon Vidya Charan. «Il est conseillé aux femmes d’avoir des enfants entre 20 et 30 ans mais de nos jours, certaines femmes préfèrent attendre au-delà e cet âge. Mais quand elles se décident finalement à concevoir, leur corps ne le leur permet plus.» Ce choix, poursuit-elle, est souvent dû à une envie de se dédier à sa vie professionnelle. Les femmes aspirent à avoir une carrière et choisissent ainsi de retarder leur première grossesse ou de ne pas avoir d’enfant.
«La maternité ne devrait pas être synonyme de sacrifice.»
La directrice de la MFPA souligne, cependant, l’importance de trouver certaines solutions pour encourager les femmes à avoir des enfants. «Les prix des traitements pour la stimulation hormonale et même de l’infertilité dans le privé devraient être revus à la baisse, tout comme les coûts des produits nécessaires à l’enfant tels que ceux du lait, des couches, des produits de soins, entre autres.» Selon elle, il serait aussi primordial d’organiser davantage «de campagnes de sensibilisation pour encourager les couples à faire des enfants mais aussi de mieux encadrer et d’accompagner les couples pour les encourager à devenir parents».
Il conviendrait, par ailleurs, de privilégier les horaires de travail flexibles (flexitime), explique Vidya Charan. «Si une femme qui travaille veut avoir un enfant, avec l’introduction du flexitime, elle saura qu’elle peut accorder du temps à son enfant avec ses horaires nouvellement aménagés.»
Marie Noëlle Elissac-Foy, directrice de Talent Factory, estime aussi que les entreprises devraient adopter les horaires de travail flexibles pour encourager la femme à devenir mère. Cette femme entrepreneur reconnaît que si elle avait eu un enfant, sa vie aurait été totalement différente.
Si pour elle, ce n’est pas étonnant que la Mauricienne décide de ne pas avoir d’enfant, car «la femme a plus d’opportunités de carrière. Cela dit, ce taux de natalité qui baisse pousse, néanmoins, à réfléchir».
Marie Noëlle Elissac-Foy déplore également que la femme ait à choisir entre avoir une carrière et devenir mère. «Beaucoup se disent they cannot have it all mais la maternité ne devrait pas être synonyme de sacrifice. La société devrait reconnaître qu’une femme peut aspirer à avoir des enfants, tout en ayant une vie professionnelle.»
Elle trouve que plusieurs solutions pourraient être adoptées, à l’instar de nouvelles méthodes de travail. «Maurice devrait faire preuve d’innovation, utiliser les nouvelles technologies et permettre le travail à distance, par exemple.» Marie Noëlle Elissac-Foy estime toutefois que «dans toute cette question, la première étape serait d’entamer le dialogue. Que les autorités, les responsables d’entreprises et les femmes se rencontrent, qu’il y ait une communication afin d’encourager la Mauricienne à concevoir.»
Elle conclut en indiquant que souvent la femme fait face à un choix. Mais à ses yeux, la femme doit savoir ce qu’elle désire vraiment et établir ses priorités. «Si une femme veut devenir mère, elle ne doit pas repousser ce besoin d’épanouissement : elle doit apprendre à s’écouter.»
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