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No Hawkers Zone: encore un projet voué à l’échec?
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No Hawkers Zone: encore un projet voué à l’échec?
Est-ce un énième effet d’annonce ? La mairie de Port-Louis compte placarder des panneaux dans les rues Farquhar, La Reine et La Corderie, faisant d’elles des No Hawkers Zone. Aucun marchand ambulant ne sera autorisé à y vendre leurs produits. Pour les propriétaires de magasins, c’est une promesse «dan vid», comme toutes les autres faites avant.
«La municipalité a pris des mesures pour empêcher les marchands ambulants d’envahir ces rues?» demande un propriétaire de magasin avec un sourire narquois. Pour lui, ce n’est que du vent. «Rien ne pourra arrêter les colporteurs», lance-t-il. Pourquoi cet air défaitiste ? «Ils sont trop puissants! Ils arrivent toujours à leurs fins», lâche le marchand, exaspéré.
Un peu plus loin, une autre propriétaire, assise derrière le comptoir, guette patiemment et avidement l’arrivée des clients. Tout comme son époux debout à quelques mètres d’elle. Que pensent-ils de cette nouvelle mesure de la mairie? D’emblée, la femme répond que rien ne sera fait. «Les marchands ambulants nous menacent. Ils s’énervent quand on essaye de leur parler. La mairie dit qu’elle ne peut pas placer des inspecteurs toute la journée. Elle ne sait pas que nous, propriétaires, payons la location ?» s’insurge-t-elle.
«Laissez-nous respirer !»
Une propriétaire, à quelques mètres plus loin, répète le même refrain depuis quelque temps déjà. «Laissez-nous respirer!» demande-t-elle aux marchands ambulants. Comme les autres propriétaires de magasin, elle est catégorique, les colporteurs ne vont pas bouger. «Ils improvisent des étals un peu partout dans la rue et même dans les canaux. Rien ne sera fait ! Ces marchands finissent toujours par revenir», dit-elle.
Du côté des colporteurs, la riposte n’a pas tardé. «On ne bougera pas d’ici. Peu importe le parti au pouvoir, ils nous sortent tous la même chose», lâche Noor Akbar Saurfaully, marchand ambulant. Il avoue que depuis le lundi 5 octobre, les inspecteurs et les policiers redoublent d’efforts pour les empêcher d’écouler leurs produits. «On a notre famille à nourrir aussi», s’insurge-t-il.
Un autre marchand de rue, Ajmeer Hossen, soutient que les promesses électorales «dan vid» des politiciens sont faites pour avoir des votes. Il trouve injuste qu’uniquement ces trois rues soient interdites aux colporteurs. «Il faut que ces mesures s’appliquent à tous les marchands de la capitale», avance-t-il.
Quant au projet de reloger les marchands de rue aux gares du Nord et Victoria, il semble avoir été jeté aux oubliettes, lâche Yogesh Bedessee, marchand ambulant. Ce qui arrange Saoud, colporteur de la capitale, qui est contre l’idée. Il demande, lui, que la rue Farquhar devienne piétonnière.
En attendant de débarrasser les rues Farquhar, La Reine et La Corderie de marchands ambulants, les autorités peuvent se réjouir d’un premier résultat encourageant. Le nombre de marchands à la rue La Reine a considérablement baissé.
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