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Géraldine Aliphon, cofondatrice et directrice des structures, Autisme Maurice:«Pourquoi l’Etat n’accorde toute son aide qu’aux enfants ‘normaux’ ?»
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Géraldine Aliphon, cofondatrice et directrice des structures, Autisme Maurice:«Pourquoi l’Etat n’accorde toute son aide qu’aux enfants ‘normaux’ ?»
L’article 23 de la convention des Droits de l’enfant insiste pour que les enfants handicapés puissent mener une vie décente, soient reconnus et bénéficient de soins spéciaux. Est-il bien respecté à Maurice ?
Même si des progrès ont été faits, il y a encore un long chemin à parcourir pour que les droits des enfants handicapés soient respectés à Maurice. Le non-respect le plus flagrant : pourquoi l'Etat prend-t-il en charge la totalité des dépenses pour l'éducation des enfants dits «normaux», leur donne bâtiments, tablettes, transport, paye leurs frais d'examens etc. et que les enfants handicapés doivent eux «vivoter» dans de petits espaces, souvent des maisons de particuliers converties en «écoles», avec un maigre grant-in-aid, et des top-upsde firmes privées ?
Il semble qu’au niveau des enfants handicapés, l’Etat se décharge souvent sur les ONG…
Certainement. Mais heureusement que l'Etat, dans la plupart des cas, reconnaît le bon travail effectué par les ONG. Il ne manque plus que l'action et les moyens suivent cette «reconnaissance», et notre bonheur sera complet.
La réussite de Jane Constance va-t-elle contribuer à un meilleur traitement des enfants handicapés ?
Jane, avec ou sans son handicap, a un talent indéniable et une voix magnifique que je pense être un don du Ciel. Si son élection à The Voice Kids a mis en lumière que, malgré son handicap, un enfant peut briller au niveau local et international par contre, je ne crois pas que cela changera grand-chose dans la vie des autres enfants porteurs de handicaps. Cela m'agace personnellement quand j'entends des discours tels que : «Oh, vous avez un enfant handicapé? Mais vous savez qu'ils ont un talent spécial ces enfants-là ?» Et non, pas tous les enfants handicapés ont un «talent», mais qu'ils ne soient pas mis à l'écart ou ignorés pour cela. Par contre, si par chance ils en ont, qu'ils soient mis en valeur dans le respect de leurs droits, sans qu'ils soient brandis comme faire-valoir par certains et que l'Etat mette en place des facilités adaptées à leurs besoins.
Quelles solutions pour que les enfants handicapés puissent bénéficier des mêmes chances que les autres ?
Pour faire avancer les choses, il faudrait que tous les acteurs concernés s'unissent et demandent d'une seule voix le respect des droits de ces enfants. Or que voyons-nous actuellement ? Presque une centaine d'ONG militent au sujet du handicap, mais chacune de son côté. Un esprit de compétition exacerbé par l'avènement du Corporate Social Responsibility et autres appels à projets au lieu d'un esprit de collaboration. Certains parents «démissionnaires» déchargent la responsabilité de leur enfant sur l'Etat ou les ONG. Alors que, quand nous nous rencontrons entre ONG, nous réalisons que nous faisons face aux mêmes défis et aux mêmes attentes.
Y-a-t-il des cas où le handicap n’est pas reconnu, alors qu’il est un frein au développement de l’enfant ?
Il y a des handicaps qui sont effectivement «invisibles». L'autisme en fait partie. Je ne considère pas la dyslexie ou autres retards d'apprentissages comme un handicap, même si cela peut être «handicapant». Il y a eu une assez grande avancée par rapport à la prise en charge des enfants porteurs de handicaps moteur ou sensoriel. Mais le handicap le plus complexe, le handicap intellectuel, reste l'enfant pauvre du secteur.
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