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Toutes les nominations de la discorde
Un vif mécontentement règne dans des centres culturels. Dernier épisode en date, celui d’une réunion autour du Centre culturel islamique. Il ressort qu’un fort lobby ministériel a voulu imposer deux personnes au Hadj Committee, un comité censé agir en consultation avec le Centre culturel islamique, présidé par Sam Lauthan, pour l’organisation du pèlerinage à La Mecque.
Les deux personnes concernées par ce lobby seraient un homme d’affaires et un médecin qui faisait déjà partie du précédent conseil d’administration. Ce qui constituerait une démarche pour «couper l’herbe sous les pieds de Sam Lauthan», selon une source bien informée.
Pourquoi ce «move» ? Tout partirait de changements du cadre légal régissant les nominations au sein des centres culturels, selon nos renseignements. Ce qui expliquerait le sentiment d’indignation dans l’entourage des centres tamoul, telugu et marathi créés en 2001.
Dans ces cas, c’est le mode de nomination des membres du conseil d’administration des centres placés sous la tutelle du ministère qui provoque des grincements de dents. Balraj Narroo, ancien président du centre culturel marathi, avait démissionné au lendemain des élections générales de 2014. Il est actuellement à la tête de la Mauritius Marathi Mandali Federation (MMMF).
Sept des 13 sièges au conseil d’administration sont occupés par des personnes désignées par la MMMF, «l’autorité qui représente la communauté» selon la loi régissant le centre culturel, explique Balraj Narroo. Du reste, trois représentent le bureau du Premier ministre, le ministère des Finances et celui des Arts et de la culture. Trois autres sont désignés par le ministère de tutelle.
MAINMISE POLITIQUE
La fédération, qui regroupe 52 associations, a reçu, le mois dernier, une correspondance du ministère des Arts et de la culture indiquant que le ministre avait amendé un règlement grâce aux pouvoirs qui lui sont conférés.
«La loi initiale mentionne que les nominations se font en consultation avec la fédération. C’est tout. Avec le changement, la consultation se fait avec la fédération mais aussi avec d’autres associations», explique Balraj Narroo. La correspondance demandait à la fédération de soumettre une liste de noms au plus tard le 10 avril, «sans en préciser le nombre».
Même requête auprès de «27 associations qui ne sont pas sous l’ombrelle de la fédération». Résultat, «le ministre des Arts et de la culture crée des divisions», accuse Balraj Narroo. «C’est une mainmise politique. Ces autres associations ne représentent pas les aspirations de l’ensemble des marathis.»
Ce changement dans le mode de nomination touche également les centres tamoul et telugu. Du côté de la Mauritius Tamil Temples Federation, une source explique que cette fédération est démocratique.
«Les membres sont élus à travers l’île. C’est normal que nous soyons consultés, pour qu’il y ait une cohésion entre la fédération et le centre culturel, qui œuvrent pour la promotion de la culture. On ne peut dissocier culture et religion.»
Cette source explique que 75 kovils ont été approchés pour suggérer deux noms susceptibles de siéger au conseil d’administration du centre culturel. «C’est mathématiquement impossible. On demande 150 noms pour sept places et on contourne la fédération. Comment seront choisis les membres à partir de cette liste ? Nous ne sommes pas d’accord avec cette manière de faire.»
Au Mauritius Telegu Maha Sabha, on préfère se montrer prudent. Une source dit seulement attendre les prochaines nominations au centre culturel. Pour l’heure, ces trois organisations fonctionnent avec des caretaker presidents, qui assurent la bonne marche au quotidien. «Mais aucun nou- veau projet ne peut être décidé.»
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