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Vans marrons: illégaux mais jugés plus confortables et rapides

27 juin 2016, 16:35

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Vans marrons: illégaux mais jugés plus confortables et rapides

 

Pourquoi des passagers préfèrent-ils voyager dans les vans marrons, se mettre en danger et enfreindre la loi plutôt que de prendre l’autobus? «Pas possible d’avoir une place pour effectuer le trajet Surinam-Ébène», râle un passager qui habite le Sud.

Il préfère ainsi braver les autorités et voyager dans ces fourgonnettes illégales. «Il faut attendre 30 à 45 minutes pour avoir un autobus. Ce qui n’est pas évident quand nous sommes pressés le matin.» Autre argument : ces fourgonnettes illégales effectuent le trajet plus rapidement. Pour le prix d’un ticket d’autobus.

La route la plus fréquentée par ces transports illégaux est le trajet Souillac-Curepipe, Chemin-Grenier- Bois-Chéri-Curepipe ou encore Port-Louis.

«Lorsqu’un van marron passe par là, cela m’aide.»

«Chaque matin, c’est un parcours du combattant», confie pour sa part un habitant de Tyack. Il est à l’arrêt d’autobus avec une vingtaine d’autres personnes vers 6h30. Pour prendre le bus de 6h45 en direction de Port-Louis où il arrive normalement vers 8h30. «Si jamais je rate ce bus, je rentre au travail avec plus de 45 minutes de retard.» Puis, il faut compter le fait que les autobus sont souvent bondés. Donc, attendre le prochain bus, prévu  30 minutes plus tard, le mettra encore plus en retard. «Lorsqu’un van marron passe par là, cela m’aide.»

Ce qui séduit encore plus, c’est la durée du trajet. Pour rallier Nouvelle-France lorsqu’elle rentre du boulot de Port-Louis, une habitante du Sud explique que le trajet lui prend environ une heure et 20 minutes. «Il faut composer avec les embouteillages, les arrêts multiples des bus, les détours par Ébène et parfois Réduit… Très souvent, il y a des fourgonnettes qui descendent dans le Sud. Avec ce moyen de transport, cela prend 50 minutes pour rentrer», confie-t-elle.

L’État pourra-t-il venir à bout de cette activité illégale? Outre les opérations «crackdown», du côté de la Compagnie nationale de transport, l’on se dit aussi conscient de ce besoin d’un service de qualité, notamment avec les semi-low floor buses.

Mais c’est sans compter avec la hargne de ces opérateurs illégaux. «Lorsque je me rends dans le Nord pour récupérer des employés, j’en profite pour transporter des gens qui se rendent à Port-Louis», dit un opérateur illégal. Cela «pour arrondir mes fins de mois car il faut payer la taxe routière, le permis d’opération, l’assurance, le carburant, l’entretien d’un véhicule avec un moteur de trois litres. Li pa fasil…»

Opération crackdown en vue

<p>&laquo;<em>Nous avons déjà une liste des véhicules marrons et nous allons bientôt lancer le projet crackdown avec la collaboration de la police, la National Transport Authority et la Compagnie nationale de transport, entre autres</em>&raquo;, indique le ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha. Mais d&rsquo;abord, il compte revoir la loi avec le projet de vignettes pour les véhicules actuellement mis en suspens.</p>

<p>Du côté de la <em>Contract Bus Owners Association</em>, l&rsquo;on précise que les régions où il y a le plus de véhicules marrons sont le Sud et Port-Louis. &laquo;<em>Il faut surtout augmenter le nombre d&rsquo;autobus dans certaines régions. Il n&rsquo;y aurait pas de véhicules marrons si les gens n&rsquo;avaient pas à beaucoup attendre pour avoir un autobus</em>&raquo;, dit Shameem Sahadut, propriétaire d&#39;un&nbsp;<em>contract van</em>.</p>

 

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