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Éducation: les parents, premiers enseignants !

21 juin 2016, 06:16

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Éducation: les parents, premiers enseignants !

 

Il est important de faire comprendre aux enfants qu’un désaccord ne se règle pas par des coups.

Face à la montée de la violence dans les écoles, les pédagogues en perdent leur latin. Mais il existe quelques méthodes visant à inculquer la discipline qui portent leurs fruits…

Drogue, mauvais comportement, violence… Tels sont les fléaux auxquels de nombreuses institutions scolaires doivent faire face depuis quelque temps. Les rencontres et débats se sont, notamment, multipliés la semaine dernière, à la suite de l’agression d’un jeune au sein du collège John Kennedy (NdlR : le jeudi 9 juin). Les pédagogues et autres spécialistes tentent de remédier à ces problèmes qui inquiètent et veulent trouver une méthode efficace pour inculquer davantage de discipline dans les écoles. Il s’avère, toutefois, qu’il faudrait peut-être chercher ailleurs – trouver la solution à la maison et du côté des parents. Françoise Labelle, représentante locale de Gordon Training International et formatrice accréditée à Gordon P.E.T Mauritius, en est convaincue et estime que cet apprentissage commence chez soi. Elle nous en parle.

Ce problème de violence est dû à des facteurs multiples et le flot d’informations pourrait en être un. «Le jeune qui a constamment accès à différentes informations, n’arrive pas à faire le tri entre ce qui est bon ou mauvais. Il fait face à une collision de valeurs entre celles inculquées par ses parents et ce qu’il voit sur Internet, à la télévision, entre autres. C’est ce qui provoque la confusion», indique Françoise Labelle.

Selon cette dernière, une autre cause d’un comportement agressif de l’enfant serait la «violence éducative». La méthode utilisée pour enseigner la discipline à un enfant est souvent inefficace. «À Maurice nous voulons toujours‘dresser’ nos enfants et pour le faire nous utilisons souvent la punition corporelle : si son comportement est inacceptable, nous le frappons, si nous sommes en désaccord avec lui, nous le frappons, souligne la formatrice. Mais il faut réaliser  qu’en faisant cela, nous transmettons la violence à notre enfant – nous lui apprenons à être brutal.»

Elle ajoute aussi que le souci majeur est que, généralement, le parent ne possède pas les outils nécessaires pour élever correctement son enfant. Et qu’il est important de savoir que le problème ne se trouve ni chez le parent, ni chez l’enfant mais plutôt dans leur relation.

«Chez Gordon P.E.T Mauritius nous apprenons à ces personnes à être des parents efficaces et nous les aidons à construire une relation saine entre elles et leurs enfants», confie Françoise Labelle. Voici trois méthodes proposées durant les formations que vous pouvez adopter.

Privilégiez le «message-je» quand le comportement de votre enfant vous dérange. Il s’agit notamment de lui décrire sa conduite inacceptable, d’exprimer vos sentiments et de lui expliquer l’effet tangible que peuvent avoir ses actions. Cette méthode vous aidera à faciliter sa compréhension et il ne manifestera pas de résistance.

Si, par exemple, votre enfant frappe son petit frère, évitez de lui dire «ne fais pas ça». Vous pouvez ainsi reformuler : «Lorsque tu frappes ton petit frère, j’ai peur qu’il ait mal.» Françoise Labelle fait également ressortir qu’il ne faut pas utiliser des phrases qui favorisent le «tu qui tue». À l’instar de «tu es méchant», «tu es brutal», «tu m’énerves» entre autres, car en utilisant ce mot, vous blâmerez, critiquerez votre enfant...

Mais en favorisant le «message-je », vous serez honnête et il s’habituera à être attentif et respectueux envers vos sentiments ainsi que ceux des autres.

Vous pouvez, par ailleurs, avoir recours à l’approche de «l’écoute active». Ce concept veut que vous appreniez à entendre et à reconnaître les sentiments de votre enfant face à une situation. À savoir que «toujours vouloir le rassurer peut être un obstacle à la communication», souligne la formatrice.

Remplacer l’ordinaire «c’est pas grave» par des mots qui décrivent ce que votre enfant ressent l’aidera à mieux extérioriser sa frustration. Il comprendra ainsi qu’il a le droit d’exprimer ses émotions et lorsqu’il est mécontent ou en désaccord, il choisira le dialogue à la place de la rébellion.

Pratiquer la technique de «la résolution de conflit sans perdant», un des piliers de la méthode de Gordon, vous aidera également à construire une relation saine entre vous et votre enfant. Ce qui aidera à un bon développement et améliorera son comportement. «Très souvent les parents pensent qu’ils ont le choix entre deux options pour résoudre un problème : la méthode autoritaire, où le parent gagne et l’enfant perd, ou entre la démarche passive, où l’enfant gagne et le parent perd», explique Françoise Labelle.

Or, l’alternative serait la solution «win-win», ou du moins sans perdant. Cette méthode requiert l’utilisation du «message-je» et de «l’écoute active». Vous devrez écouter et comprendre les sentiments de votre enfant face à un conflit et ensuite, lui expliquer les vôtres. Ensemble, vous pourrez trouver une solution qui conviendra à vos besoins mais aussi à ceux de votre enfant.

Françoise Labelle constate que le système éducatif mauricien est aussi à revoir mais insiste que les parents doivent communiquer davantage avec les enseignants et voir en eux «des partenaires» pour éduquer leurs enfants. Si elle mentionne qu’«être parent est le travail le plus dur», elle reconnaît que, finalement, «et comme le disait le psychologue Thomas Gordon, être parent, ça s’apprend».

 

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